Construction Numérique

Exploiter les bâtiments grâce au BIM : un kit pour aider les maîtres d’ouvrage

Mots clés : Conception - Logiciels - Outils d'aide - Management

Les maîtres d’ouvrage se penchent de plus en plus sur les avantages de la maquette numérique dans le cadre de l’exploitation des bâtiments, qui représente 75 % de leur coût global. Un kit vient tout juste d’être élaboré pour les y aider.

Il y a à peine trois ans, la maquette numérique pour la conception était au centre des interrogations. « Aujourd’hui, le Building information modeling (BIM) en exploitation connaît hui une véritable explosion », constate Benoît Vervandier, directeur général d’Archimen, société d’ingénierie spécialisée dans la gestion de patrimoine en BIM.

Les maîtres d’ouvrage s’intéressent donc désormais à la sur la pertinence de ce processus. Quel est l’intérêt de recourir à la maquette numérique tout au long de la vie du bâtiment ? Utiliser le BIM est-il redondant avec une gestion de maintenance assistée par ordinateur (GMAO) ? Quels sont les prérequis nécessaires pour utiliser le BIM en facility management ? Comment maximiser le retour sur investissement ?

C’est pour apporter des réponses à ces questions que la Fédération des services énergie environnement (Fedene) (1) et Syntec-Ingénierie ont mis au point un kit BIM pour l’exploitation. Ce document prend la forme d’un fichier Excel et référence par famille les équipements d’un immeuble. « Les éléments en lien avec le chauffage, la ventilation, la climatisation, l’électricité et la plomberie sont prêts dans cette première version qui ne demande qu’à évoluer », indique Eric Lamendour, directeur du BIM et des solutions digitales chez Engie, à l’origine de la démarche du kit. « Pour chaque famille d’équipement, on trouve l’ensemble des attributs nécessaires afin d’obtenir la quintessence de l’exploitation grâce au BIM », poursuit-il. Si ce kit est pensé avant tout pour les bâtiments tertiaires, il est adaptable aux logements, aux équipements scolaires, etc.

 

Intégrer l’exploitant dans la définition des objectifs

 

Le kit BIM exploitation s’accompagne d’une brochure de présentation à destination des maîtres d’ouvrage. Parmi les points essentiels à retenir, on note :

– La formalisation précise des besoins et des attentes à travers un cahier des charges spécifique. En particulier, les données relatives aux zones, aux surfaces, aux équipements, aux réseaux et aux systèmes doivent être disponibles dans la maquette numérique du bâtiment.

– L’exploitant du bâtiment doit être intégré très tôt dans l’élaboration de la maquette numérique en vue du facility management du site.

– Enfin, en termes de préconisations opérationnelles, le kit BIM exploitation recommande l’utilisation du format IFC (Industrie fondation class) pour l’échange des données et une classification des éléments qui respecte la codification Uniformat II. Cette codification hiérarchise chaque objet de la maquette dans un ensemble fonctionnel. Par exemple les aménagements intérieurs se divisent en catégories comme les constructions intérieures, les escaliers et les finitions intérieures. Cette dernière catégorie s’organise ensuite entre finitions de murs, de planchers et de plafonds.

 

Accès facilité aux données

 

La brochure présente également plusieurs retours d’expérience en matière d’exploitation en BIM, dont la gestion de l’immeuble de Thales à Vélizy-Villacoublay par Vinci Facilities, lauréat du BIM d’Or 2016. David Ernest, directeur de l’innovation chez Vinci Facilities qui a participé à la rédaction du kit BIM exploitation, témoigne : « Les premiers retours d’expérience ont démontré la capacité à générer des gains en exploitation : accès facilités à la donnée, guidage des techniciens vers le lieu de l’intervention, réduction de la gêne occasionnée pendant l’intervention…. Tout est plus fluide ».

L’exploitation des bâtiments grâce au BIM doit permettre de mieux connaître l’ouvrage tout au long de sa vie, grâce à des données précises, fiables et surtout correctement mises à jour. C’est tout l’enjeu du BIM en exploitation, qui doit à présent faire l’objet d’une normalisation. Un premier groupe de travail au sein du collège exploitation de Mediaconstruct a été lancé et va travailler en ce sens.

Pour en savoir davantage sur le BIM en exploitation, rendez-vous sur la conférence Meeting BIM qui se tiendra à Paris les 8 et 9 novembre prochains.

(1) La Fédène regroupe six syndicats, dont celui du Pilotage et de la mesure de la performance énergétique (Sypim) et le Syndicat professionnel des entreprises de multiservice immobilier et de facilities management (Sypemi) qui ont tous les deux œuvré à la rédaction du kit BIM exploitation.

 

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  • - Le
    #BIM = #travail #collaboratif à tous les niveaux, lors de toutes les phases
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  • - Le

    réaction au commentaire de F Joos

    Bonjour, Il est effectivement important que le MOA puisse lister ses besoins. A mon sens, c’est simple si on liste les besoins existants dans un premier temps, « de quelles données j’ai besoin aujourd’hui pour renseigner mon logiciel patrimoine? » Avec cette question simple, on émet un besoin vis à vis du BIM, qui y répondra, et on évite que le BIM suscite des besoins (et donc des ressources, des analyses…) C’est le premier step, le reste suivra… Nota : le seul gain en diminution des doubles/triples saisies, la fiabilité des informations, la rapidité… sont à eux seuls garants de cette réussite… A suivre!
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  • - Le

    Le "BIM exploitation", les prochaines étapes ?

    Bonjour, Les choses vont vite en ce qui concerne le BIM! Lors du BIM World 2016 les premiers retours d’expérience ont été présentés (en particulier celui de Thalès) mais les différents acteurs du secteur, entre autres les éditeurs de logiciel ne semblaient pas toujours à l’aise avec le « BIM exploitation ». En effet, leurs solutions se confondaient souvent avec des outils de GMAO ou des logiciels de gestion de patrimoine. L’orientation vers un BIM en exploitation semble inévitable et probablement nécessaire mais pose des questions sur la connexion avec les SI existants, sur la capacité de la MOA à pouvoir définir en amont son besoin et d’un point de vue technique à uniformiser les classes d’objet IFC.
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