Chantiers

Habitat social : réduire les consommations d’énergie grâce aux eaux grises

Mots clés : Logement social

Le bailleur social ICF Habitat La Sablière a choisi d’équiper deux de ses immeubles parisiens d’un système de récupération de chaleur des eaux grises. Il devrait couvrir près de 60 % des besoins.  

Les futurs locataires de logements sociaux à Paris vont bientôt voir baisser leur facture d’électricité. Le bailleur social ICF Habitat La Sablière vient en effet d’équiper les 83 logements des deux immeubles rue de l’Echiquier et impasse Bonne Nouvelle du système de récupération de chaleur des eaux grises mis au point par Biofluides environnement. Baptisé ERS pour Energy recycling system, le dispositif récupère les calories des eaux grises, provenant des lave-linge, lave-vaisselle, douches, éviers, etc. dont la température moyenne est comprise entre 25 et 30 °C pour alimenter ensuite une pompe à chaleur.

Les eaux grises transitent par une cuve en acier inoxydable d’une capacité de 2000 l où une dizaine d’échangeurs à plaques prélèvent leurs calories. Elles sont ensuite rejetées à l’égout à une température variant entre 10 et 12°C. L’eau de ville est donc préchauffée une première fois pour atteindre une vingtaine de degrés Celsius. Au sortir de la pompe à chaleur, cette eau a atteint la température de 55 °C et peut alimenter le réseau d’eau chaude sanitaire des deux immeubles.

 

Répondre à 60 % de la demande en ECS


Initialement prévu pour ne récupérer que les eaux grises du nouveau bâtiment, le système a finalement pu être étendu aux logements de l’édifice rénové. Installé par l’entreprise générale Paris-Ouest Construction le dispositif a nécessité une déviation des réseaux d’évacuation des eaux grises et un local de 15 m², installé au premier sous-sol, où se concentre toute la technique de l’ERS. En l’occurrence, il rassemble la cuve en acier inoxydable, la pompe à chaleur et l’armoire de commande qui gère l’ensemble des fonctions automatiques des vannes, les cycles de rinçage ainsi que la régulation de la pompe à chaleur et des circuits associés. Cet équipement, relié à la gestion technique centralisée, assure aussi la gestion des alarmes et la surveillance du système. « D’après les estimations, notre système devrait fournir près de 60 % de la demande en eau chaude sanitaire », précise Denis Fournier, directeur général de Biofluides Environnement. Une chaudière est prévue pour l’appoint calorifique.




Les premières économies seront chiffrables d’ici quelques mois, puisqu’un seul des deux bâtiments a déjà été livré. L’autre réception est prévue pour la fin janvier. Malgré le cadre contraignant – un bâtiment ancien vétuste et classé, une trame architecturale haussmannienne à respecter, un milieu urbain dense –  les travaux ont duré vingt mois. Ils ont impliqué notamment la restauration de la charpente traditionnelle en bois, le changement des pannes endommagées, le traitement des murs en ossature bois et pierre, la pose de planchers mixtes acier/béton coulés sur chantier, la refonte totale de la couverture en zinc, la pose d’une cinquantaine de chiens assis et la mise en œuvre de kits de salles de bains prêts à poser grâce à des ouvertures élargies. Le montant total des travaux s’élève à 7,1 millions d’euros HT.

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