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« Gare aux ibères ! » par Maxime Bitter

Les majors français du BTP ont pris l’habitude de dominer le monde de la construction. Techniquement et économiquement, nos champions sont depuis longtemps incontestés. Ils ont appuyé leur développement sur un marché domestique très fort et ont pu exporter leur savoir-faire sur les zones d’influence de la France. Construit sur une concentration du marché français de la construction, Vinci, Bouygues et Eiffage ont désormais une dimension européenne incontestée.
Et si l’histoire ne se répète jamais, il semble que de l’autre côté des Pyrénées, les groupes espagnols connaissent une évolution similaire. Le marché espagnol du BTP est le plus dynamique d’Europe de l’Ouest, et sa taille – 40 millions d’habitants -, permet à des entreprises de tailles moyennes de prendre de l’ampleur. Le mouvement de concentration espagnol est d’ailleurs bien engagé: ACS a racheté Dragados, donnant naissance à un groupe de 10 milliards d’euros, et parmi les vingt premiers groupes de construction en Europe, cinq sont espagnols.
Mais à la différence des groupes français, les marchés de l’exportation sont maintenant bien occupés. Disposant de trésorerie importante issue de la promotion immobilière, les groupes espagnols doivent maintenant acheter leur part de marché. L’acquisition par Sacyr Vallehermoso de 5% du capital d’Eiffage en est le dernier exemple. Et l’acquisition de la Sanef par Abertis, de Gecina par Metrovacesa, de la Financière Rive Gauche par Fadesa ou encore de la Société Foncière Lyonnaise par Inmobiliaria Colonial, avait montré le chemin.

Maxime Bitter est journaliste au sein du service « Economie-Entreprises » du Moniteur.

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