Chantiers

Géothermie : le forage de Rosny-sous-Bois est lancé

Mots clés : Bois - Energie renouvelable - Gros oeuvre

Le creusage du doublet géothermique de Rosny-sous-Bois a débuté. Il alimentera le futur réseau de chaleur des communes de Noisy-le-Sec, Montreuil et Rosny-sous-Bois. Loin d’être une singularité, le projet illustre le nouvel essor de cette technologie en Ile-de-France, après 30 ans de disgrâce.

L’Ile-de-France n’a pas de pétrole, mais elle a de l’eau chaude. Les forages géothermiques fleurissent dans la région. La structure métallique dressée à la périphérie nord de Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) signale ainsi la création d’une nouvelle chaufferie. Le creusement des puits a débuté en mars dernier sous la direction de Cofely Réseaux. L’installation devrait être mise en service à l’été 2016 et alimentera un nouveau réseau de chaleur Ygéo. Celui-ci relira des bâtiments des communes de Montreuil, Noisy-le-Sec, et Rosny-sous-Bois.

Organiser ce type de chantier requiert certaines compétences. Les municipalités de Rosny-sous-Bois et de Noisy-le-Sec ont donc fait appel à l’expertise du Syndicat intercommunal de la périphérie de Paris pour les énergies et les réseaux de communication (Sipperec). Ce syndicat mixte rassemble 110 collectivités de la région. Il assiste ses adhérents dans leurs démarches. « Les premières discussions remontent à 2007 avec mon prédécesseur Claude Pernès, précise Claude Capillon, le maire de Rosny-sous-Bois. Une des difficultés était de déterminer le lieu du forage. »

Le syndicat a lancé une étude de faisabilité en septembre 2011. L’enquête a débouché sur un appel d’offres pour une délégation de service public (DSP). Cofely Réseaux, filiale d’Engie (le nouveau patronyme de GDF Suez), l’a emporté en décembre 2013. Montreuil a rejoint l’opération en 2014.

L’ensemble du projet représente un investissement de 35 millions d’euros, soutenu par le fond chaleur de l’Ademe à hauteur de 6,5 millions d’euros. La DSP s’étend sur 30 ans. Elle impose à l’exploitant une part de 50 % d’énergies renouvelables dans sa production de chaleur. Un pourcentage qui octroie aux usagers une TVA réduite à 5,5 %.

 

Le Dogger, la manne énergétique francilienne

 

Dans l’élaboration du réseau chaleur Ygéo, les travaux engagés à Rosny ne sont qu’une première étape. Pendant quatre mois, une foreuse va creuser un doublet géothermique, un ensemble de deux puits de 1800 mètres de profondeur. Le premier acheminera de l’eau à environ 64 °C depuis la nappe du Dogger. Le second réinjectera cette eau après un passage dans un échangeur de chaleur. La centrale devrait atteindre une puissance de 10 MW. Des pompes à chaleur, d’une puissance 7 MW, interviendront pour augmenter le rendement de l’installation.

Le chantier de construction du réseau commencera au second semestre 2015. Il comportera 10 km de conduite, et 10 chaudières d’appoint. L’ensemble fournira de la chaleur à des bâtiments publics, des immeubles collectifs et des entreprises, soit 10 000 équivalents logements. « Nous avons négocié en amont avec les bailleurs sociaux et les copropriétés afin d’assurer la rentabilité du projet », indique Frédéric Martin, directeur général adjoint de la branche Energies Services d’Engie. La chaufferie de Rosny-sous-Bois devrait couvrir 50 % des besoins des abonnées.

 

Le retour d’une technologie délaissée

 

L’opération Ygéo n’est pas un cas isolé. Depuis 2010, la géothermie connaît un nouvel engouement en Île-de-France. La politique incitative de l’Etat et la hausse du prix des énergies fossiles encouragent les collectivités à s’engager dans cette direction. Par ailleurs, en milieu urbain, l’exploitation d’un doublet géothermique est moins contraignante qu’une chaudière biomasse.

Jacques JP. Martin, président du Sipperec, se félicite : « Après 30 ans d’arrêt, nous pouvons être fières de ce retour. Notre syndicat a contribué à trois forages ces trois dernières années : Arcueil et Gentilly en 2013, Bagneux en 2014, et maintenant Rosny. » D’autres opérations, à Villepinte (Seine-Saint-Denis) ou Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), sont également en cours. « Confier cette responsabilité aux élus et aux syndicats mixtes a eu un effet positif », ajoute-t-il.

Toutefois, le président s’inquiète d’une disposition du projet de loi portant sur la nouvelle organisation territoriale de la République (NOTRe). Selon la version adoptée par les députés le 10 mars, des compétences en matière de concession de distribution publique de gaz et de création, aménagement, entretien et gestion de réseaux de chaleur ou de froid urbains seront transférées à la future métropole du Grand Paris à compter de 2017.

Cette orientation remet en cause l’existence du Sipperec. « Nous appelons à un retour à la sagesse, affirme Jacques JP. Martin. Ce type de projet nécessite l’adhésion des habitants. Les élus municipaux sont le plus à même d’entretenir ce dialogue local. » Les sénateurs examineront le texte le 26 mai prochain. Les prochains mois s’annoncent donc décisifs pour l’avenir du syndicat.

 

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