Culture

Exposition : quand l’Arsenal était une île

Mots clés : Architecture

Jusqu’à l’automne, le centre d’urbanisme et d’architecture parisien du Pavillon de l’Arsenal offre un agréable moment de découverte des « Îles de la Seine » et de leurs caractères si divers. Une jolie exposition en forme de livre de géographie et d’histoires, à mettre entre les mains de tous les publics.

En 1879, le marchand de bois Laurent-Louis Borniche se faisait construire une halle pour conserver sa collection d’art, le lieu qui abrite aujourd’hui le centre d’exposition du Pavillon de l’Arsenal, dans le IVe arrondissement de Paris… mais quelque quarante années plutôt, ce terrain-là était encore une île. Ce bout de terre isolée de la rive droite par un bras de la Seine et nommée l’île Louviers avait longuement servi au stockage du bois. Ce souvenir lointain est peut-être ce qui a motivé l’institution parisienne dédiée à l’urbanisme et l’architecture à larguer les amarres pour l’été et à naviguer sur le fleuve, à la découverte du chapelet des îles qui s’y égrène.

Jusqu’au 2 octobre, l’exposition « Îles de la Seine » se visite comme une croisière de Nogent-sur-Seine, dans l’Aube, jusqu’à Rouen, en Seine-Maritime. On y fait étape sur 32 rivages et sans jamais se lasser tant ces territoires sont incroyablement divers : de l’île et sauvage parfois même interdite, telle l’île Corbière, à la si bien nommée et civilisée île de la Cité, siège de tous les pouvoirs ; d’îles disparues à la citadelle industrieuse de l’île Seguin ; de la prison cernée d’eau de l’île Saint-Etienne, à Melun, aux havres de paix et de villégiature, couverts de pavillons cossus. L’exposition, tout comme son catalogue, se déchiffre comme un atlas et se goûte comme un livre d’histoires.

Ainsi, ces petits mondes que décrit la commissaire scientifique invitée, l’architecte Milena Charbit, sont peuplés de personnages pittoresques et parfois fantasques qu’il s’agisse du Roi-Soleil et sa collection adorée de cygnes, sur l’île éponyme, des scaphandriers de l’Île-Saint-Denis ou bien de cet oncle et son neveu, tous deux artistes, qui transformèrent une île déserte en un studio de photographie au grand air, où ils pouvaient à loisir immortaliser des naïades fort peu vêtues. Sans oublier la maîtresse d’Emile Zola en son chalet de l’île du Platais. C’est aussi sur cette île des Yvelines que, plus tard, on s’adonna pour la première fois au naturisme en France dans un domaine baptisé Physiopolis… et qui servit de modèle à l’illustrateur Jean de Brunhoff pour créer Célesteville, la cité de « Babar ». Autant d’anecdotes qui font de l’exposition « Îles de la Seine » une somme de petites joies. Un instant de légèreté grandement recommandé pour tous les publics.

 

 

« Îles de la Seine » au Pavillon de l’Arsenal jusqu’au 2 octobre. Entrée libre. 21 boulevard Morland, Paris IVe. www.pavillon-arsenal.com. L’exposition s’accompagne d’une programmation estivale destinée notamment aux enfants des centres de loisirs et aux familles, notamment grâce à la tenue d’ateliers « chasse au trésor ».

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