Logement

HLM et accueil des réfugiés : le vrai du faux

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Citoyenneté et droits de l'homme

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Politique du logement

La France va accueillir 24 000 réfugiés d’ici deux ans et une grande partie d’entre eux sera hébergée dans le parc social. Ces arrivées prochaines suscitent des interrogations et quelques malentendus. Le Moniteur.fr se propose de démêler le vrai du faux.

Tous les migrants pourront être logés dans les HLM – Faux

 

« Actuellement, un migrant ne peut pas déposer une demande de logement social car pour constituer ce dossier, une personne doit disposer d’une pièce d’identité ou d’un titre de séjour », fait-on savoir à l’Union sociale pour l’habitat (USH). Seules les personnes disposant d’un titre de séjour pourront donc être logées dans le parc social. Une fois qu’un migrant a ce document en main il devient un « réfugié ».

 

77 310 logements sociaux vacants accueilleront les réfugiés – Faux

 

Dans une tribune publiée sur le site Le Plus de l’Obs, Marie-Arlette Carlotti, présidente du Haut Comité pour le logement des personnes défavorisées, propose de « mobiliser une partie du parc social laissé vacant pour loger les réfugiés » et de les héberger dans les 77 310 logements sociaux en attente de locataires. Cette proposition est difficilement réalisable, puisque l’USH estime à « 30 000 à 40 000 le nombre de logements sociaux en bon état pouvant accueillir les réfugiés ». Les 37 000 ou 47 000 logements restants font l’objet d’une réhabilitation en vue d’un relogement – c’est ce que les professionnels appellent « la vacance frictionnelle » – ou doivent être détruits car jugés obsolètes.

 

Les demandes des réfugiés seront prioritaires sur les autres – Faux

 

« Nous sommes vigilants à ce qu’il n’y ait pas de concurrence entre les demandes des réfugiés et celles des résidents, assure l’entourage de Sylvia Pinel, ministre du Logement. C’est pourquoi les réfugiés seront hébergés dans le parc en zone détendue, dans les logements vacants. » De son côté, l’USH précise que « la dénomination ‘logements vacants’ regroupe les habitations sociales n’ayant pas fait l’objet d’une demande depuis plus de trois mois ».

Pour être logés dans des logements vacants situés en province, les ménages réfugiés ne devront pas cibler leur demande sur le parc francilien. Les institutions chargées de les accueillir devront donc les sensibiliser à la question, car la plupart des familles arrivent à Paris et connaissent mal la géographie de l’Hexagone. Par ailleurs, « nous travaillerons au cas par cas avec les collectivités locales concernées pour mettre en oeuvre des plans d’insertion de ces ménages qui devront travailler, envoyer leurs enfants à l’école, etc. », signale-t-on à l’USH.

 

1 000 euros par place seront débloqués pour les maires souhaitant accueillir les réfugiés – Vrai

 

Le Premier ministre Manuel Valls a annoncé le versement d’une prime de 1 000 euros par place d’hébergement créée. « Au total, ce sont 279 millions d’euros qui seront mobilisés d’ici à la fin de l’année 2016 au titre du premier accueil, de l’hébergement d’urgence, de l’aide forfaitaire aux communes », a-t-il précisé mercredi 16 septembre dans le cadre de son discours à l’Assemblée nationale sur l’accueil des réfugiés en France. Ces 279 millions d’euros seront directement financés par le fonds d’1 milliard dédié à soutenir l’investissement des collectivités locales.

Enfin, selon le cabinet de Sylvia Pinel, sur les 1 500 nouvelles places en hébergement d’urgence prévues, 1 100 sont actuellement ouvertes. Le ministère souhaite également créer 5 000 nouvelles places pour les réfugiés statutaires (ceux ayant obtenu le statut de réfugié) : 3 000 dans le parc social en zone détendue, 1 000 places dans le cadre de l’intermédiation locative et 1 000 places en résidences sociales.

 

Focus

Adoma hébergera la moitié des 24 000 réfugiés

Adoma, filiale de la SNI, a signé un prêt de 100 millions d’euros octroyé par la Banque de développement du Conseil de l’Europe lors du Congrès de l’USH à Montpellier. Pour rappel, Adoma héberge les ménages en insertion ou en grande difficulté économique. « Nous devrions accueillir au moins la moitié des 24 000 réfugiés, prévoit Patrick Doutreligne, président du conseil d’administration de la société. Ces 100 millions d’euros auront un fort effet de levier, il y a de fortes chances pour que l’on augmente notre patrimoine. On a commencé à repérer 15 000 à 20 000 places et logements potentiels. » Adoma s’est rapproché de l’AFPA, un organisme de formation professionnelle, pour acquérir 4 000 à 9 000 places ou logements d’ici deux ans. Ces locaux, « bâtis il y a une trentaine d’année dans toute la France en périphérie de grandes villes nécessiteront des travaux de remise en état aux normes électriques, d’incendie, d’hygiène… Nous devrons également y opérer des travaux de rénovation. »

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