Energie

Geo PLC investit les pays de l’Est en réinventant un nouveau modèle de certificats d’économie d’énergie

Mots clés : Chauffage - froid - Politique énergétique

Fort de son succès en France, Geo PLC, nom issue des deux entreprise GEO France et Partager La Croissance, l’un des acteurs principaux du dispositif des certificats d’économie d’énergie (CEE), se lance à la conquête de l’Europe. Mais pas n’importe où. Là où le chauffage est un vrai sujet clivant : la Roumanie et la Pologne.

Créée en 2008, Geo PLC, « société de services en efficacité énergétique » comme la définit son fondateur et président Christophe Février, se trouverait-elle à l’étroit dans ses habits pour vouloir se développer dans les pays de l’Est ?
Non, répond Christophe Février, car il y a encore beaucoup de choses à faire en France et les structures collectives (NDLR : le terme va disparaître pour être remplacé par délégataire), telles que Geo PLC peuvent encore jouer les bonnes fées en finançant les travaux d’économie d’énergie grâce aux CEE.

Mais cet entrepreneur, la quarantaine passée, d’origine mayennaise, a avant tout l’esprit d’entreprendre. Il fait partie de cette nouvelle génération de patrons audacieux et décomplexés qui peuvent bousculer des montagnes. Mais pas par simple défi ou goût de l’aventure, car Christophe Février aime analyser, disséquer, et en tire une véritable vision. Tout est bien calculé même s’il persiste toujours une part de risque lorsque l’on crée.

Cette réflexion poussée le conduit à s’intéresser aux pays de l’Est et particulièrement à la Pologne et la Roumanie et à développer le savoir-faire de Geo PLC dans les CEE hors des frontières nationales. Des pays où il fait froid et où les factures de chauffage posent un véritable problème aux habitants. Pour ce faire, une structure ad hoc sera créée et des partenariats avec des bureaux d’études locaux seront conclus. Tout est en cours avec comme objectif d’être opérationnel au deuxième semestre 2015.

 

Réinventer un modèle

 

Reste qu’exporter le concept Geo PLC tel quel n’est pas possible, il faudra repenser le dispositif. « C’est l’Etat qui donne le cap à suivre, il détermine le volume d’énergie à économiser et crée le cadre réglementaire pour y parvenir. Les entreprises telles que les nôtres doivent s’y adapter. C’est vrai en France, mais aussi à l’étranger. Il faudra donc réinventer le modèle pour se conformer aux règles du pays », explique Christophe Février. Par contre, la philosophie de l’entreprise sera bien conservée, avec le leitmotiv « au service de nos clients ».

Geo PLC, qui a réalisé en 2014 un chiffre d’affaires de 40 millions avec un effectif de 110 personnes, compte 9 des 10 plus grands obligés du dispositif des CEE, plus d’une trentaine d’enseignes partenaires, parmi lesquelles Leroy Merlin avec qui il traite 100 000 chantiers par an (+10% chaque année) ou encore des particuliers, notamment l’Association nationale de défense des consommateurs et usagers (CLCV). Pour cette dernière, la structure collective a lancé une offre Prime Cash Energie qui valorise contre paiement direct les travaux d’économies d’énergie des particuliers adhérents de l’organisation.

 

 Fonctionnement optimal du dispositif

 

« Le dispositif CEE est l’outil de l’efficacité énergétique, insiste Christophe Février. C’est le bon système ».
Pour les copropriétés, une opération spéciale a été également montée et a permis de d’avancer le financement pour 10 millions d’euros de travaux contre un euro symbolique pour la copropriété. Un financement assuré entièrement sur les fonds propres de Geo PLC. 

Sur le même modèle, l’entreprise a aussi financé 8,5 millions de travaux en 2014 dans le secteur de l’industrie. Quant aux collectivités, elles peuvent porter la plateforme internet « Plus Vert Demain » à destination des administrés. Une négociation est d’ailleurs actuellement en cours avec l’une des quatre plus grandes villes de France.  « La force de notre modèle, c’est de créer des offres où nous sommes capables d’avancer 100% du montant des travaux de rénovation énergétique avant leur réalisation ».
Globalement, Geo PLC estime avoir entre 40 et 60% de parts de marchés dans l’isolation et 90% dans le calorifugeage. La société a aussi formé à la mention RGE, avec son partenaire négoce Tout faire Matériaux, 2 700 artisans.

Pour la France, Christophe Février est optimiste quant à l’avenir du dispositif. D’abord parce que les CEE sur la 3ème période 2015-2017 et son objectif de 700 TWh cumac d’économies d’énergie vont financer entre 3 et 5 milliards d’euros de travaux d’économie d’énergie. Mais surtout parce qu’il voit une stabilité du prix du CEE, « une bonne chose qui permet de maintenir le pouvoir d’achat des particuliers » et de préserver la compétitivité des énergéticiens français.  » La hausse du marché des CEE ne profite qu’à ceux qui la demande » insiste-t-il, convaincu que tous les éléments seront en place pour assurer un fonctionnement optimal du dispositif.

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