Etat et collectivités

Finances locales : collectivités et universitaires tablent sur l’innovation pour mieux et moins dépenser

Mots clés : ERP sans hébergement - Etat et collectivités locales - Innovations

Invités par l’Institut d’administration des entreprises de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, une centaine d’agents de collectivités se sont retrouvés le 15 mai à Pau (Pyrénées-Atlantiques) pour réfléchir à des pratiques et des outils innovants les aidant à dépenser mieux et moins. Pour l’universitaire David Carassus, initiateur du séminaire organisé par la toute nouvelle chaire Optima, c’est la réponse à un contexte contraint.

Concours de l’Etat en baisse, rigidité des dépenses, épargne brute en chute libre, péréquation remise en question, les collectivités vont prendre frontalement l’onde de choc du pacte de stabilité. Pour certaines, la réponse à ce contexte contraint est l’innovation. Elles ont d’ailleurs témoigné sur leurs pratiques lors du séminaire « Collectivités locales, comment faire mieux avec moins ? Innovons ! » organisé le 15 mai à Pau (Pyrénées-Atlantiques) par la chaire Optima attachée depuis début 2014 au centre de recherche en gestion (CREG) de l’Institut d’administration des entreprises (IAE) de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour.

« La chaire, conçue comme une interface entre l’université et les collectivités, est un observatoire sur l’innovation et le pilotage des collectivités. Sa mission est donc d’observer les pratiques, les analyser, les diffuser et aussi d’être force de propositions pour les accompagner dans le changement. Nous défendons l’idée que les solutions se trouvent à l’intérieur des collectivités et non plus à l’extérieur. En clair, elles ne peuvent plus jouer sur les leviers externes habituels que sont les dotations de l’Etat, les prêts des banques, la fiscalié », analyse David Carassus, maître de conférence en sciences de gestion à l’IAE et organisateur du colloque.

 

Quatre thématiques

 

Réunissant une centaine de personnes, agents des collectivités territoriales et chercheurs de l’université, venues de toute la France, ce premier séminaire a traité dans le cadre de quatre ateliers les témathiques suivantes :
•    L’innovation stratégique : l’influence des choix politiques sur le budget.
•    L’innovation organisationnelle : l’impact de la mutualisation des achats et des idées sur la baisse des dépenses.
•    L’innovation instrumentale ou comment les TIC permettent de moins dépenser.
•    La rénovation des services publics : l’influence d’une meilleure adéquation aux besoins sur le budget local.
« Ce ne sont pas des idées neuves. Mais ces quatre pans de l’innovation, complémentaires, doivent être ménés en même temps. Cela oblige les collectivités à se tourner plus vers l’extérieur. Une meilleure connaissance des besoins des usagers aura un impact sur les moyens. Cela conduit à se focaliser sur l’organisation de service public et sa qualité», estime David Carassus.

Optimiser les investissements

 

Défendant l’idée que « mieux acheter, c’est mieux gérer », Sylvie Darmoun-Herduin, directrice de la commande publique durable au conseil Général du Loiret, a ainsi présenté la centrale d’achat APPROLYS créée avec les conseils généraux d’Eure-et-Loir, du Loir-et-Cher et du Loiret. Présentée comme la « deuxième centrale d’achat publique de France par sa capacité d’achats » de 305 millions d’euros, elle est le fruit de l’union de trois centrale d’achats. Constituée sous forme de Groupement d’intérêt public, elle s’adresse aux communes et EPCI de la région soucieux de « promouvoir l’économie locale et les achats durables ».
Quant à Nadia Hamouda, responsable de la performance interne à la direction évaluation, performance et prospective à la Ville de Saint-Etienne, elle a montré le rôle du design dans la conduite de projets : « Nous avons l’ambition de créer un écosystème de l’innovation par les usages. Nous avons, par exemple, mis à disposition des conseils de quartiers des designers, qui oeuvrent comme assistant à maîtrise d’ouvrage. Cela va de la mise en valeur d’un délaissé urbain à la rénovation d’une école », a-t-elle raconté.
Enfin, Christophe Carayon, conseiller du président de la communauté de communes Maremne Adour Côte Sud, a présenté la toute nouvelle société publique locale créée pour optimiser les investissements numériques par une meilleure prise en compte des besoins des usagers : « Nous constatons une inadéquation entre les besoins et les réponses des opérateurs. L’objectif est d’arriver à de vrais partenariats publics privés et à plus de services partout avec moins de dépenses de fonctionnement », a-t-il insisté.
La réflexion engagée par la chaire Optima va se poursuivre. Un nouveau colloque sur le même thème est programmé le 14 mai 2015 à Pau.

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