Entreprises de BTP

François Hollande à l’écoute des artisans du bâtiment

Mots clés : Artisanat - Gouvernement

Particulièrement inquiet des nouvelles mesures portées par Emmanuel Macron qui pourraient déstabiliser le secteur des artisans du bâtiment, Patrick Liébus, président de la Capeb était jeudi 28 au soir à l’Elysée, pour une rencontre avec le chef de l’Etat.

A priori, François Hollande ne veut pas perdre le contact avec les artisans du bâtiment. C’est la troisième fois qu’un tel entretien a lieu depuis le début de la mandature. Patrick Liébus, accompagné du président de l’UPA Jean-Pierre Crouzet, avait une check-list importante de sujets « chauds » qu’il entendait évoquer avec le président de la République. Car si l’année 2015 se solde par un repli de l’activité du secteur, certes moindre que dans les années précédentes, il n’y a pas encore de quoi se réjouir pour 2016.

Les dispositions portées par l’ex-projet de loi Noé, la lutte contre toutes les formes de concurrence déloyale, le plan d’urgence pour l’emploi, le compte pénibilité et la baisse des charges ont été au cœur des échanges. A commencer par certaines mesures défendues par Emmanuel Macron, comme la suppression des qualifications et du stage de préparation à l’installation. Des dispositifs qui menacent les artisans, alors qu’ils peinent à retrouver le chemin de la croissance.

Ce dossier sensible cristallise les tensions. Patrick Liébus a rappelé au chef de l’Etat son attachement aux qualifications professionnelles, au socle de formation (sanctionné par un diplôme ou une équivalence en termes d’expérience professionnelle) qui garantit la sécurité et la santé des consommateurs et professionnels et a souligné que ces qualifications n’étaient en rien « un frein à la création d’entreprises, en attestent les 350 000 entreprises artisanales du bâtiment et les 96 000 autoentrepreneurs créés depuis 2008 dans une période de crise ». Il a également milité pour le stage de préparation à l’installation et pour le maintien du régime de la microentreprise qui a permis de limiter la concurrence déloyale à l’égard des entreprises de droit commun. A défaut bien sûr de supprimer le régime de l’autoentrepreneur dans le bâtiment, ce qui est souhaité depuis de nombreuses années par les entreprises du bâtiment.

« Vaut-il mieux permettre aux entreprises « classiques », celles qui créent des emplois et embauchent des apprentis, de se développer ou favoriser les autoentrepreneurs qui n’embauchent pas ? » a demandé Patrick Liébus au chef de l’Etat. « Le président de la République a pris la dimension du risque de certaines des mesures portées par Emmanuel Macron sur notre secteur, nous a confié le président de la Capeb, quelque peu rassuré. Il a confirmé son souhait de développer la formation professionnelle et l’apprentissage, mettant l’accent sur la nécessité de créer des entreprises pérennes et porteuses d’emploi ».

 

Un ministère du Logement de plein exercice

 

Patrick Liébus a également évoqué le compte personnel de prévention de la pénibilité, pour réaffirmer que sa mise en œuvre demeure trop complexe et qu’il conviendrait de reporter d’un an l’application des six nouveaux critères, prévue au 1er juillet 2016. Ce qui permettrait aux branches professionnelles de pouvoir définir les référentiels et revoir les seuils des critères liés aux gestes et postures et liés à l’exposition des poussières de bois.

 

Le président de la Capeb a proposé que soit mise en place une TVA réduite à 5,5% pour les travaux de mise en conformité des logements à la perte d’autonomie, sur le modèle de ce qui est appliqué dans la rénovation énergétique. « Une idée que le chef de l’Etat a trouvé intéressante», selon lui.

Bien d’autres sujets ont été abordés, comme la lutte contre la fraude au travail détaché, l’emploi notamment des jeunes et la représentativité patronale.

A quelques semaines du départ de Sylvia Pinel, ministre du logement, et de son remplacement, Patrick Liébus espère s’être montré convaincant auprès de François Hollande quand il lui a demandé « d’être attentif à ce que le ministère du Logement, comme celui de l’Ecologie, reste un ministère de plein exercice, pour conserver, voire amplifier, leur complémentarité ».

A la sortie de l’entretien, Patrick Liébus a affirmé que le président de la République s’était montré particulièrement à l’écoute. Je veux croire le président Hollande lorsqu’il nous dit avoir entendu nos revendications et nous espérons vivement les retrouver dans les politiques que son gouvernement va conduire dans les mois qui viennent », a-t-il déclaré.

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