Paysage

Eze achève son jardin exotique, entre Nice et Monaco

Mots clés : Rénovation d'ouvrage

Une facette zen enrichira le jardin exotique municipal d’Eze (Alpes Maritimes), à l’issue du chantier en cours jusqu’au début de l’été. Jean Mus, auteur des aménagements livrés en 2014 au nord de l’emprise qui totalise plus de 7000 m2, a dessiné cette seconde extension qui parachève l’œuvre engagée en 1949 par Jean Gastaud, créateur du jardin exotique de Monaco.

« Il reste une cinquantaine d’opérations d’hélitreuillage, sur un total de 200 », calcule Stéphane Cassus, chef du service municipal des espaces verts d’Eze, village perché sur son piton à 400 m au-dessus de la mer, à mi-chemin entre Nice et Monaco. Sous nos pieds, à côté du malaxeur qui tourne en ronronnant, l’éventail de poutres porteuses de la future pergola surplombe l’eau plus bleue que jamais, lavée par la pluie des derniers jours et par la brise vivifiante de ce matin du 28 avril.

 

Avant le mitage

 

Vers l’Ouest, la mer se dispute avec la terre dans une succession d’avancées boisées : le cap Ferrat, le mont Boron (quartier chic de Nice), le cap d’Antibes et enfin les massifs des Maures et de l’Esterel pour la terre ; le port d’Eze, la rade de Villefranche et la baie des Anges pour la mer…   « La plus belle vue sur la Côte d’Azur », affirme Stéphane Cassus, et comment le contredire ? Le classement du village et la non constructibilité des coteaux environnants restituent ici l’ambiance d’avant l’ère du mitage urbain, gangrène du littoral méditerranéen.

 

Silhouettes féminines

 

Pourtant, une tache claire se dessine sur le flanc de la montagne d’en face : adossé à la Moyenne corniche qui serpente vers Nice, un délaissé sert d’héliport, inactif ce matin. Au centre de cette tache, l’œil exercé identifie une pelleteuse dans le point rouge. Sur ce site, l’hélicoptère vient périodiquement charger sa cargaison de 40 big bags, pour alimenter les trois entreprises mobilisées par la commune : Nativi construit l’escalier et le belvédère ; SME se charge de l’électricité, et Arrodel de l’arrosage. A l’issue du chantier de 280 000 euros, des fougères arborescentes se développeront le long de la cascade qui alimentera le bassin tapissé de nénuphars. Les visiteurs le traverseront par des pas japonais, avant de se reposer sur les bancs du belvédère, rafraîchis par les brumisateurs, en contemplant les silhouettes féminines sculptées par Jean-Philippe Richard dans un ocre clair qui se détache sur le bleu de l’arrière-plan.

 

Entre l’aile sud originelle, brûlée de soleil et dédiée aux plantes grasses, et l’aile nord, créée en 2014 dans les replis humides et ombragés du rocher, la nouvelle extension apportera une synthèse gorgée d’eau et de lumière.

 

Faux rochers

 

Dernier acte du chantier qui doit s’achever fin juin, le camouflage du transformateur électrique d’EDF, en contrebas de la nouvelle extension de 900 m2, a alimenté une discussion entre anciens et modernes : à la structure inox étudiée dans l’idée d’une affirmation contemporaine de l’intégration au site, les élus ont préféré la solution des faux rochers escamotables. Ce choix ne devrait pas perturber les foules toujours plus denses : depuis son arrivée en 2012 après une première vie professionnelle d’entrepreneur de travaux paysagers en Seine-et-Marne, Stéphane Cassus a vu doubler le nombre de visiteurs, qui a franchi la barre des 200 000 par an, assurant à la commune une recette d’1 million d’euros, pour un coût de fonctionnement de 250 000 euros. « Une poule aux œufs d’or », reconnaît Frédéric Billy, directeur des services.

 

Or vert

 

 

En procès contre l’Etat qui exige de soumettre à la TVA les droits d’entrée de 6 euros par visiteur adulte, la municipalité a réagi cette année par la création d’un budget annexe. Le succès commercial récompense un choix politique atypique : aux entreprises privées qui entretenaient le jardin, la commune a substitué en 2013 le service d’espaces verts de six personnes. L’attention quotidienne de l’équipe dirigée par Stéphane Cassus se ressent sur la santé et la diversité des végétaux : la collection ne cesse de s’enrichir, sur un substrat régulièrement renouvelé, à raison d’1/3 de terre sableuse, 1/3 de terreau de feuilles et 1/3 de pouzzolane. Deux à trois fertilisations annuelles complètent le traitement : « La floraison printanière s’améliore d’année en année », constate le chef du service.

 

Arrosage automatique

 

Après l’achèvement du jardin créé après-guerre, ce dernier songe désormais aux réhabilitations nécessaires pour renforcer l’étanchéité des premiers aménagements. La priorité aux économies d’eau se traduira cet été par la mise en place d’une installation pilote d’arrosage automatique, avec le soutien de l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée Corse.

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