Energie

Google se lance dans la géothermie

Mots clés : Energie renouvelable - Marché de lénergie - Télécommunications

1996 : deux étudiants révolutionnaient Internet en créant un moteur de recherche analysant les relations entre les sites web. Aujourd’hui à la tête d’une des plus puissantes entreprises au monde, ils appliquent leurs recettes créatives à d’autres secteurs prometteurs, dont les énergies renouvelables. Dans le domaine de la géothermie, cela donne une technologie novatrice, l’EGS, acronyme d’ « Enhanced Geothermal Systems ».

Plutôt que de s’intéresser à la géothermie traditionnelle, consistant à repérer des poches souterraines d’eau chaude, les ingénieurs de Google s’intéressent à un système géothermique stimulé qui consiste à reproduire ces sources d’eau chaude naturelles en transperçant les roches des sous-sols afin de pouvoir y injecter de l’eau. Ainsi, une nappe aquifère à haut température se forme en profondeur. Il suffit alors de l’extraire et de l’utiliser en surface pour le chauffage ou de la transformer, via une turbine en électricité, de la même façon qu’une source naturelle.


Animation expliquant le système géothermique stimulé, Habanero, de 50 MW, en développement en Australie


10 millions de dollars d’investissements
Google.org, projet philanthropique de Google créé en janvier 2008, à travers son projet intitulé « Renewable Energy Cheaper than Coal initiative » entend promouvoir l’EGS sur plusieurs fronts.
Tout d’abord, il vient de mettre à la disposition des utilisateurs de Google Earth, une application qui permet déjà de visualiser le potentiel géothermique des sous-sols américains, en indiquant, selon la profondeur à laquelle l’eau serait injectée, la puissance en mégawatt qu’elle pourrait produire.
De plus, Google.org investira plus de 10 millions de dollars en la matière au travers de deux entreprises et d’une université.
AltaRock Energy recevra 6,25 millions de dollars qui seront consacrés au développement des technologies innovantes, afin de réduire les coûts et améliorer les performances des EGS. Potter Drilling, 4 millions de dollars, afin de développer de nouvelles approches pour réduire les coûts et élargir la gamme des profondeurs de forage de roches dures. Un élément clé pour le déploiement à grande échelle des procédés géothermiques.
Quand au Southern Methodist University Geothermal Lab, il se verra remettre 489.521 dollars qui subventionneront un programme pour mieux comprendre la répartition et la taille des sources géothermiques, et ainsi permettre la mise à jour de la nouvelle cartographie géothermique de l’Amérique du Nord.

« Les EGS n’ont pas reçu l’attention qu’ils méritent »
Pour Dan Reicher, Responsable Climat et Energie chez Google.org, l’EGS a l’énorme avantage de pouvoir utiliser la chaleur du sous-sol sur toutes les parties du globe et pas seulement dans les zones disposant de sources d’eau chaudes naturelles comme l’Islande, la Californie ou encore l’Ile-de-France. « Les Systèmes Géothermiques stimulés sont essentiels à la production d’une électricité propre, dont nous avons besoin pour résoudre la crise du climat. Mais ils n’ont pas reçu l’attention qu’ils méritent. C’est pourquoi nous faisons pression pour obtenir un meilleur soutien du gouvernement et davantage d’investissements du secteur privé. Nous croyons fortement en ces technologies, et nous recherchons de nouvelles opportunités » a déclaré Dan Reicher.
Afin de donner un ordre de grandeur du potentiel de ces sources d’eau chaude artificielles, il rappelle les conclusions d’une récente étude du prestigieux Masasuchets Institut of Technologies estimant que 2% de la chaleur contenue dans le sous-sol des Etats-Unis entre 3 et 10 km de profondeur – profondeur accessible avec les technologies actuelles- est susceptible de répondre à 2.500 fois les besoins annuels en énergie des Etats-Unis.
Avec autant d’optimisme outre-Atlantique, il n’est peut être pas trop tard pour que l’engouement envers l’EGS atteigne le vieux continent avant le prochain texte de loi relatif au Grenelle de l’environnement…




Focus

Repères
A travers son programme de recherche « Renewable Energy Cheaper than Coal », Google affiche l’ambition de développer 1 GW de capacité issue d’énergies renouvelables, soit l’équivalent de la consommation d’une ville de la taille de San Francisco. Et le groupe précise qu’il évalue l’échéance de cet objectif non pas en décennies, mais en années !

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