Energie

Gouvernement : Nicolas Hulot, séquence Transition

Mots clés : Démarche environnementale - Efficacité énergétique - Energie renouvelable - Gouvernement

L’écologiste, emblème de la société civile, va diriger le nouveau ministère de la Transition écologique et solidaire. Rénovation énergétique, Notre-Dame-des-Landes ou montée en puissance des énergies renouvelables font partie des dossiers brûlants qui l’attendent.

Si l’environnement et l’écologie ont été les grands absents de la campagne d’Emmanuel Macron, le président vient de créer la surprise en nommant Nicolas Hulot à la tête du grand ministère de la Transition écologique et solidaire. Archi connu du grand public pour son engagement en faveur de l’environnement, Nicolas Hulot avait jusque-là décliné toutes les offres présidentielles. Cette fois, il considère dans son premier tweet en tant que ministre que « l’urgence de la situation [lui] impose de tout tenter pour faire émerger un nouveau modèle de société. »

 

 

Plusieurs dossiers chauds l’attendent désormais en tant que numéro 3 du gouvernement :

 

Rénovation énergétique

Lors de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait annoncé la mise en place d’un grand plan d’investissement de 50 milliards d’euros qui devrait faire la part belle à la rénovation énergétique. A l’époque, le candidat Macron souhaitait éradiquer en 10 ans les passoires énergétiques des ménages les plus précaires, proposer gratuitement des audits et mettre en place des moyens de financement destinés aux ménages. Pour inciter les plus aisés d’entre eux à passer à l’acte, Emmanuel Macron table sur la transformation du Crédit d’Impôt Transition Énergétique (CITE) en prime immédiatement perceptible au moment des travaux et non l’année suivante. Ces chantiers devront être menés en concertation avec le ministère de la Cohésion des territoires piloté par Richard Ferrand. Ce dernier a récupéré les prérogatives de l’ancien ministère du Logement.

 

Notre-Dame-des-Landes

Nicolas Hulot a-t-il négocié l’avenir du projet controversé d’aéroport avant d’entrer au gouvernement ? Pas sûr. Si, sur le fond du dossier, il s’est toujours positionné contre le projet de transfert, l’écologiste fait partie de ceux qui entendent respecter la démocratie. « On ne peut pas demander d’aller voter et, si le résultat ne nous plaît pas, ne pas en tenir compte. J’en prends acte. […] Les gens ont massivement voté pour le oui. Au gouvernement, maintenant, de prendre ses responsabilités  » déclarait-il au lendemain de la consultation locale de juin 2016 où les habitants de la Loire-Atlantique se sont exprimés largement pour ce projet.

Philippe Grosvalet, président du conseil départemental de Loire-Atlantique, a été un des premiers à réagir sur le sujet de Notre-Dame-des-Landes après la nomination du nouveau gouvernement. Pour lui, les propos de Nicolas Hulot sont clairs. Par ailleurs, il a déclaré se réjouir de l’engagement du nouveau Président de la République de « respecter le résultat du référendum et de faire cet aéroport». Et ce, d’autant plus qu’il pourra compter sur un Premier ministre, qui a notamment déclaré : « une fois que la décision est politiquement prise, une fois que les juges se sont prononcés en disant « on peut le faire », il faut la mettre en œuvre. Sinon vous ruinez le système. »

La « mise en œuvre » de la décision politique pourrait toutefois prendre un certain temps. Six mois au minimum. C’est le délai de la médiation évoquée par Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle. «A l’issue de ces six mois, je ferai évacuer la zone, avec les forces de l’ordre qui s’imposent si l’on n’a pas réussi à faire baisser la pression » déclarait-il. Voilà pour les principes. Dans les faits, l’état d’urgence et la menace terroriste qui monopolisent les forces de l’ordre rendent l’évacuation de la ZAD extrêmement sensible.

 

Energies renouvelables et nucléaire

En matière d’énergies renouvelables, Emmanuel Macron s’est engagé à ce qu’elles atteignent 32% de la consommation énergétique en 2030, notamment en encourageant l’investissement privé dans l’éolien et le photovoltaïque. Ce sera au nouveau Ministre de piloter cette transition.  

 Enfin sur le nucléaire, le nouveau ministre devra veiller à la mise en œuvre de la loi de transition énergétique, notamment de la réduction de 75 % à 50 % de la part du nucléaire dans la production électrique à l’horizon 2025, une échéance jugée difficile à respecter par de nombreux experts. La centrale de Fessenheim (Bas-Rhin) devrait fermer lors de la mise en service de l’EPR de Flamanville (Manche) en 2019 mais cette fermeture est contestée par des élus du Grand Est et les syndicats d’EDF.

Pour le reste du parc, Emmanuel Macron conditionne ses décisions à l’avis de l’Autorité de sûreté nucléaire sur la prolongation des réacteurs au-delà de 40 ans. Cet avis n’est pas attendu avant fin 2018. Nicolas Hulot, désormais favorable à une sortie de l’atome depuis l’accident de Fukushima, sera aussi confronté au projet d’EDF de construire de nouvelles centrales en France à l’horizon 2028-2030 pour remplacer les installations en fin de vie.

 

Réaction

Bruno Cavagné, président de la FNTP : « Quels seront les arbitrages concernant les grands projets sachant que M. Hulot n’est pas un de leurs grands défenseurs ? Le président de la République, lui, a expliqué qu’il voulait les poursuivre. Nous attendons donc des précisions. »

 

 

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