Culture

Exposition : à Chandigarh, Le Corbusier en couleurs

Mots clés : Architecture - Conservation du patrimoine

A l’occasion du cinquantenaire de la mort de l’architecte, la Cité de l’architecture et du patrimoine transporte le public jusqu’en Inde, sous les frondaisons de la capitale du Pendjab construite à partir des années 1950. Au-delà de la conception architecturale de cette ville moderne, l’exposition raconte, en images, quelle ville bien vivante est devenu Chandigarh.

Le 27 février 1951, Le Corbusier écrit à Yvonne, sa femme, que « Chandigarh sera la ville d’arbres, de fleurs et d’eau, de maisons aussi simples que celles du temps d’Homère et de quelques splendides édifices du plus haut modernisme où régnera la règle mathématique. » (*) L’année précédente, l’architecte a en effet accepté de devenir le conseiller du gouvernement du nouvel état indien du Pendjab pour la création de sa capitale. L’Inde, forte de sa récente indépendance, rêve alors cette ville comme un symbole de sa démocratie et de son modernisme. Mais qu’est Chandigarh devenu, 62 années après son inauguration et 50 ans après la mort de Le Corbusier ?

 

Le quotidien de la ville

 

Pour marquer à sa façon cette année de commémoration, la Cité de l’architecture et du patrimoine, à Paris, propose au public de découvrir, jusqu’au 29 février prochain, ce projet urbain, unique exemple d’une opération de grande ampleur menée par l’architecte. Surtout au-delà de l’œuvre et de sa conception, représentées par des plans originaux, des maquettes et des images sépia, l’exposition « Chandigarh, 50 ans après Le Corbusier » permet de plonger dans le quotidien de la ville aujourd’hui, grâce aux films du documentariste Christian Barani et aux sons capturés par le musicien Bertrand Gauguet.

« Nous souhaitions parler de Chandigarh au grand public et pour cela, nous avons choisi de transformer le visiteur en flâneur », explique l’architecte et enseignant Thierry Mandoul, qui assure le commissariat de l’exposition avec ses confrères Enrico Chapel et Rémi Papillault. De la même manière qu’on ne sait jamais tout d’une ville en s’y promenant pour la première fois, « il n’est pas possible de tout voir dans cette exposition puisque plus de huit heures de films y sont projetées. Elles rendent bien compte de l’immensité de Chandigarh, poursuit Thierry Mandoul. Les visiteurs n’en ressortiront donc pas avec une vision d’ensemble mais avec des impressions ».

 

« Harmonie, sagesse, humanité »

 

Et la première d’entre-elles est que Chandigarh, en 2015, est une ville bien vivante. Dans le sillage de Christian Barani, on pénètre dans les maisons dessinées par Le Corbusier et ceux qui l’ont accompagné dans ce projet, dont son cousin Pierre Jeanneret et les Britanniques Maxwell Fry et Jane Drew. On se promène aussi dans les parcs de cette cité luxuriante, résultat du plan d’arborisation qui a été porté par le botaniste Mohinder Singh Randhawa, et l’on circule sur les autoroutes ou les chemins piétonniers d’un réseau de voirie qui a été dimensionné par le Modulor. Enfin, on visite, bien sûr, les édifices les plus emblématiques du Capitole qui demeure aujourd’hui encore comme une synthèse de tout l’art de Le Corbusier.

« Chandigarh est une ville extraordinaire », assure Thierry Mandoul qui souligne le bilan globalement positif de ce grand chantier qui s’est poursuivi au-delà de la mort de son architecte-conseil. Le Corbusier disait vouloir cette capitale comme une « œuvre d’harmonie, de sagesse, d’humanité » (*). Les Indiens, aujourd’hui, la considèrent comme l’une des villes les plus agréables du pays. A mille lieues des mégapoles étouffantes, Chandigarh a même la réputation d’être « La Suisse de l’Inde ».

 

(*) Cité dans l’ouvrage « Le Corbusier – Construire la vie moderne », de Guillemette Morel Journel. Editions du Patrimoine/Centre des monuments nationaux, 2015.

Exposition « Chandigarh, 50 ans après le Corbusier – le devenir indien d’une ville moderne », jusqu’au 29 février à la Cité de l’architecture et du patrimoine, au palais de Chaillot, à Paris, XVIe. www.citechaillot.fr

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