Profession

«Il faut inventer de nouveaux modes d’exercice de la profession d’architecte», Monique Reyre, directrice de l’Ensa de Toulouse.

Mots clés : Architecture - Enseignement supérieur - Etat et collectivités locales

Programme pédagogique, ouverture vers le monde professionnel, apprentissage du BIM… Monique Reyre, directrice de l’Ecole nationale supérieure d’architecture (Ensa) de Toulouse, fait le point sur les grands défis qui attendent son établissement.

Le 20 octobre, Patrick Saint-Agne, président de la fédération des promoteurs immobiliers (FPI) de Midi-Pyrénées, a présenté un partenariat inédit avec l’Ecole nationale supérieure d’architecture (Ensa) de Toulouse. Ce partenariat consiste à faire travailler ensemble une trentaine d’étudiants de 5e année en master 2 et des promoteurs pour explorer de nouvelles approches d’aménagement des portes de l’agglomération toulousaine. La rencontre se fait dans le cadre de quatre ateliers intégrés au cursus «Utopies communautaire, le projet architectural et urbain» conduit par un enseignant de l’Ensa, Uli Seher. Le partenariat avec la FPI est une nouvelle illustration de la volonté de l’école de s’ouvrir à la société.

 

Pourquoi faites-vous preuve d’une volonté d’ouverture de l’Ensa de Toulouse ?

Monique Reyre: Les écoles d’architecture sont en général assez peu ouvertes sur l’extérieur. Il est vrai que la pratique est une activité intellectuelle qui se pratique en «vase clos» pour des raisons de concentration. Cependant, pour la diffusion de la culture architecturale, il est important que nos écoles s’ouvrent vers l’extérieur. Le partenariat avec la FPI n’est pas le premier du genre. Nous travaillons déjà avec les collectivités territoriales et les acteurs de l’acte de construire, sans compter les partenariats avec une quarantaine d’établissements d’enseignement supérieur en Asie, Amérique du Sud, aux Etats-Unis, en Europe. Avec la ville de Toulouse, par exemple, nous avons signé une convention pour conduire deux actions. L’une porte sur la conduite d’un travail pédagogique sur le territoire de l’avenue de Muret avec un focus sur la partie «Oasis». Cela s’inscrit dans le cadre de l’enseignement de projet du master 2 «Architecture Territoires société». L’autre action consiste à organiser en 2016 une conférence et une journée d’échanges avec les agents de la Ville de Toulouse en charge des questions de réglementation et des autorisations d’urbanisme. Ces partenariats visent à confronter les étudiants au monde extérieur. Mais il s’agit aussi de donner à voir ce qui se passe au sein de l’école.

 

Dans cette logique d’ouverture au monde professionnel, l’Ensa porte un projet de pré-incubateur. En quoi cela consiste-t-il ?

M. R.: C’est un dispositif d’aide pour des étudiants-architectes qui souhaiteraient créer leur propre start-up. Pour ce projet initié en partenariat avec Artilect/Fablab, avec l’appui de l’Insa, de Toulouse Business School, et en lien avec les autres acteurs de l’écosystème local (pôle «entreprenariat étudiant» de l’Université Fédérale Toulouse Midi-Pyrénées, projet de «catalyseur» porté par l’Université Paul Sabatier et l’Insa, etc.), nous bénéficions d’un financement de 25 000 euros. Il a été attribué par le ministère de la Culture pour l’année 2015-2016 suite à son appel à projets sur l’insertion professionnelle. Il faut inventer de nouveaux modes d’exercice de la profession d’architecte, par exemple sous forme de co-working. Cela développerait la solidarité entre les architectes et le travail avec les autres acteurs.

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