Culture

Exposition «Re-Architecture»: architecture nouvelle génération au Pavillon de l’Arsenal

Mots clés : Architecture - Maison individuelle

Jusque fin août 2012, le Pavillon de l’Arsenal présente  l’exposition «Re-Architecture, re-cycler, ré-utiliser, ré-investir, re-construire». L’originalité des travaux exposés ? Ils renouvellent les codes de la commande publique en osant des interventions spontanées, éphémères et participatives.

Ils sont Français, Britanniques ou Néerlandais, jeunes ou moins jeunes, souvent architectes, mais aussi graphistes, artistes ou jardiniers de formation. Le point commun des quinze équipes dont le travail est exposé au Pavillon de l’Arsenal  est la conviction qu’une autre manière de faire la ville est possible. Et celle-ci est avant tout participative. Le premier projet, «Passage 56» de AAA (Association d’Architecture Autogérée) donne le la. Les habitants ont décidé ensemble du devenir de ce passage du XXème arrondissement de Paris, fermé depuis les années 1980. «L’évolution de la perception des lieux a été très riche, explique Doina Petrescu, membre de AAA. Au départ, les gens étaient réticents à l’idée de faire quelque chose. Maintenant, ils enjambent les fenêtres pour se retrouver !»

 

 

La plupart des projets ont valeur de manifeste. «Faire la ville, ce n’est pas appliquer des programmes qui viennent d’en haut. La ville doit être construite par les habitants», déclare Pierre, du collectif ETC. Ils prennent donc l’initiative, en repérant des lieux où s’exprimeront les citoyens, et en les aidant à «co-construire» un projet: espace public, habitat, ou tout simplement une vision pour leur quartier. Les «ateliers d’urbanisme utopique» organisés par Le Bruit du Frigo ont ainsi permis d’identifier plusieurs sites, dans le quartier de la Benauge à Bordeaux, où tester des projets imaginés par les habitants.

 

 

Cette démarche conduit naturellement les équipes à s’intéresser à des espaces délaissés. Le collectif londonien veut reconvertir des stations-services désaffectées, tandis que les Berlinois Raumlabor ont ouvert un opéra dans une ancienne station de métro. Adeptes de l’expérimentation, les collectifs bouleversent les schémas classiques de la commande publique. Ils privilégient l’auto-commande et des modes de financements alternatifs. La passerelle de «ZUS» à Rotterdam a été financée en partie par des particuliers, dont le nom  figure sur l’ouvrage. Une autre récurrence : accepter et jouer avec l’éphémère. «La fabrique d’un lieu, c’est aussi créer des moments» commente une architecte de DUS Architects, à qui l’on doit la construction d’un hôtel où l’on peut loger gratuitement, à condition d’organiser un évènement sur la place publique. De son côté, ETC a profité du projet de renouvellement urbain de Châteaucreux à Saint-Etienne pour investir un angle de rue mort, et le transformer en espace convivial construit par les voisins et passants.

 

 

D’une filiation incertaine à une filière en plein essor

 

Education populaire, squats berlinois, utopies urbaines… Les références des collectifs sont multiples. Certains jeunes français trouvent en le Bruit du Frigo (collectif bordelais de Gabi Farage et Yvan Detraz) un «tonton» inspirateur. La plupart se connaissaient et se nourrissent les uns les autres. ETC fait en ce moment son «détour de France», pour rendre visite aux collectifs parents et développer des projets avec eux. Les principes revendiqués sont égrenés en mini-manifestes sur les panneaux de l’exposition. Six «témoins», grands noms de l’architecture, de l’urbanisme, de la culture comme Jean Blaise, Didier Fusillier ou Maud Le Floc’h commentent sur grand écran le travail de cette nouvelle génération. D’autres visiteurs semblent conquis: «J’adhère totalement à ces démarches. Lorsque des procédures classiques prendraient trois ou quatre ans à se déclencher, ces interventions transforment un lieu dans l’immédiateté, en des démarches très participatives », éclaire Dominique Alba, directrice de l’APUR (Atelier Parisien d’Urbanisme). Ces interventions jugées hier fantasques sont sûrement appelées à se développer, tant elles s’accommodent bien des enjeux urbains – en matière d’écologie, de recherche de nouvelles formes de sociabilité ou de reconquête d’espaces.

Exposition au Pavillon de l’Arsenal , du 12 avril au 31 août 2012.

 

Focus

Les quinze collectifs exposés.

AAA, Atelier d’architecture autogérée (Paris)

André Jacque Architects (Madrid)

Assemble (Londres)

Bruit du Frigo (Bordeaux)

Collectif ETC (Strasbourg)

Coloco (Paris)

DUS Architects (Amsterdam)

Ecosistema Urbano (Madrid)

Exyzt (Paris)

MUF Architecture/Art (Londres)

Practice Architecture (Londres)

Raumlabor (Berlin)

Rotor (Bruxelles)

ZUS (Zones Urbaines Sensibles) (Rotterdam)

1024 Architecture (Paris).

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