Aménagement

Fin du débat public sur la ligne TGV Paris-Nice

A défaut de s’accorder sur le tracé, les habitants de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur souhaitent que la future liaison, envisagée à l’horizon 2020, s’accompagne « d’un vrai programme de développement du transport ferroviaire régional ». Telles sont les conclusions de la Commission nationale du débat public (CNDP), présentées vendredi à Marseille.

Les quatre mois et demi de débats, entre le 21 février et le 8 juillet, ont montré une attente « qui combine grande vitesse et vie quotidienne », a souligné Michel Croc, le représentant du maître d’ouvrage, Réseau ferré de France (RFF), au cours d’une conférence de presse.
Le projet devra prendre en compte le souhait des Provençaux d’avoir des gares TGV en centre-ville, et non « des gares AOC » perdues au milieu des vignobles, a déclaré le président de la CNDP, Yves Mansillon.
Sauf dans le centre du Var, le principe même de la création d’une ligne à grande vitesse n’a pas été remis en question, même si « des inquiétudes subsistent » a reconnu M. Mansillon.

En revanche, le clivage sur le tracé est apparu très nettement, tout au long des réunions, entre les habitants des Alpes-Maritimes et ceux des deux autres départements concernés, Var et Bouches-du-Rhône.
Les premiers souhaitent la ligne la plus courte possible pour « libérer la ligne littorale aux TER » (Trains express régionaux), selon la CNDP. Les seconds, situés à l’ouest de Draguignan (Var), penchent davantage pour une liaison améliorant la desserte entre Marseille, Aubagne et Toulon, en cessant de faire de la cité phocéenne un cul-de-sac.

La position définitive sur l’ensemble du projet que RFF devra arrêter pour le 8 décembre, soit trois mois après la publication du bilan du débat public, reposera sur « trois approches différentes », a précisé Philippe Marzolf, président de la Commission particulière du débat public (CPDP).

La première approche vise à privilégier la vitesse, pour mettre Nice à 3H35 de Paris, ce qui suppose de traverser des vignobles et de créer une gare nouvelle dans le Val-de-Durance.
La deuxième privilégie la desserte en chapelet des trois métropoles régionales, Marseille, Toulon et Nice.
La troisième vise à favoriser le maillage territorial, au besoin en rouvrant des lignes fermées, quitte à ce que la ligne ne soit pas à grande vitesse sur toute sa longueur. Le trajet Paris-Nice pourrait alors durer 3H55.

Dans le Var, premier département touristique de France et qui devrait être traversé de part en part, les viticulteurs sont montés au créneau par crainte que la ligne ne passe au milieu de terres agricoles et ne détruise des paysages naturels.
Dans d’autres endroits, des préoccupations environnementales sont apparues. « Le public comprend difficilement que RFF envisage des scénarios traversant des zones protégées » dont la plaine des Maures et des zones Natura 2000, souligne le compte-rendu de la CNDP. Des habitants redoutent de surcroît une arrivée massive de nouvelles populations, entraînant une pression foncière.
« C’est aussi la question de l’aménagement futur de la région et de son développement maîtrisé qui a été posé. Ce projet devra être exemplaire du point de vue de la préservation du cadre de vie des habitants, des paysages et des milieux naturels », a déclaré le président de RFF Jean-Pierre Duport, dans sa contribution.

Selon les options retenues, le coût du projet oscille entre 5,1 milliards d’euros et 8,5 mds EUR, financé pour partie par les collectivités locales qui devront sans doute « s’engager à financer plus que la seule LGV », souligne M. Croc, en allusion aux liaisons TER. Le ministre de Transports Dominique Perben tranchera en dernier ressort.
Annick GAZONNEAU

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