Aménagement

HEP: c’est Mouvaux, ça vient de sortir

Mots clés : Urbanisme - aménagement urbain

«HEP: Habita(n)ts à énergies positives» est une méthode innovante de rénovation urbaine, expérimentée par Vilogia à Mouvaux, dans la métropole lilloise. La démarche vient de franchir une étape importante: les habitants ont remis leur cahier des charges aux postulants à la maîtrise d’œuvre.

Un exercice insolite. Durant deux soirées, les habitants de l’Escalette, à Mouvaux, ont présenté leurs prescriptions aux mandataires des quatre groupements candidats au réaménagement de leur quartier, à savoir MG-AU, l’atelier Pascal Gontier, Engasser et Associés et François Leclercq. Cette phase résume à elle seule l’originalité de la démarche HEP puisqu’un dialogue direct s’est engagé entre les citoyens concernés par l’opération et les professionnels retenus pour réfléchir à sa mise en œuvre.

«HEP: Habita(n)ts à énergies positives» est un projet labellisé «Troisième révolution industrielle en Nord-Pas-de-Calais», selon les principes développés par l’essayiste américain Jérémy Rifkin. Cette méthode inédite d’aménagement de quartiers est censée préfigurer la ville de 2030. A Mouvaux, elle se décline en trois volets: la réunion de l’ensemble des acteurs – locataires et propriétaires privés (1/3 des 600 habitants de l’Escalette) dans une concertation proactive, la reconstruction d’un quartier qui, à terme, produira plus d’énergie qu’il n’en consommera, enfin la redynamisation de son tissu par une approche vertueuse fondée sur l’économie circulaire et l’économie de la fonctionnalité.

 

Habitants associés

 

«Nous sommes vraiment dans une démarche de coproduction, explique Ludovic Rousseau, chef de projet. Et parce que c’est inhabituel c’est assez déstabilisant pour les uns et les autres. Le rôle dévolu aux habitants va bien au-delà du simple amendement de propositions. Du coup, ceux-ci prennent la pleine mesure du temps du projet, qui leur paraît long.» Ces rencontres avec la maîtrise d’œuvre constituaient, en effet, l’aboutissement d’un an de concertation citoyenne, encadrée par l’agence spécialisée en médiation Archiae. Afin de faciliter les échanges, 21 ambassadeurs volontaires ont porté la parole de leurs voisins tout au long du processus. A la suite d’un diagnostic d’usage, de visites de sites exemplaires et d’ateliers de sensibilisation, les habitants ont finalement remis aux quatre postulants un document d’une trentaine de pages traitant aussi bien de l’habitat que du paysage ou du stationnement. Du côté des professionnels, on apprend également en marchant. «Les deux soirées ont d’ailleurs été assez différentes dans leur contenu», poursuit Ludovic Rousseau.

Les équipes ont maintenant jusqu’au 27 mars, date de rendu des esquisses, pour intégrer dans leurs projets les demandes de leurs interlocuteurs d’un soir. Le lauréat sera désigné en mai ou juin par un jury, au sein duquel les habitants joueront un rôle consultatif. A l’heure où se pose plus que jamais la question de l’accès à la citoyenneté, HEP a le mérite d’ouvrir une voie nouvelle dans la direction indiquée par François Pupponi, le nouveau président de l’Anru.

 

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