Logement

HLM : « Nous voulons rediscuter de la baisse des loyers avec le gouvernement », Marcel Rogemont (Néotoa)

Mots clés : Gouvernement - Logement social

Marcel Rogemont, président de Néotoa, office public de l’habitat (OPH) d’Ille-et-Vilaine, et membre du conseil fédéral des OPH, l’affirme : la fédération des OPH est prête à discuter avec le gouvernement. L’organisation propose notamment une révision du calcul du livret A pour limiter l’impact de la baisse des loyers sur les organismes HLM.  

 

Le Conseil d’Etat a rejeté le recours des membres du collectif « Vive l’APL », qui visait à suspendre l’application de la baisse des APL. Que pensez-vous de cette décision ?

Il y avait peu de chances que ce recours ait un résultat positif. La baisse des loyers dans le logement social est une mesure incompréhensible. Aujourd’hui, ce sont les organismes qui font le mieux leur travail, à savoir accueillir les familles les plus modestes, qui seront le plus touchés. Dans l’article 52 du projet de loi de finances [qui prévoit 1,7 milliard d’euros de baisse d’APL – NDLR], ce ne sont pas seulement les bénéficiaires de l’APL qui se voient réduire leur loyer, mais bien l’ensemble des locataires du parc social. Chez Néotoa, 57% des ménages touchent l’APL. Avec cette mention supplémentaire, ce sera 70% des ménages de notre parc qui verront leur loyer baisser. Résultat : nous perdrons entre 60 et 70% de notre capacité d’investissement. Au final, ce seront les locataires qui seront pénalisés par le service rendu. Nous demandons donc à ce que l’Etat revoie sa copie.

 

« Le rééchelonnement se passerait sur 3 ans »

 

L’Union sociale pour l’habitat demande un moratoire sur la baisse des APL. Que voulez-vous obtenir par ce biais ?

Nous voulons rediscuter avec le gouvernement de la baisse des loyers et du regroupement des organismes HLM. Si l’approche adoptée est intelligemment formulée, l’effet sera plus modéré sur la perte de substance immédiate, comme celle qui nous attend en 2018. Ainsi, nous proposons de recalculer le prêt du livret A. L’objectif : gagner entre 300 et 400 millions d’euros supplémentaires. Avec cette somme, nous pourrons commencer à baisser les loyers. Aussi, si nous avons des taux d’intérêt plus faibles, nous pourrons sortir des loyers inférieurs, entre 5 et 10%. Nous sommes donc ouverts aux discussions.

Selon différentes sources, le gouvernement pense à rééchelonner la baisse des APL. Comment cet échelonnement devrait se structurer ?

Ce rééchelonnement se passerait sur 3 ans. Chaque année, l’Etat devrait trouver 1,5 milliard d’euros d’économies. Une partie de ce montant serait issue de la baisse des loyers dans le parc social, et pour le reste, il faudrait trouver la somme manquante dans d’autres recettes. Selon nous, l’Etat ne peut pas procéder de la même manière avec les ESH [entreprises sociales pour l’habitat – NDLR] et les OPH, parce que les offices dépendent de collectivités. C’est cette différence que nous voudrions que le gouvernement prenne en compte. 

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