Immobilier

Immobilier ancien : 2017, une année à deux inconnues

Mots clés : Elections - Gestion et opérations immobilières - Marché de l'immobilier

Si l’année 2016 a été bonne pour le marché de l’immobilier ancien, les perspectives pour 2017 s’annoncent moins évidentes, avec l’élection présidentielle en mai, et les négociations autour du Brexit.

838 000 logements anciens ont été vendus en France entre septembre 2015 et septembre 2016. Sur la période, le volume des transactions a ainsi connu une hausse de 11 %. C’est ce qui ressort du bilan de l’année 2016, présenté mardi 13 décembre par les Notaires de France. Les professionnels donnent deux raisons au « dynamisme » du marché. La première, ce sont les taux de crédit immobilier bas, à 1,31% en moyenne (hors assurance, etc) en novembre selon les derniers chiffres de l’observatoire Crédit Logement-CSA. « Ces taux bas excitent les acquéreurs qui se précipitent plus dans la signature des avant-contrats et dans l’obtention de prêts que dans l’intention d’achat », indique Thierry Delesalle, notaire à Paris. La deuxième est un phénomène de rattrapage : après 3 années d’attentisme, 2016 a vu certains acheteurs enfin investir, portés par des conditions favorable, comme les taux de crédit bas évoqués précédemment.

Dans le détail, au niveau national, cette bonne santé du marché profite un peu plus aux maisons anciennes (+2 %), qu’aux appartements (+1,4%). Mais des disparités existent entre l’Ile-de-France et les autres régions : en province, les maisons sont plus  plébiscitées (+5,7%) que les appartements (+2,9%). En Ile-de-France, c’est l’inverse, les appartements (+15%) sont légèrement plus sollicités que les maisons (+14%). Ville par ville, Bordeaux n’en finit pas d’attirer les acheteurs, ce qui provoque une augmentation de 4,1% des prix au mètre carré médian. A l’inverse, Saint-Etienne est dans le bas du tableau pour ses prix (-2,9%).

 

Suppression de l’ISF, délais d’exonération de l’impôt sur la plus-value…

 

Avec son lot de bonnes nouvelles pour le marché, 2016 pourrait présager un futur radieux. Mais année présidentielle oblige, «plusieurs scénarios sont envisageables» en 2017. « Si la réforme de la plus-value, qui consiste à réduire la durée d’imposition aux 15 premières années de détention d’un bien (et plus 30 ans), ne porte que sur l’impôt sur le revenu (pour le ramener de 22 à 15 ans), elle va avoir l’effet d’un pétard mouillé », juge Thierry Delesalle, en référence à une des mesures-phare du programme présidentielle de François Fillon (LR). « En revanche, si la réforme des plus-values concerne également l’imposition des prélèvements sociaux (pour les ramener de 30 à 15 ans), la réforme fonctionnera », continue-t-il. Pour rappel, le délai d’exonération de l’impôt sur la plus-value était passé de 15 à 30 ans en février 2012, avant de repasser à 22 ans, sous le mandat de François Hollande.

Dans le cas d’un allégement de la fiscalité des revenus fonciers, avec la création d’un dispositif d’investissement type Périssol et la création d’un véritable statut du bailleur, «les investisseurs pourraient revenir dans l’ancien, avec néanmoins comme corollaire un risque de montée des prix » analyse Thierry Delesalle. Si l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) est tout bonnement supprimé, mesure qui figure aussi au programme de François Fillon, cumulé au Brexit, les notaires projettent une tension sur les biens d’exception.

 

Un possible retour des français installés à Londres

 

La dernière inconnue vient d’outre-Manche. L’année 2017 pourrait voir une concrétisation du Brexit. Si Theresa May, actuel Premier ministre du Royaume-Uni, réussit à enclencher l’article 50 (permettant la sortie du pays de l’Union européenne) avant la fin du mois de mars 2017, il pourrait y avoir des conséquences directes sur le marché immobilier français. Déjà, depuis le mois de juin dernier et le vote du Brexit, « la vente de certains biens a été freinée, notamment des maisons appartenant à des britanniques, qui généralement sont revendues à d’autres britanniques», précise Pascal Chassaing, président de la Chambre des notaires de Paris.

Pour 2017, les notaires estiment que des Français installés à Londres, au pouvoir d’achat élevé, pourraient revenir en France, notamment à Paris, et impacter positivement les ventes. Pour le moment, ces suppositions restent suspendues au calendrier législatif britannique.

 

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