Transport et infrastructures

Financement des infrastructures: « L’Etat doit se donner les moyens de ses ambitions », Bruno Cavagné, président de la FNTP

Mots clés : Fiscalité - Infrastructure de transports - Travaux publics

A la veille de la célébration des dix ans de la création de l’Agence de financement des infrastructures de transport de France (Afitf), le président de la FNTP Bruno Cavagné redit l’urgence qu’il y à trouver des financements qui soient à la hauteur des enjeux, alors que les travaux publics s’enfoncent toujours un peu plus dans la crise. Il demande a minima un maintien du budget de l’Afitf pour cette année, et une augmentation supplémentaire de 2 cts par litre de la taxe sur le diesel.

« L’Etat est de plus en plus schizophrène, ne cessant d’annoncer des projets d’investissement tout en manifestant une incapacité à s’en donner les moyens ». A la veille du dixième anniversaire de l’Afitf, qu’elle fêtera lors de son conseil d’administration du 25 juin, Bruno Cavagné, le président de la Fédération Nationale des Travaux Publics, sonne l’alarme face à des financements qui ne seraient pas à la hauteur des enjeux, alors même que le secteur des travaux publics « poursuit son décrochage dans l’économie française ».

Pour étayer sa démonstration, le président liste le nombre élevés de projets sur lesquels l’Etat s’est engagé: Contrats de plan Etat-régions, Canal Seine Nord Europe, tunnel Euralpin Lyon-Turin, transports en commun en site propre, projets du rapport Mobilité 21 (exemple : LGV Bordeaux-Toulouse) …De beaux et nombreux projets en perspectives oui, mais sans que les capacités de financement soient à la hauteur de cette ambition. « Les ressources actuelles de l’Afitf sont insuffisantes pour financer ces engagements, martèle Bruno Cavagné, et l’on apprend que l’Etat s’apprêterait à ponctionner 400 M€ de recettes issues de la taxe sur le diesel pour les réaffecter au budget général. « C’est incohérent et antiéconomique. Il est impératif d’affecter en 2016, a minima la totalité des recettes de TICPE (2 cts d’euros sur les véhicules diesel, 4 cts d’euros sur les poids lourds) votées en 2015 ».

Pour rappel, le dispositif voté pour le budget 2015 en remplacement des recettes qu’aurait dû générer feu le péage de transit poids lourds (successeur de l’écotaxe) prévoit que l’Afitf bénéficie de 800 millions d’euros au titre de la surtaxe de deux centimes sur le gazole (TICPE) sur les véhicules légers, auxquels s’ajoutent 400 millions d’euros  générés par la surtaxe de 4 centimes (2 centimes de TICPE et 2 centimes de Taxe carbone) sur le gazole ciblant les poids lourds.

Outre le maintien de la totalité des recettes de TICPE dans le budget de l’Afitf, le président de la FNTP a une autre demande. « Pour faire face à la montée en puissance du Tunnel Euralpin Lyon-Turin et le début du canal Seine Nord Europe, et sortir d’une vision court-termiste, il faut prévoir une augmentation de 2 centimes par litre de la TICPE sur le diesel ». Ainsi, »l’Etat ferait la preuve de sa volonté politique de relancer l’investissement, condition sine qua non de la reprise économique et de la baisse du chômage ».

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