Environnement

France GBC et HQE s’unissent pour notamment explorer l’empreinte carbone des bâtiments

Mots clés : Gestion et opérations immobilières - Haute Qualité Environnementale - HQE

Les deux associations ont annoncé leur rapprochement le 15 avril. La veille, elles planchaient sur la question du carbone dans l’immobilier.

France GBC et l’Association HQE ont annoncé le 15 avril par un communiqué leur prochain mariage. Ce rapprochement permettra aux deux entités de « joindre leurs forces afin de franchir une nouvelle étape au service du développement durable dans les métiers du bâtiment, de l’aménagement et des infrastructures. » Le projet de fusion sera présenté aux assemblées générales des deux associations courant avril et soumis au vote de leurs adhérents le 21 juin au cours d’assemblées générales extraordinaires.

Rappelons que France GBC est le réseau français de l’aménagement, du bâtiment et de l’immobilier durables. Créé fin 2010, il est le membre français du World Green Building Council, association  mondiale regroupant dans plus de 100 pays des professionnels engagés dans la construction durable. France GBC est tout particulièrement active sur les thématiques de la responsabilité sociétale des entreprises du secteur immobilier/construction et la construction durable abordable. Quant à l’Association HQE, elle est à l’origine de la plupart des outils d’évaluation de la qualité environnementale dans la construction, développés dans le cadre d’une démarche collaborative en réseau.

 

Quand le carbone s’invite dans l’immobilier

 

Une fois réunies, les deux associations bénéficieront de moyens renforcés au service des objectifs à atteindre tant en France qu’à l’international. Parmi leurs sujets d’intérêt  communs : la question du carbone dans la construction, notamment mis en évidence à l’occasion de la COP21. C’était le thème du dernier « petit-déjeuner de France GBC » organisé par l’association le 14 avril. La présidente de France GBC, Méka Brunel, y avait notamment invité… Anne-Sophie Perrissin-Fabert, directrice de l’Association HQE.  Les trois quarts des gaz à effet de serre, responsables du changement climatique, sont constitués par le CO2, a rappelé Stanislas Pottier, président de l’association BBCA pour le bâtiment bas carbone. Ce n’est pas le pire des gaz à effet de serre (GES), mais un de ceux qui se dissipent le plus lentement. Il est donc au cœur des préoccupations des politiques et, de plus en plus, des acteurs économiques. Emmanuel Acchiardi, sous-directeur de la qualité et du développement durable dans la construction au ministère de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer, note que 20 % des GES sont émis par les bâtiments, une part qui aurait tendance à augmenter avec la diminution des émanations d’autres secteurs économiques.

Le premier moyen de réduire les émissions de CO2 est de diminuer les consommations d’énergie. C’était l’objectif des réglementations thermiques successives, jusqu’à la RT 2012 qui aborde la consommation d’énergie dans le bâtiment au-delà des seuls aspects thermiques. Une fois actionné ce levier de l’énergie dans le bâtiment neuf en exploitation, il faut s’intéresser à la massification de la rénovation énergétique des bâtiments existants, puis penser aux énergies décarbonées – les énergies renouvelables –, et enfin envisager le bilan carbone des bâtiments sur tout leur cycle de vie, en prenant en compte l’énergie grise dépensée avant et pendant la construction du bâtiment, mais aussi le poids carbone des matériaux. Ce sera l’objectif de la prochaine réglementation, ni thermique, ni énergétique, mais environnementale.

 

Premiers ordres de grandeur

 

L’Association HQE travaille précisément à l’élaboration d’indicateurs pour mesurer le bilan carbone des ouvrages. Il existe bien l’analyse de cycle de vie (ACV), outil normalisé commun à tous les secteurs. Mais il faut encore harmoniser les méthodes de calcul dans la construction, utiliser les mêmes unités de surface, etc. L’association a appliqué l’ACV sur un panel de 150 bâtiments pour dégager des ordres de grandeur. On apprend ainsi qu’un bâtiment neuf RT 2012 dégage en moyenne 15 kg équivalent CO2 par m² shon par an dans l’hypothèse d’une durée de vie de 50 ans quand il s’agit d’une maison individuelle, 23 pour des logements collectifs et 20 pour des bureaux. Pour les bâtiments existants, ces chiffres grimpent à respectivement 83, 85 et 151 kgéqCO2/m²shon.an. Et après rénovation énergétique (niveau BBC Effinergie), une maison individuelle peut voir son bilan carbone réduit à 36 et un bâtiment de bureaux à 20 kgéqCO2/m²shon.an.

Le label BBCA, qui commence à être délivré à titre expérimental par Cerqual pour le logement collectif et Certivea pour le tertiaire, apportera d’autres retours d’expériences qui seront précieux pour élaborer la future réglementation.

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