Logement

HLM : 43 000 emplois dans le BTP en Ile-de-France menacés par la baisse des APL

Le budget 2018 prévoit une baisse des APL dans le parc social qui pèsera à hauteur d’1,7 milliard d’euros sur les recettes des bailleurs sociaux. En Ile-de-France, les organismes revoient leur programmation. Ils estiment que cette mesure menace la production de 20 000 logements sociaux et la réhabilitation énergétique de 12 000 habitations dès 2018.

« On aime se faire peur mais cela dépasse tout ce que l’on a vu jusqu’à présent », lance Stéphane Dauphin, directeur général de Paris Habitat ce mardi 14 novembre dans les locaux de l’office public de l’habitat. Ce qui inquiète le DG de l’OPH de Paris ? Le budget 2018. Le texte prévoit une baisse de l’APL dans le parc social et une augmentation de la contribution des bailleurs sociaux à la Caisse de garantie du logement locatif social (CGLLS). Au total, les 720 bailleurs sociaux de France se voient amputer d’1,7 milliard de ressources.

Stéphane Dauphin a bien du mal à boucler un budget grevé de 40 millions d’euros. Du coup,  « en 2018, nous réaliserons des économies de fonctionnement, sur la relation avec les locataires et sur les opérations d’intervention sur le patrimoine », anticipe-t-il. Valophis compte boucler son budget en réduisant le coût des opérations. « Elles seront plus simples, moins grandes », prévient Christian Harcouët, secrétaire général de l’OPH du Val de Marne.

 

« Choc sur la tête de l’offre »

 

Au total les organismes franciliens verront leurs ressources chuter « de 400 à 530 millions d’euros, soit 8 à 9% des recettes des bailleurs sociaux, calcule Christophe Rabault, directeur général de l’Aorif (l’Union sociale pour l’habitat d’Ile-de-France). Et la Seine-Saint-Denis, qui regroupe le plus grand nombre de ménages bénéficiaires de l’APL, contribuera pour un quart à la baisse de ces ressources. »

De quoi remettre en cause le financement de 20 000 logements sociaux, la rénovation énergétique de 12 000 habitations et le lancement de 100 projets urbains sur toute la région Ile-de-France. « Il n’y aura pas de grèves des ordres de service, comme dans certaines régions, mais les engagements futurs sont remis en question, assure Christophe Rabault. Cela menace 43 000 emplois directs et indirects dans le BTP. »

Le directeur général de Hauts-de-Seine Habitat Damien Vanoverschelde n’y va pas par quatre chemins. Avec « ce choc sur la tête de l’offre, je m’attends à l’effondrement de la filière du bâtiment ». Ce dernier est en train de réattribuer 25 à 30 millions d’euros de marchés. « Il y aura une baisse des volumes, notamment dans les travaux de gros entretiens », prévient-t-il. Et alors même que le département concède à l’OPH 10 millions d’euros de subventions, l’effet de levier habituel est à reléguer aux oubliettes. « En général, la subvention génère 20 à 40 millions d’euros de dépenses supplémentaires. En 2018, nous serons obligés de nous limiter à 15 millions maximum. »

 

550 millions d’investissement menacés dans le cadre de l’Anru 2

 

Autre point sensible : le nouveau programme nationale de renouvellemennt urbain (NPNRU aussi appelé Anru 2). En Seine-Saint-Denis, 11 quartiers sont concernés. Dans ces territoires « 1 776 démolitions, 2 000 constructions et 3 000 réhabilitations lourdes doivent être lancés, ce qui représente un investissement de 100 millions d’euros », évalue Yves Nedelec, directeur général de l’OPH du département.

Si le budget 2018 était adopté en l’état, la capacité des bailleurs sociaux à porter ces opérations serait ébranlée, « et avec l’effet de levier, ce sont 550 millions d’investissements qui ne seront pas répartis dans le territoire », craint le DG.

De quoi inquiéter les aménageurs et les entreprises de travaux publics. « On ne fera pas d’équipements sans les rentrées financières en temps et en heure », avertit Catherine Léger, directrice de Plaine Commune Développement.

 

Entretien - Avis d'expert

Les Offices se battront jusqu'au bout selon Alain Cacheux, président de la fédération des OPH

Présent à la conférence de presse organisée par Paris Habitat, Alain Cacheux, président de la fédération des offices publics de l’habitat (OPH) s’est dit « relativement confiant » sur la sortie de crise de l’APL. « Il faudra bien que l’on trouve un compromis acceptable avec le gouvernement ».

Il faut dire que les bailleurs sociaux pourront compter sur les maires, qui se réunissent en congrès du 2O au 23 novembre prochain. « Je pense que le Congrès sera animé », glisse-t-il. Et si aucune solution n’était trouvée ? « Nous irons jusqu’au Conseil constitutionnel », tranche-t-il.

Rappelons toutefois qu’un recours a été déposé par les membres d’un collectif et par l’Union sociale pour l’habitat (USH) auprès du Conseil constitutionnel sur la baisse de 5€ des APL et qu’il a été rejeté.

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