Entreprises de BTP

Fin des bâches publicitaires sur les monuments classés : pas tous d’accord

Mots clés : Conservation du patrimoine - Démarche environnementale - Matériel - Equipement de chantier

Alors qu’un amendement écologiste a été voté dans le cadre de la loi biodiversité qui met fin aux bâches publicitaires sur les échafaudages de monuments classés, le Groupement Français des Entreprises de restauration de Monuments Historiques (GMH), affilié à la FFB, s’insurge contre cette mesure. Son argument : l’affectation des recettes perçues au financement des travaux.

Où trouver la partie de financement affectée aux travaux de rénovation si l’amendement voté interdisant les bâches publicitaires qui fleurissent sur les échafaudages est maintenu, et alors même que les crédits accordés à ce secteur d’activité ne cessent de diminuer ? C’est bien là le problème de l’amendement qui a soulevé la réaction du Groupement Français des Entreprises de restauration de Monuments Historiques (GMH).
Rappel des faits : contre l’avis de la rapporteure Geneviève Gaillard (PS) et du gouvernement, les députés ont adopté, jeudi 19 mars, un amendement déposée par la député écologiste Laurence Abeille abrogeant un article du code du patrimoine qui prévoyait que l’autorité administrative chargée des monuments historiques pouvait autoriser l’installation de bâches publicitaires. L’article disposait aussi que les recettes perçues par le propriétaire du monument pour cet affichage étaient affectées au financement des travaux.

 

92 millions d’euros de travaux de restauration depuis 2007

 

Depuis 2007, date à laquelle un décret (modifiant le code du patrimoine) autorise les monuments historiques à recourir à cette source de revenus en cas de travaux extérieurs nécessitant la pose d’échafaudages, l’installation de bâches publicitaires génère, des recettes qui permettent de financer de 20 à 100% des travaux. « Grâce à ces bâches temporaires, 92 millions d’euros de travaux de restauration ont pu être réalisés générant 1,6 million d’heures de travail « non délocalisables » pour des compagnons spécialisés », rappelle le GMH dans un communiqué du 23 mars.  En effet, les recettes récupérées par les monuments historiques peuvent s’avérer conséquentes. Le quotidien Le Monde indiquait l’année dernière que la campagne d’Apple sur le Palais de justice avait généré 103 000 euros en mai et selon le Figaro, la vente d’espaces publicitaires pendant les deux années de la rénovation de la Conciergerie à Paris avait rapporté à l’Etat près de 2 millions d’euros.

 

Suppression d’emplois et perte de savoir-faire

 

Egratignant au passage le faible nombre de députés présents « 28 » lors du vote, le GMH rappelle que « le patrimoine hexagonal est en péril et, faute de moyens, l’État diminue depuis des années les crédits accordés à ce secteur d’activité. Or ces monuments participent à l’attractivité touristique du territoire avec 147 000 emplois et 8 milliards d’euros de retombées économiques ». L’autre argument avancé et non des moindres pour le maintien des bâches publicitaires porte sur l’activité elle-même : « ces deux dernières années, le secteur des monuments historiques a perdu 350 emplois et 200 apprentis, entraînant par là-même un risque de perte des savoir-faire hautement qualifiés ».
« Nous avons besoin de tous les financements possibles afin de faire perdurer à la fois nos compétences, nos emplois et nos monuments. C’est pourquoi, le GMH demande expressément le maintien de ce dispositif », conclut son président Didier Durand.

 

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