Emploi / Formation

Formation : les employeurs du BTP partent à la conquête du BIM

Mots clés : Apprentissages - Entreprise du BTP - Logiciels - Outils d'aide

Dans un marché en pleine mutation, pouvoir compter sur des salariés aptes à travailler sur la maquette numérique représente un enjeu de taille. De nombreuses structures du BTP misent ainsi sur le développement interne des  compétences en matière de BIM.

Avec la montée en puissance du BIM, les employeurs du BTP doivent pouvoir compter sur des professionnels formés à cette nouvelle méthode de travail. « Il est impératif d’aller chercher des jeunes sortant de l’école avec un premier bagage BIM, qui vont ainsi exploiter au mieux la maquette numérique », illustre Pierre George, directeur des systèmes d’information chez Demathieu Bard. «La tendance, pour 2016 (1), va vers une généralisation de la demande de recours au BIM par le maître d’ouvrage, rebondit Yannick Luzik, référent BIM chez Ingerop. Or l’offre de formation initiale n’est, à ce jour, pas en adéquation avec nos besoins en matière de maquette numérique. Le type de compétences que possède la personne diplômée du mastère BIM (2) manque encore. » Et, à plus forte raison, les candidats forts d’une expérience significative en la matière. « Les ingénieurs capables de structurer les besoins des entreprises par rapport à leur problématique, de donner du sens représentent, à ce jour, une denrée rare, développe Denis Cassat, Chargé de Recrutement pour SNC-Lavalin Europe. Ce profil, déjà très recherché, va l’être de plus en plus. »

 

Des compétences sur la maquette numérique ne suffisent pas

 

Nombreux sont donc les entreprises et les bureaux d’études à miser sur la formation interne. SNC-Lavalin consacre ainsi 43% de son budget formation à la maquette numérique. 21% des collaborateurs du groupe seront en outre formés en 2016. Des compétences en BIM ne suffisent toutefois pas. « Nous recevons des CV de personnes formées au logiciel Revit, mais qui ne possèdent pas forcément les compétences techniques en fluides du bâtiment correspondant à nos contraintes d’installateur », pointe Cyril Pietrement, directeur ingénierie et développement durable de Balas, qui s’est ainsi lancé dans la formation interne sur le sujet. Anne Hoffer, Responsable des Ressources Humaines chez OTE ingénierie, rencontre la même difficulté. «Or, il est plus aisé de former après coup à l’outil, plutôt qu’à la technique. » OTE a par exemple recruté une ingénieure en Génie Climatique et Energétique qui a ensuite bénéficié d’une formation pour jouer le rôle de chef de projet en matière de maquette numérique. « Les recruteurs ne recherchent pas tous le « BIM manager », confirme Anaïs Mathy, Manager Exécutif immobilier construction chez Michael Page. La fonction est somme toute assez récente. Aussi, la mention de l’intitulé sur un CV est à considérer au cas par cas, au regard des compétences mobilisées précédemment dans le parcours. »

 

Diffuser une culture BIM en interne

 

Mais le BIM ne concerne pas seulement quelques équipes spécialisées. Avec la révolution numérique en marche, toute la filière des intervenants doit se familiariser avec cette méthode de travail. Chez Egis, en matière de maquette numérique,  la formation n’est en effet pas un expédient face à la rareté des compétences sur le marché, mais représente un axe stratégique de développement du BIM. « La priorité, pour nous, n’est pas tant de recruter des personnes ayant eu une formation initiale sur le  sujet, explique ainsi Frédéric Perin, son DRH. Nous misons davantage sur le développement interne des compétences, aussi large que possible. Ce à quoi nous faisons particulièrement attention dans les recrutements, ce sont les aptitudes personnelles de nos candidats, leur l’appétence pour les outils numériques. »

Le groupe a mis en place des modules sur le management de projet et sur les outils de modélisation du BIM, qui visent donc un public large. « Cette révolution numérique ne concerne pas seulement les chefs de projet : tous les collaborateurs doivent s’approprier une culture du BIM, appuie Frédéric Périn. L’ensemble des grands métiers de l’industrie a déjà fait sa mue : nous devons opérer cette  mutation sans tarder.»

(1) A partir du 1er avril 2016 et de la transposition de la directive marchés publics, les maîtres d’ouvrages publics pourront en effet imposer le BIM dans leurs consultations.

(2) Proposé depuis la rentrée 2014 par l’Ecole des Ponts ParisTech, l’Ecole spéciale des travaux publics (ESTP) et trois écoles d’architecture, le mastère BIM forme des « responsables de processus BIM ».

 

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