Environnement

France : l’environnement s’est dégradé depuis 1998, selon l’Ifen

Mots clés : Droit de l'environnement - Jurisprudence

Le retour d’une forte croissance en France entre 1998 et 2001 s’est soldé par une dégradation de l’environnement, selon le rapport 2002 de l’Institut français de l’environnement (Ifen) publié mercredi.
La France a retrouvé entre 1998 et 2001 des taux de croissance de l’ordre de 3 ou 4% au lieu de 2% ou moins dans le milieu des années 1990. Cette embellie a renforcé l’exigence des Français, comme le montre l’envolée de la demande de produits biologiques, mais s’est aussi traduite par une dégradation des milieux naturels.

Le transport routier de marchandise est par exemple passé d’un taux de croissance de moins de 2% en 1997 à 3,5% en 1998 puis 6% en 1999. Dans le transport aérien, les rythmes annuels ont dépassé les 7 à 8% avant l’effondrement qui a suivi les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.
Saturation des camions à travers les Pyrénées et les Alpes, hausse de la consommation d’emballages, augmentation des émissions de gaz carbonique, envolée des constructions sur le littoral: plusieurs indicateurs montrent que la croissance française, loin d’être « durable », se traduit au contraire par une dégradation de l’environnement.
Exemple: les quantités de déchets produites continuent de croître au même rythme que l’activité et la consommation, sans que l’on parvienne à les déconnecter.

Dans certains secteurs, l’Ifen note tout de même un « début de découplage entre l’activité économique et ses effets sur l’environnement ». Si l’air des villes n’est pas devenu irrespirable, c’est grâce au pot catalytique, à l’essence sans plomb et au durcissement des normes européennes sur les véhicules. Les émissions de monoxyde de carbone ont même baissé de 30% en cinq ans et les oxydes d’azote de 10%. Le plomb a quasiment disparu.
Dommage que ces efforts technologiques aient été effacés par l’augmentation du trafic. « Là ou les évolutions résultent d’abord de changements dans les comportements (…) les progrès apparaissent de manière beaucoup moins visibles », soulignent Philippe Crouzet et Jacques Thys dans leur introduction.

Les deux experts sont sévères: « Les problèmes majeurs auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés restent finalement très proches de ceux qui étaient déjà cruciaux au début des années 90 »: les questions liées à l’agriculture et l’alimentation, le problème des déchets et l’explosion des transports, dont le poids dans les émissions de gaz à effet de serre ne cesse de croître.
Ainsi, les gouvernements successifs ont jusqu’à présent été impuissants à maîtriser l’impact de l’agriculture intensive sur les sols, la qualité des eaux et la biodiversité. Une dizaine d’espèces d’oiseaux autrefois communes, comme l’alouette ou le moineau friquet, se font rares en France.
Le gouvernement socialiste a fait voter in extremis en première lecture une loi sur l’eau qui soumet les agriculteurs au principe « pollueur-payeur », mais le vote définitif risque d’être remis en cause par le nouveau gouvernement.

Or, près de 30% des eaux superficielles françaises sont de mauvaise ou très mauvaise qualité du fait des teneurs en nitrates (engrais, élevages, etc).
Le nombre de sites touchés par des phénomènes de « marée verte » sur le littoral breton (prolifération d’algues dues aux nitrates) a quasiment doublé depuis 1997.
L’Etat a d’ailleurs été condamné le 8 mars 2001 par la Cour de justice des communautés européennes pour n’avoir su veiller à la qualité des eaux en Bretagne.

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