Immobilier

Gare à surchauffe immobilière dans les pays industrialisés

La croissance économique mondiale poursuit sur sa lancée mais il y a un risque de surchauffe immobilière, ont estimé lundi à Bâle les gouverneurs des banques centrales des principaux pays industrialisés (G10) à l’issue de leur réunion bimestrielle.

Par rapport à janvier dernier, où les gouverneurs avaient déjà relevé que la croissance pourrait être « un petit peu plus forte » cette année qu’en 2005, « il n’y a pas eu beaucoup de changements », a déclaré Jean-Claude Trichet, porte-parole des gouverneurs et président de la Banque centrale européenne.
« Nous avons le même sentiment qu’en janvier, la croissance est là, ce qui est encourageant », a déclaré M. Trichet, à l’issue de ce tour d’horizon de l’économie mondiale qu’effectuent tous les deux mois les gouverneurs des banques centrales, au siège de la BRI (Banque des règlements internationaux) à Bâle.
Pour la première fois, le nouveau président de la Reserve fédérale américaine Ben Bernanke assistait à ce rendez-vous bâlois, ainsi que le nouveau gouverneur de la Banque centrale italienne Mario Draghi, qui a remplacé Antonio Fazio.
Selon M. Trichet, les marchés financiers ont bien « absorbé » les récents resserrements de politique monétaire, décidés par le Japon, les Etats-Unis et l’Union européenne. « Bien loin de freiner la croissance, ces décisions ouvrent la voie à une croissance durable », a-t-il indiqué.
La Réserve fédérale américaine a commencé à augmenter ses taux en juin 2004, la Banque centrale européenne en décembre 2005 et la Banque du Japon a décidé la semaine dernière de resserrer sa politique monétaire pour la première fois depuis mars 2001.
Les gouverneurs se sont par contre montrés inquiets devant la surchauffe du marché immobilier. « Nous avons eu une réflexion à ce sujet, et nous avons décidé de surveiller de près ce secteur », a déclaré M. Trichet.
Selon lui, la situation « n’est pas encore alarmante, mais il faut surveiller de près ».
La semaine dernière à Paris, M. Trichet s’était déjà inquiété de la « galopade » des prix de l’immobilier dans certains pays de la zone euro.
Les prêts immobiliers ont augmenté de 11,7% en janvier par rapport à décembre en France, soit « trois fois » plus vite que le Produit intérieur brut.
Le nouveau président de la Réserve fédérale a de son côté demandé récemment aux banques américaines de faire preuve de vigilance dans leur politique de prêts dans l’immobilier commercial.
Interrogé lundi sur les principaux risques qui pourraient stopper la croissance ou la ralentir, M. Trichet a répondu qu’ils « sont restés les mêmes, soit les menaces de protectionnisme, les prix élevés du pétrole et les déséquilibres » financiers et budgétaires.
« Les banques centrales sont en faveur d’une économie aussi ouverte que possible, car une économie ouverte assure une meilleure croissance et moins d’inflation », a-t-il dit.
Interrogé sur les réactions en France contre l’OPA lancée par Mittal contre Arcelor, ou le projet de fusion GDF-Suez pour contrer une OPA italienne, M. Trichet a répondu que « ces réactions ne concordent pas avec les intérêts globaux de l’économie mondiale ». « Ceci est valable des deux côtés de l’Atlantique et du Pacifique », a-t-il tenu à préciser.
La prochaine réunion des gouverneurs des banques centrales à Bâle aura lieu le 8 mai.
(AFP)

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