Economie

Impression 3D : il est urgent d’adopter une stratégie nationale selon le Cese

Mots clés : Gouvernement - Informatique

Le secteur de l’impression 3D pèsera un peu plus de 18 milliards d’euros en 2020 selon les prévisions. Mais aujourd’hui, la France possède seulement 3% des imprimantes 3D installées dans le monde. Le Conseil économique, social et environnemental vient de publier un avis sur le sujet, invitant le gouvernement à adopter une stratégie nationale pour que les entreprises françaises, dont celles du BTP, se taillent une part du gâteau.

Saviez-vous que l’impression 3D, également appelée fabrication additive, existe depuis 1984 ? Elle a été lancée simultanément en France et aux Etats-Unis raconte l’avis du Conseil économique et social (Cese) intitulé « Innovations technologiques et performance industrielle globale : l’exemple de l’impression 3D » et publié mardi 24 mars 2015. Pour les auteurs, il y a urgence à développer une stratégie nationale. Alors que les Etats-Unis ont pris conscience du potentiel bien plus tôt que l’Hexagone (les USA comptent deux leaders mondiaux : 3D Systems et Stratasys), l’Hexagone n’a aucun champion dans le secteur. Pire. Seulement 3% des imprimantes 3D mondiales sont installées sur le territoire national, contre 38% aux Etats-Unis, loin devant le Japon, l’Allemagne et la Chine (de l’ordre de 9% chacun) selon les données publiées dans le Wohlers Report 2014.

 

Optimisation des ressources, création d’emplois, économies d’énergies …

 

Pour le Cese, certains secteurs se positionnent sur le créneau, à l’exemple des professionnels du BTP qui « réfléchissent sérieusement aux possibilités nouvelles offertes par l’impression 3D ». Mais il faut aller plus loin. Car l’impression 3D « présente des avantages tangibles en termes d’optimisation des ressources naturelles […] en n’utilisant que les quantités strictement nécessaires. Cela conduit aussi à des économies d’énergie », explique les auteurs du rapport du Cese. En outre, elle permet d’optimiser les coûts de production. La fabrication additive permet « à partir d’un même investissement, la production d’objets personnalisés, rendue possible à partir d’une modification des fichiers numériques de base ».

Enfin, le développement de l’impression 3D pourrait développer des emplois locaux. « Il faut éviter de laisser croire que celle-ci pourrait se traduire par le retour de productions de masse », préviennent les experts du Cese. Avant de rajouter : « qu’une partie significative des activités futures – à fort contenu numérique – pourrait se développer en favorisant une assise territoriale à proximité de leurs marchés de consommation. » En d’autres termes, l’impression 3D ne permettra pas de relocaliser l’emploi mais de créer un nouveau vivier au sein des territoires. Au total, l’impression 3D représentera un marché de 18,3 milliards d’euros en 2020 (contre 2,7 milliards en 2013).

 

… à condition d’avoir une stratégie nationale

 

Le secteur va connaître une croissance exponentielle. La France peut en tirer profit, à condition d’avoir une stratégie nationale. Pour la définir, le Cese invite d’abord le gouvernement à mieux s’informer. « Les pouvoirs publics, le Conseil national de l’industrie (CNI), avec ses comités stratégiques de filière, et la commission nationale des services [devront commander] des analyses prospectives pour enrichir leurs travaux et ainsi mieux définir leurs actions. »

Autre levier à activer : la formation. Et cela, dès le plus jeune âge. « Le ministère de l’éducation britannique a débloqué 500 000 livres pour aider les écoles à s’équiper en imprimantes 3D et prévoit l’apprentissage de la programmation informatique et l’utilisation d’imprimantes 3D dès l’âge de cinq ans. Le CESE préconise qu’un programme ambitieux soit expérimenté dans ce sens en France. » Les jeunes des Centres de formation d’apprentis devront également être formés, tous comme le corps enseignant qui devra suivre des formations « adaptées à ces différents niveaux d’apprentissage ». Pour le CESE, il est également indispensable de « créer ou de mieux faire apparaitre les pôles d’excellence de la formation 3D du niveau écoles d’ingénieurs ». Pour le Cese, les fédérations professionnelles et les chambres consulaires ont leur rôle à jouer. « D’une part, [pour] contribuer à la sensibilisation des professionnels sur les opportunités offertes par cette nouvelle technologie et pour, d’autre part, [pour] participer au développement de formations dans ce domaine.

Le Cese propose aussi de mieux structurer la recherche en créant un guichet unique. « Notre assemblée perçoit l’intérêt des instituts Carnot, des pôles de 3 compétitivité, des instituts de recherche technologique, ainsi que celui des quatre Sociétés d’accélération du transfert de technologie (SATT) […] néanmoins, il y a urgence, à l’heure de la « révolution numérique », d’organiser les synergies nécessaires pour dégager un guichet unique accessible aux entreprises. » Côté financement, le Cese propose de s’appuyer sur Bpifrance en lui donnant des moyens humains et financiers « suffisants afin de poursuivre ses efforts dans la durée et atteindre ainsi – grâce à un effet de levier – ses objectifs affichés dans le secteur de l’impression 3D. » Par ailleurs, l’institution « invite le secteur bancaire à construire dans la durée des relations de confiance entre les PME et les responsables des établissements de crédit » et « recommande aux pouvoirs publics de mettre en place une incitation à orienter l’épargne longue gérée par les investisseurs (y compris les compagnies d’assurance) vers l’innovation et la prise de risque. »

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