Logement

HLM : les Français en veulent plus

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Logement social

Le deuxième baromètre d’image du logement social réalisé par TNS Sofres pour le compte de l’Union sociale pour l’habitat (USH) fait apparaître un paradoxe : d’un côté les Français veulent davantage de logements sociaux et d’un autre côté, l’image qu’ils en ont à tendance à se dégrader. En cause : la crise, qui place les Français dans l’angoisse d’un possible déclassement.

En pleine période électorale, voici un nouveau sondage qui vient confirmer l’intérêt des Français pour le logement : 70% des personnes interrogées par TNS Sofres du 6 au 14 mars à la demande de l’Union sociale pour l’habitat (USH) sont convaincus que les politiques peuvent changer quelque chose en la matière.
Le logement arrive ainsi au septième rang des priorités des français après l’emploi, le pouvoir d’achat, l’éducation, le système de santé, les retraites et la dette publique (les 25-34 ans le place toutefois en troisième position). Parmi les plus fortes attentes exprimées, relevons que 91% des Français jugent prioritaire ou important de construire davantage de logements sociaux (80% des Français estiment ainsi qu’il n’y en a pas assez dans le pays mais seulement 50% estiment qu’il en manque dans leur commune), 84% de faciliter l’accession à la propriété et 74% de promouvoir l’offre locative privée.

Les problèmes majeurs qui sont identifiés par les sondés sont les suivants : limiter le niveau des loyers (47%), proposer des logements d’urgence aux plus démunis (43%), faciliter l’obtention d’un logement social (35%), construire davantage de logements (34%), favoriser l’accession (34%), développer le logement des jeunes (33%), proposer des solutions aux personnes dépendantes (32%), agir sur les prix (31%) ou encore rendre les logements plus économes en énergie (27%).

 

Image des HLM : des points forts… et des points faibles

 

Autre enseignement de ce sondage, la relative dégradation de l’image des HLM dans la perception qu’en ont les Français par rapport à l’an dernier : en effet, si la majorité des Français continue à avoir une bonne image des HLM (51%), ce chiffre est en baisse de 7 points par rapport à 2011. Le recul est le plus fort chez les 25-34 ans (seulement 45% de bonnes opinions) et chez les ouvriers (46%).
En revanche, quand on leur demande si, selon eux, les Français ont une bonne image ou pas des HLM, la réponse est sensiblement différente : Ils pensent à 81% que les Français ont une mauvaise image des HLM. Ce qui, pour Emmanuel Rivière, directeur du département opinion chez TNS Sofres, est « un écho des tensions accrues dans le domaine du logement, le logement social apparaissant comme un marqueur de fragilité sociale ».

Les points forts des HLM continuent d’être tout à fait bien reconnus : rapport qualité-prix, taille des logements, loyer, confort, localisation, architecture. En revanche, l’appréciation de leurs points faibles se dégrade, notamment en ce qui concerne leur consommation énergétique, leur insonorisation, leur entretien ou encore la sécurité, les conditions d’attributions et leur intégration dans les centres-villes.
TNS Sofres estime que cela ne correspond pas nécessairement à une dégradation objective mais relève plutôt d’un ressenti lié à une période plus difficile. Le président de l’USH, Thierry Repentin s’inscrit quant à lui en faux sur ce qu’il estime être des clichés : « les logements sociaux affichent une consommation d’énergie inférieure de 30% à celle du reste du parc résidentiel (4% des logements sociaux sont classés en catégorie F et G), leur consommation d’eau est également inférieure de 50% à la moyenne du secteur résidentiel et la collecte sélective des déchets est en place dans 70% du parc social contre 50% pour l’ensemble du parc résidentiel », explique-t-il.

 

De fortes attentes

 

Enfin, si 38% des Français ne savent absolument pas qui finance le logement social (47% des locataires HLM !), leurs attentes restent très fortes vis-à-vis des bailleurs: la réhabilitation thermique (95% estiment que c’est important), la rénovation (94%), la clarification des conditions d’attribution (91%), l’accession sociale (84%), la démolition des barres et la reconstruction de nouveaux logements (84%), la vente aux occupants (81%), le renforcement de la mixité sociale (80%), ainsi que la construction (90%).
Les Français se prononcent notamment pour la construction de logements sociaux répartis sur l’ensemble du territoire des communes (86%) et pour leur attribution selon des critères larges. Un véritable enjeu au regard de la paupérisation qui caractérise les nouveaux entrants dans le parc et de l’augmentation des difficultés financières pour assumer les dépenses de logement (40% des répondants locataires hlm contre 29% l’an dernier, à comparer à 27% pour l’ensemble de la population, contre 17% l’an dernier).

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