Transport et infrastructures

Feu vert pour la LGV vers Toulouse et l’Espagne

Mots clés : Gouvernement - Transport ferroviaire

Le secrétaire d’Etat aux transports Alain Vidalies a indiqué aux présidents de région Aquitaine et Midi-Pyrénées que la DUP pour le Grand projet ferroviaire du sud-ouest, Bordeaux-Dax et Bordeaux-Toulouse, devrait être signée dans prochains jours.

C’est sur twitter qu’Alain Rousset (@al_rousset), président de la région Aquitaine, et par voie de presse que le président de Midi-Pyrénées, ont communiqué samedi 26 septembre en fin d’après-midi, le prochain feu vert du gouvernement de la LGV vers Toulouse et l’Espagne. Une accélération du tempo, puisque le gouvernement disposait de 18 mois après le dépôt du dossier (en mars dernier) contenant notamment l’avis de la commission d’enquête, qui était négatif.

L’inquiétude des régions Midi-Pyrénées et Aquitaine n’était pas feinte, car en ces temps de rigueur budgétaire annoncée et assumée par le Gouvernement, on attendait plutôt une décision reportée et un projet repoussé de quelques années.

Rappelons que la déclaration d’utilité publique (DUP) porte sur les deux prolongements de la ligne actuellement en construction Tours-Bordeaux. La commission d’enquête présidée par Daniel Maguerez avait le 30 mars dernier émis un avis négatif, «n’ayant pas décelé l’expression d’un véritable besoin de lignes à grande vitesse dans le Sud-Ouest», jugeant «la rentabilité socio-économique insuffisante» et mettant en cause le financement incertain, au vu des freins mis sur celui de la LGV Tours Bordeaux: « De nombreuses collectivités territoriales ne respectent déjà pas leurs engagements pour le financement de la LGV Tours-Bordeaux. Compte tenu de la réduction de la dotation de l’Etat aux régions, de la remise en cause de la clause de compétence générale, la confiance dans ce type de financement pour le GPSO/LN est largement entamée».

La réaction des maires de Bordeaux (Alain Juppé) et Toulouse (Jean-Luc Moudenc) et des deux présidents de régions concernés, Alain Rousset et Martin Malvy fut immédiate: le 31 mars, au lendemain de la remise de l’avis, ils demandaient audience au secrétaire d’Etat aux transports Alain Vidalies, pour rappeler l’Etat à ses engagements. «En 2008 nous avons bouclé avec le Gouvernement de François Fillon, Dominique Bussereau puis Jean-Louis Borloo le dossier GPSO: Tours-Bordeaux, Bordeaux-Toulouse, Bordeaux-Dax. L’Etat s’est alors engagé, nous aussi, sur un projet dont il a toujours été spécifié qu’il constituait un tout… Si des modifications doivent être apportées au projet, le Gouvernement devra le décider. Cela relève de sa responsabilité. Mais Toulouse et Midi-Pyrénées ne peuvent pas demeurer à l’écart d’un réseau national et européen à grande vitesse…» écrivait alors Martin Malvy (voir nos éditions du 31 mars).

 

Un décret attendu pour les jours prochains

 

Bien que pour l’instant, le décret ne soit pas encore signé, les deux présidents de région en ont eu l’assurance par Alain Vidalies. Alain Rousset pouvait ainsi l’annoncer à la fête de la rose dans les Landes, aux côtés d’Henri Emmanuelli, président du conseil départemental des Landes farouche défenseur du projet, qui doit dans un premier temps relier Bordeaux à Dax. Alain Rousset de déclarer: «C’est une excellente nouvelle pour le sud de l’Aquitaine et pour la future grande région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes dont la LGV Paris-Dax sera l’épine dorsale. A quelques semaines de la COP21, le Gouvernement donne un signe fort aux élus du grand Sud-Ouest qui n’ont pas cessé d’expliquer que leur territoire ne devait pas demeurer abandonné par la grande vitesse ferroviaire. La LGV est indispensable à la compétitivité des territoires, à celle des entreprises, à l’industrie touristique et à la création d’emplois, tout en étant le mode de transport le plus efficace pour concurrencer la route et lutter contre les émissions de gaz à effet de serre et la pollution atmosphérique.»

Dans le même registre, mais également confiant dans la pérennité de l’engagement de l’Etat, Martin Malvy qui avait joint le secrétaire d’Etat au téléphone dans la matinée a déclaré: «c’est la décision que nous espérions. Les étapes se franchissent les unes après les autres au rythme sur lequel nous nous sommes mis d’accord. François Hollande lui-même avait annoncé en Midi-Pyrénées que la décision du Gouvernement serait prise à la fin de l’été. Si nous ne lâchons rien, si la même détermination se poursuit, Toulouse peut être dans 4 ans à 3h15 de Paris. Comme Nîmes ou Montpellier le sont aujourd’hui. C’est une condition majeure à la poursuite de notre développement et à la diversification de l’emploi. L’étape franchie aujourd’hui est l’une des plus importantes de toutes celles que nous avons dû surmonter. GPSO, notre projet, est le seul qu’en responsabilité budgétaire le Gouvernement ait décidé de poursuivre dans les années qui viennent. C’est un élément supplémentaire en faveur de sa réalisation».

