Qualité/Sécurité

Haïti prépare sa reconstruction

L’aide internationale s’organise et les entreprises françaises des Antilles se mobilisent spontanément. L’effondrement des constructions haïtiennes est dû à l’absence de règles parasismiques et à la mauvaise qualité des constructions.

Le séisme survenu à Haïti le 12 janvier a plongé le pays dans le chaos. Plus de 200.000 personnes auraient été tuées dans ce terrible tremblement de terre. La présence à Port-au-Prince le 17 février de Nicolas Sarkozy, président de la République, souligne la mobilisation de la France pour porter secours à ce pays francophone des Caraïbes.

L’aide internationale s’organise aujourd’hui pour reconstruire le pays. Avec elle, le gouvernement haïtien doit élaborer dans l’urgence des règles d’urbanisme (plan de prévention des risques) et de génie civil indispensables à une reconstruction pérenne. Le gouvernement haïtien doit également s’attacher à former tous les acteurs locaux de la filière de production du BTP (les bétons, peu résistants, y sont encore fabriqués avec des galets comme il y a cent ans). »Les projets présentés par le gouvernement haïtien dans le cadre du plan de reconstruction seront financés par un fonds unique dont la gestion pourrait être confiée à la Banque mondiale ou à la Banque interaméricaine de développement », confie Gilles Leblanc, membre permanent de la mission interministérielle française pour la reconstruction d’Haïti, mise en place par François Fillon, Premier ministre. Ce fonds sera alimenté par les différents donateurs, gouvernementaux ou non, collectivités territoriales, entreprises… La mobilisation spontanée des professionnels de la Guadeloupe et de la Martinique, sous le pilotage efficace des directeurs départementaux de l’Equipement, ne s’est pas faite attendre.

Diagnostiquer les bâtiments endommagés

« L’appui apporté par les structures implantées aux Antilles a été de plusieurs natures, confie Gilles Leblanc, il s’agit notamment de la mise en place d’une barge (entreprise Gadarkhan) et de matériel de levage (entreprise Moutoussamy), de l’affrètement d’une barge en Martinique par la MAE (assurances) pour acheminer les tonnes de dons collectés par l’association Urgences Caraïbes qui a fédéré l’essentiel des initiatives. » Même les professions portuaires se sont associées pour minimiser le coût de leurs prestations. « Il s’agit également d’expertises diverses, poursuit le missionnaire : depuis la Guadeloupe, un ingénieur de la DDE, expert auprès de la Banque mondiale s’est rendu sur place pour diagnostiquer le risque d’effondrement des bâtiments endommagés sur les voies destinées à l’acheminement des secours. »

Quant aux aides à la reconstruction, plusieurs structures se sont mobilisées à travers le district Antilles du Cobaty. Au-delà de la collecte de fonds destinés à la reconstruction de classes, la réflexion porte notamment sur la manière d’aider à reconstruire, et en particulier sur les matériaux de construction (bois, béton…) qui pose des questions d’importation et de production locale. D’autres initiatives se structurent : de petites entreprises veulent travailler avec Haïti (ABC constructions maisons bois clés en mains, par exemple).

De son côté, le conseil régional organise, via l’association des Haïtiens de Martinique, une formation d’artisans haïtiens au parasismique. Le groupe Bernard Hayot propose de transférer une centrale de béton prêt à l’emploi sur Haïti d’ici à un mois… Ignorant ces événements du passé, la croissance urbaine récente, hors de toutes règles et techniques constructives parasismiques, a augmenté la vulnérabilité d’Haïti. « Par deux fois déjà, en 1751 et 1771, Port-au-Prince avait été sérieusement endommagé par d’importants séismes, attribuables à cette même faille qui a provoqué le tremblement de terre destructeur du 12 janvier », précise Victor Davidovici, consultant Dynamique Concept et président d’honneur de l’Association Française de Génie Parasismique. « Haïti, comme la Martinique et la Guadeloupe, est située en bordure de la plaque Caraïbe, un endroit sujet à des séismes majeurs, ajoute l’expert. D’où l’importance et l’urgence de définir d’abord un zonage sismique régional à l’échelle d’Haïti et un microzonage pour Port-au-Prince. Ce travail devra être complété par l’élaboration d’atlas communaux des risques naturels (séismes, mouvements de terrain, liquéfaction, inondation, tsunami, surcote marine, érosion), en s’appuyant sur le retour d’expérience du Bureau de recherche géologique et minière (BRGM). »

Retrouvez dans « Le Moniteur » du 19 février, l’avis de l’expert Victor Davidovici, consultant Dynamique Concept et président d’honneur de l’Association Française de Génie Parasismique.

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