Règles et Normes

HQE passe de la qualité environnementale au bâtiment durable

Mots clés :

Démarche environnementale

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Gestion de l'entreprise

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Haute Qualité Environnementale - HQE

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Management

L’Association HQE lance un nouveau cadre de référence pour construire des bâtiments durables. Il va au-delà des préoccupations techniques pour aborder la performance économique et le management responsable.

 

L’Association HQE a présenté le 26 mai un nouveau cadre de référence (télécharger la brochure de présentation) appelé à remplacer les 14 cibles de la démarche HQE lancé en 1996. « En presque vingt ans, les connaissances scientifiques comme les savoir-faire ont progressé et de nouvelles attentes sociales sont apparues », observe Michel Havard, président de l’association.

 

5 principes, 4 engagements et 12 objectifs

 

Il présente comme une étape historique, pour l’association comme pour les professionnels de la construction, l’adoption du nouveau cadre de référence qui définit quatre engagements pour un bâtiment durable : la qualité de vie, le respect de l’environnement, la performance économique et le management responsable. Cinq principes sont associés à ces engagements pour permettre aux acteurs de construire, rénover et exploiter efficacement des bâtiments durables tout au long de leur cycle de vie : une vision globale, des réponses contextuelles, une dynamique de progression, des performances affichées et une action commune. Anne-Sophie Perrissin-Fabert, directrice de l’Association HQE, assimile ces règles de conduite à la grammaire qui régit cette nouvelle langue.

Pour mesurer la performance d’un bâtiment dans ce nouveau cadre, avec des indicateurs scientifiquement fondés et compréhensibles sur tout le cycle de vie, chacun des quatre engagements se décompose en objectifs concrets s’inscrivant dans un pilier du développement durable.

Ainsi l’engagement pour la qualité de vie se décline en objectif n°1 « des lieux plus sûrs et qui favorisent la santé », couvrant les thèmes de la sécurité et de la protection des personnes et des biens, de la qualité de l’air et de l’eau, des ondes électromagnétiques…, objectif n°2 « des espaces agréables à vivre, pratiques et confortables » décliné en accessibilité, qualité d’usage, conforts hygrothermique, acoustique, visuel, olfactif…, et objectif n°3 « des services qui facilitent le bien vivre ensemble » couvrant les services à disposition dans le bâtiment, les services disponibles à proximité et la mobilité.

L’engagement pour le respect de l’environnement se décline en objectif n°4 « une utilisation raisonnée des énergies et des ressources naturelles », objectif n°5 « la limitation des pollutions et la lutte contre le changement climatique » et objectif n°6 « une prise en compte de la nature et de la biodiversité » couvrant entre autres la continuité écologique et l’innocuité envers le vivant.

L’engagement pour la performance économique se décompose lui aussi en trois objectifs : l’optimisation des charges et des coûts (n°7), l’amélioration de la valeur patrimoniale, financière et d’usage (n°8) avec la notion d’obsolescence et la contribution au dynamisme et au développement des territoires (n°9).

Enfin, le management responsable se résume en trois objectifs : une organisation adaptée aux objectifs de qualité, de performance et de dialogue (n°10), un pilotage pour un projet maîtrisé (n°11) et une évaluation garantie de l’amélioration continue (n°12).

 

De nouveaux référentiels de certification HQE

 

Ce nouveau cadre de référence de l’Association HQE constitue le socle de nouveaux outils mis à la disposition des professionnels de la construction, à commencer par les référentiels de certification. Les quatre organismes de certification HQE – Cerqual et Cequami pour le logement, Certivea pour le non-résidentiel et Cerway pour l’international – vont intégrer les nouveaux critères dans leurs certifications. Un nouveau référentiel sera ainsi adopté en septembre 2015 pour le résidentiel et en juin 2016 pour le tertiaire.

« Ces référentiels seront testés sur des opérations pilotes avant d’être généralisés », annonce Patrick Nossent, président de Certivea et Cerway. « Tous les indicateurs permettant de mesurer la performance selon les douze objectifs ne seront pas disponibles dès la publication du nouveau référentiel », admet le représentant de Certivea. Dans le domaine de la performance économique, il sera ainsi possible de mesurer l’optimisation des charges dès la mise en place du nouveau référentiel mais, pour la contribution au dynamisme et au développement des territoires, il faudra attendre un millésime suivant de la certification pour disposer d’un indicateur fiable. De même que des sujets tels que l’énergie, l’eau, les déchets ou la qualité de l’air n’étaient qu’émergents en 1996 et sont désormais des thèmes classiques de la construction, les thèmes nouveaux intégrés dans le cadre de référence de l’Association HQE n’ont pas tous le même degré de maturité. Certains restent à explorer, compléter et affiner en fonction des retours d’expérience.

La ministre du Logement Sylvia Pinel, qui a conclu la conférence de lancement de ce cadre de référence du bâtiment durable, a salué le travail collaboratif qui a permis l’élaboration de cette feuille de route pour les acteurs de la filière construction : « Ce travail permet de croiser les points de vue et d’embrasser la complexité de ce que doit être un « bâtiment durable », qui ne saurait se résumer à un « objet uniquement technique ». Tous les segments de la chaîne de la construction sont concernés, puisque c’est sur l’ensemble des métiers qu’il faut agir pour parvenir à cet objectif de durabilité dans le bâtiment. Il ne s’agit pas d’une nouvelle règle ni d’un nouveau dogme, mais bien d’un cadre pour la réflexion et pour l’action. Les professionnels doivent ainsi s’en emparer et l’adapter à la spécificité de leur métier ou du territoire. »

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