Quartier

Handicap : « la profession d’expert en accessibilité émerge en Europe »

Mots clés : Accessibilité - Architecture - Handicap - Innovations

Adjointe au chef du groupe Ville Innovation et Architecture au sein du Centre d’Études Techniques de l’Équipement normandie-centre, Amélie Goepp a co-écrit un recueil sur l’accessibilité dans 11 villes européennes. Elle livre les conclusions.

Quels actions observées à l’étranger vous ont particulièrement marquées ?

En Espagne et en Suède, j’ai pu observer certaines aires de jeux pour enfants rendues accessibles, notamment par l’implantation d’aménagement permettant aux enfants en fauteuil roulant de profiter des bacs à sable et des équipements ou aux enfants malvoyants d’être guidés le long des parcours ludiques.
Si ces actions qui peuvent paraitre anodines me semblent essentielles, c’est qu’elles permettent à l’enfant handicapé d’avoir le sentiment de pouvoir accéder aux mêmes choses que tous les autres enfants du même âge et notamment aux loisirs. La différence est ainsi effacée dès le plus jeune âge et l’accessibilité pleinement intégrée.

Quel frein identifiez-vous, en France, dans la mise en accessibilité des bâtiments, des espaces publics et des transports ?

Le premier blocage qui me vient à l’esprit est d’ordre organisationnel. La difficulté de concerter tous les acteurs concernés, associations, responsables techniques (voirie, transport, bâti, etc.), architectes, société de transport… ralentit la mise en accessibilité. Dans certaines municipalités européennes, afin d’y remédier, une nouvelle profession a émergé : « access officier ».  Personne chargée de faire le lien entre les différentes entités, elle est bien identifiée par les différents services de la collectivité, par les habitants et par les acteurs techniques (architectes, paysagistes, etc.). Au Royaume-uni, de nombreuses autorités publiques nomment en interne un « access officier ». C’est notamment le cas de l’ autorité chargée d’ assurer la création des nouveaux équipements sportifs en vue des Jeux Olympiques.

Dans le bâtiment on parle exclusivement des handicaps moteurs mais que peut le secteur de la construction pour les handicapés psychiques ?

Il s’agit dans un premier temps de veiller à simplifier la signalétique avec des couleurs adaptées, des pictogrammes et une implantation pertinente. Pour les personnes souffrant de handicaps mentaux ou psychiques, l’ambiance du bâtiment est également essentielle. L’architecte a donc également un rôle important à jouer. Apporter de la lumière naturelle, éviter les nuisances sonores, favoriser la lisibilité des espaces…tout ce qui permet de réduire les sources de stress et de blocage, décuplés chez les personnes handicapées, rend un bâtiment plus accessible aux personnes souffrant d’un handicap mental ou psychique. Par exemple, dans les grands bâtiments comme les gares ou les préfectures, la réflexion sur la gestion des flux doit être plus poussée pour faciliter l’autonomie et le confort de tous.

A l’échelle de la ville, des repères architecturaux comme la tour de Norman Foster à Londres, surnommée « le cornichon », permettent de faciliter l’orientation et le repérage et donc les déplacements. Toutes ces règles profitent à tous et pas seulement aux personnes handicapées.

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