Performance énergétique

Il est temps de mesurer la performance énergétique réelle des bâtiments

Mots clés :

Efficacité énergétique

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Réglementation technique

Consultés par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, les professionnels impliqués dans l’efficacité énergétique plébiscitent la mesure in situ comme moyen d’améliorer la performance réelle des bâtiments.

 

Après tous les efforts engagés par la France pour réduire la consommation énergétique des bâtiments, il est temps de mesurer la performance réelle atteinte. C’est ce qu’estime l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) qui a organisé le jeudi 22 mai à l’Assemblée nationale une audition publique sur le thème : « Performance énergétique des bâtiments : peut-on faire l’impasse sur la mesure de sa réalité ? ». 

 L’objectif était de faire le point, avec les acteurs du secteur, sur les conditions dans lesquelles la réglementation thermique pourrait être adaptée pour viser non plus seulement des performances « conventionnelles », évaluées sur plan, mais « réelles », mesurées sur le terrain a posteriori.

Cette audition s’inscrivait dans le cadre de l’étude sur les freins réglementaires à l’innovation en matière d’économies d’énergie dans le bâtiment, confiée au sénateur Marcel Deneux et au député Jean-Yves Le Déaut, vice-présidents de l’Opecst. Une étude qui devrait être publiée en juillet, a annoncé Jean-Yves Le Déaut, qui présidait l’audition publique.

 

Le calcul a priori et la mesure in situ sont complémentaires

 

Aucun intervenant n’a remis en cause l’existence d’une méthode de calcul réglementaire pour définir a priori la performance énergétique intrinsèque d’un bâtiment, « même si le moteur de calcul de la RT 2012 est imparfait », admet Katy Narcy, sous-directrice de la qualité et du développement durable dans la construction à la Direction de l’habitat, de l’urbanisme et des paysages (DHUP). Son directeur Etienne Crépon précise d’ailleurs que la directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments impose aux pays membres de se doter d’une méthode de calcul.

Mais le calcul ne prévoit qu’une performance intrinsèque, pour une utilisation conventionnelle du bâtiment et seulement pour cinq usages de l’énergie. De plus, il suppose que l’ouvrage est construit de façon parfaite. Seule la mesure in situ traduit la réalité. « Mais à quoi servira cette mesure, qui va l’utiliser ? demande Olivier Cottet, de Schneider Electric, en charge du programme de recherche collaboratif Homes qui vient de s’achever. Elle doit permettre d’agir sur les consommations, de modifier les comportements, de prévoir finement la consommation, de décider des investissements nécessaires pour améliorer la performance, etc. On passe alors d’une culture technologique à une culture managériale ».

 

Un tremplin pour l’innovation

 

De leur côté, les industriels voient dans la mesure in situ le moyen de valider plus rapidement des solutions techniques innovantes. Actis, fabricant d’isolants minces réfléchissants exclus des dispositifs d’aide fiscale qui imposent un seuil de résistance thermique, aimerait prouver par la mesure in situ l’efficacité de ses produits qui reposent sur le rayonnement thermique. Il s’investit depuis 2009 dans l’élaboration de normes européennes sur les mesures in situ.

Mais il semble que le consensus sur la méthode de mesure soit difficile à trouver entre les Européens, si l’on en croit Florent Trochu, de l’Afnor. Quant à Pierre-Louis François, PDG d’Atlantic, fournisseurs d’équipements énergétiques, il juge difficile l’introduction des produits innovants sur le marché sans l’appui de la mesure in situ. Non prévus par le moteur de calcul, ces produits sont aujourd’hui soumis à la lourde procédure du « titre V » pour justifier leurs performances. Il propose la création d’un titre V simplifié temporaire qui permettrait de tester pendant deux ans à deux ans et demi en vraie grandeur les produits innovants et de mesurer leurs résultats.

 

Mesure in situ indispensable en rénovation

 

En rénovation, l’avis est unanime : la mesure in situ est indispensable pour établir la situation de référence avant les travaux puis l’état du bâtiment après l’intervention. « Une garantie de performance énergétique n’est possible qu’à ces conditions », souligne Jean-Claude Boncorps, représentant de la Fedene qui réunit les sociétés de service en efficacité énergétique.

La plupart des intervenants s’accordent à dire que la mesure est considérée comme un moyen pour améliorer la performance, mais n’a pas d’intérêt dans l’absolu.

 

Développer des outils de mesure simples et peu coûteux

 

Tous les acteurs de la construction semblent convaincus de l’utilité des mesures.  Restent les moyens de mesure. Si l’on trouve pour quelques euros des capteurs de présence, d’ouverture de fenêtre ou de quantité d’eau chaude consommée, l’exploitation des résultats s’avère plus lourde. Des outils restent à développer pour permettre des mesures simples, rapides et peu coûteuses. « Le CSTB y travaille », assure Jean-Christophe Visier, directeur du département Energie santé environnement de l’établissement de recherche.

 

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