Sans doute la continuité du grand projet de GPSO doit aussi au calendrier électoral: l’avis défavorable de la commission d’enquête avait été rendu public juste après les élections départementales, le 30 mars dernier, et c’est donc après 6 mois seulement, sur les 18 possibles, que le gouvernement prend sa décision, à quelques semaines des élections régionales. Les récents déplacements du premier ministre à La Rochelle, pour l’université d’été du PS, et en Ariège, pour la signature des contrats de ville (voir nos éditions…) ont certainement compté. Rien de tel qu’un contact sur le «terrain» pour prendre la température des sujets qui demandent un arbitrage prioritaire.

 

Focus

Qu’est ce que le GPSO ?

Le Grand Projet ferroviaire du Sud-Ouest comprend plusieurs éléments imbriqués: la création d’une ligne ferroviaire nouvelle à grande vitesse en deux branches, Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax. Cette dernière permettant un prolongement ultérieur vers la frontière espagnole.

Le second élément n’est pas une ligne nouvelle mais la réalisation des connexions et aménagements ferroviaires de la ligne existante au sud de Bordeaux et au nord de Toulouse.

Le programme d’ensemble du GPSO a été acté par une première décision ministérielle du 30 mars 2012, puis, suite aux travaux de la Commission Mobilité 21, par une décision ministérielle du 23 octobre 2013.

Cette dernière a acté un schéma de réalisation du GPSO en deux phases: Bordeaux/Toulouse et Bordeaux/Dax dans une première phase puis Dax/Espagne dans une seconde phase. La DUP que signerait prochainement le gouvernement porte donc sur la première phase de GPSO, les lignes vers Toulouse et Dax.

 

1/ Ligne nouvelle Bordeaux-Toulouse

Longue de 222 km, dont 55 km de tronc commun avec la ligne nouvelle Bordeaux-Espagne, la ligne nouvelle Bordeaux-Toulouse doit desservir les nouvelles gares d’Agen et de Montauban. Elle mettra Toulouse, quatrième ville de France, à 3h10 de Paris. Objectif de réalisation: 2022.

Chiffres clés:

1h05: temps de trajet Bordeaux-Toulouse

3h10: temps de trajet Paris-Toulouse

320 km/h: vitesse commerciale

2 gares nouvelles: Agen, Montauban

167 km de ligne nouvelle entre Bernos-Beaulac (Sud Gironde) et Saint-Jory (au nord de Toulouse)

55 km de tronc commun entre Saint-Médard-d’Eyrans et Bernos-Beaulac (Sud Gironde)

 

2/ Ligne nouvelle Bordeaux-Dax (Landes) puis vers l’Espagne

La ligne nouvelle Bordeaux-Dax, longue de 160km, dont 55 km de tronc commun avec la ligne Bordeaux-Toulouse, constitue le premier maillon de la future connexion du réseau ferré français au réseau espagnol (vers Valladolid et Madrid), corridor européen prioritaire. Elle annonce un gain de temps de 20 minutes sur les liaisons existantes. Objectif de réalisation: 2027.

Chiffres clés:

1h15: temps de trajet Bordeaux-Bayonne

3h25: temps de trajet Paris-Bayonne

320 km/h: vitesse maximale

1 gare nouvelle: Mont-de-Marsan

1 gare existante desservie: Dax

1 halte ferroviaire destinée aux Services régionaux à Grande Vitesse (SRGV) en Sud Gironde

105 km de ligne nouvelle entre Saint-Médard-d’Eyrans et Dax

55 km de tronc commun entre Bègles et Saint-Médard-d’Eyrans.

 

3/ Liaison future: Dax-Espagne

La ligne nouvelle Dax-Espagne, longue de 91 km, est présentée comme une solution au flux de camions qui franchissent chaque année la frontière à Biriatou ( 3 millions en 2010). Elle se pose également comme prolongement du GPSO vers le nouveau réseau à grande vitesse espagnole. Objectif de réalisation: 2032.

Chiffres-clés:

1h05: temps de trajet Bordeaux-Bayonne

3h15: temps de trajet Paris-Bayonne

220 km/h entre Dax et la frontière espagnole (ligne mixte voyageurs/fret)

1 gare existante desservie: Bayonne

1 halte ferroviaire destinée aux Services régionaux à Grande Vitesse (SRGV) Côte landaise

91 km de ligne nouvelle entre Dax et la frontière espagnole

 

Rappelons que GPSO s’inscrit dans les priorités nationales et européennes des transports. Il s’insère dans le développement ferroviaire du Grand Sud-Ouest, intitulé Sud Europe Atlantique (SEA), défini dans la déclaration d’intention du 25 janvier 2007, comme un ensemble cohérent composé de trois branches: Tours-Bordeaux, Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Espagne, et Poitiers-Limoges. Il figure également dans le Réseau TransEuropéen de Transport fixé par l’Union européenne (RTE-T, décembre 2013), l’axe Bordeaux-Espagne étant une composante du corridor prioritaire Atlantique.

 

 

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