Construction Numérique

Habitat connecté : Bouygues Immobilier passe à l’échelle industrielle

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Entreprise du BTP - Matériel - Equipement de chantier

Bouygues Immobilier a présenté officiellement le 23 juin son offre Flexom. D’ici la fin de l’année, tout nouvel acquéreur d’un logement du promoteur pourra piloter ses volets, au moyen d’une application mobile.

En 2015, l’association Smart Building Alliance publiait un référentiel qui décrivait les caractéristiques d’un bâtiment connecté. Un an plus tard, Bouygues Immobilier décide d’appliquer ce concept à l’ensemble de ses nouveaux bâtiments résidentiels. Le promoteur a lancé officiellement le 23 juin son offre Flexom. Le client se voit proposer sans surcoût l’installation dans son futur logement d’une installation de domotique qui n’utilise ni fils ni batterie. Il pourra par le biais d’une application mobile piloter à distance son chauffage, ses lampes, ses volets roulants, et recevoir les alertes des détecteurs d’incendie. Ce logiciel lui donnera la possibilité de créer des scénarios et lui fournira des informations sur ses consommations énergétiques.

Par ailleurs, Bouygues Immobilier commercialise en option deux séries de packs, le premier axé sur la sécurité de l’habitat, le second destiné aux personnes âgées. Ils ajoutent des équipements supplémentaires pour un coût compris entre 1100 et 3200 euros. A ce jour, la moitié des logements mis en vente par l’entreprise sont équipés de cette infrastructure. « A la fin de l’année, la totalité de notre offre commerciale disposera de Flexom. Proposer aujourd’hui des logements qui ne soient pas connectés nous semble “has-been” », déclare Nathalie Watine, directrice générale logement France de la société. La firme mise sur les technologies numériques pour attirer une nouvelle clientèle.

 

Un assemblage de bonnes idées

 

Pour bâtir cette offre, Bouygues Immobilier s’est entourée de plusieurs partenaires spécialisés en informatique et en télécommunication. Flexom reprend l’architecture du système Hemis, développé par la jeune entreprise Ubiant. Les consignes émises depuis l’application transitent par internet jusqu’à un routeur installé dans l’immeuble. L’appareil transfère le message jusqu’à une passerelle IP du constructeur Overkiz, une filiale de Somfy. Celle-ci peut convertir l’ordre en ondes radio, selon les protocoles EnOcean, IO Home-Control, RTS et Z-Wave. L’équipement concerné capte le signal et adapte son fonctionnement. « Ainsi, en l’absence d’une connexion internet personnelle, l’habitant peut bénéficier de ces services. La réduction du nombre de câblages électriques nous conduit à un coût du logement presque équivalent à un bâtiment traditionnel », précise Eric Pozzo-Deschanel, directeur conception nouveaux produits et industrialisation du promoteur.

En outre, les appareils recourant au standard EnOcean ne requièrent pas de batterie. Pour les premières installations, l’entreprise Vitec fournissait ces produits sans piles sous la marque Ubiwizz. S’il le souhaite, l’habitant pourra brancher la passerelle IP directement sur son box internet domestique, plutôt que d’utiliser le réseau commun.

 

Tout dans les serveurs

 

Si Flexom ne présente pas d’innovation majeure, les partenaires du projet ont soigné les détails. Ubiant se distingue de ses concurrents par l’emploi à un standard de son invention, baptisé Quickmove. Avant son installation, chaque équipement reçoit une puce NFC. Grâce aux informations qu’elle contient, l’installateur peut l’intégrer dans le système informatique de l’appartement avec un simple téléphone portable ou une tablette. Tous les paramètres sont enregistrés dans les serveurs d’Ubiant. « La croissance de l’habitat connecté dépend de notre capacité à offrir des systèmes simples pour les professionnels et les particuliers, analyse Emmanuel Olivier, PDG de l’entreprise. Un électricien ou un plombier doit pouvoir installer rapidement ces produits. »

Son approche a séduit Bouygues Immobilier. « Avec ce dispositif, nous pouvons contrôler facilement la conformité de l’installation, explique Eric Pozzo-Deschanel. Dans nos prochains appels d’offres, nous demanderons des équipements conformes au standard Quickmove. » Le propriétaire pourra aussi ajouter de nouveaux objets à son application par ce canal, à condition qu’ils soient enregistrés dans la base de données d’Ubiant. « Nous sommes en discussion avec plusieurs fabricants pour élargir l’éventail des appareils compatibles, indique le directeur. A terme, nous pourrions créer une alliance autour de cette technologie. » Natalie Watine confirme la volonté d’une amélioration continue : « notre application pourra s’enrichir au fil du temps. On pourrait imaginer par exemple d’y ajouter la gestion des places parkings. »

Enfin, pour les occupants qui ne possèdent pas de téléphone mobile, le logement est doté d’un Lumignon. Ce gadget, conçu par Ubiant, change de couleur en fonction de la consommation énergétique du foyer. Il contient aussi un lecteur NFC. L’habitant dispose de plusieurs cartes dotées d’une puce NFC. S’il en passe une devant l’appareil, elle déclenche un scénario préenregistré dans l’application. Les enfants pourront faire de même avec deux petites figurines. 

Focus

A l’origine de Flexom, « 5e Avenue »

A l’origine de Flexom, la solution de logements connectés de Bouygues Immobilier, il y a « 5e Avenue », un programme immobilier constitué de 200 lots dont 66 logements sociaux (le reste des logements sont proposés en accès libre à 4 600 euros du m² en moyenne). La résidence a servi d’incubateur durant 18 mois, et au final, un tiers des logements sont connectés et disposent au minimum d’un pack de base (volets roulants, chauffage, luminaires et détecteurs de fumée connectés). 

 

La technologie n’est implantée que dans la partie libre de l’opération, et pas dans les 66 logements sociaux qu’elle comporte (le bailleur social n’en a pas voulu). Elle a séduit les accédants à la propriété, mais aussi les particuliers investisseurs. « Ces derniers estiment qu’aujourd’hui, le logement connecté a de l’avance, mais que demain, ce sera la norme », croit savoir Gauthier Ansiaux, directeur des opérations pour le promoteur.

 

Les équipes locales ont dû accompagner les électriciens dans la maîtrise de cette technologie. « Ils ont l’habitude de connecter quelques logements, mais pas à si grande échelle », rappelle le directeur des opérations. Elles ont également travaillé au développement de l’application permettant de piloter son habitation intelligente. « Nous sommes partis d’un constat simple : il n’y avait pas d’application qui permettait de gérer de manière simple son logement », explique Gauthier Ansiaux. Pour construire l’application, les équipes locales ont organisé des ateliers avec de futurs habitants en avril dernier. Ils comptent en organiser d’autres en début d’année prochaine « pour faire le point avec nos clients et potentiellement intégrer de nouveaux usages. »

 

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