Construction Numérique

Exploitation des bâtiments : Thales fait converger BIM et GMAO

Mots clés : Informatique - Logiciels - Outils d'aide

Sur son site pilote de Vélizy-Villacoublay, l’industriel Thales expérimente la maquette numérique en exploitation. Une nouvelle étape est sur le point d’être franchie avec la convergence du système de gestion et de maintenance assistée par ordinateur (GMAO) et le Building information model (BIM).

Fer de lance de l’industrie aérospatiale française et acteur majeur de la sécurité et des transports, Thales souhaite innover, y compris hors de ses domaines de prédilection. C’est le cas pour le facility management de ses sites, en particulier pour l’exploitation de son site de Vélizy-Villacoublay (Yvelines). Livré fin 2014 par Petit, filiale de Vinci Construction France, l’ensemble tertiaire compte trois bâtiments et représente 49 000 m² pour 2 300 postes de travail. Il regroupe également des espaces verts, un auditorium et un restaurant inter-entreprise.

En phase chantier, Petit a utilisé le Building information model (BIM) comme aide à la construction. « Il aurait été regrettable de ne pas utiliser cette base de données pour l’exploitation du site », estime Thierry Berthomieu, directeur du programme Copernic de Thales, qui vise à définir toutes les prestations de facility management pour le groupe au niveau européen.

 

Vers la convergence des systèmes d’exploitation

 

La première étape a donc consisté à vérifier et à adapter les documents des ouvrages exécutés (DOE) numériques du projet afin que la réalité corresponde effectivement à la maquette numérique du site. « Il s’agissait d’un travail de mise à jour à long terme », indique David Ernest, directeur de l’innovation chez Vinci Facilities. Il a notamment fallu repérer tous les éléments techniques tels que ventiloconvecteurs, centrales de traitement d’air, réseaux électrique, plomberie, etc. Une fois géolocalisés dans la maquette numérique, le travail de Vinci Facilities a consisté à lier ces équipements pour les besoins de l’exploitation. Par exemple, il est désormais possible en cliquant sur une gaine de ventilation de faire apparaître à la fois son identification dans la maquette numérique, mais aussi ses caractéristiques (débit d’air, marque, date d’installation…) et la centrale de traitement d’air à laquelle elle est reliée.

« Au début de notre mission, nos opérateurs sur le site disposaient de trois écrans : l’un pour la maquette numérique du site, un autre pour le système de gestion et de maintenance assistée par ordinateur (GMAO) et un dernier pour la gestion technique des bâtiments (GTB) », précise David Ernest. Or, l’enjeu est bien de faire converger ces données. Une première étape vers la convergence est sur le point d’être franchie avec la « fusion » de la maquette numérique et de la GMAO fin mars 2016. 

Tant qu’il est nécessaire de mettre à jour trois systèmes différents, il y a un plus grand risque d’erreur sans apport de valeur ajoutée supplémentaire. Concrètement, chaque équipement est identifié par un code différent dans les trois systèmes ce qui ajoute de la complexité sans bénéficier à l’exploitation du site. Mais au-delà de l’indentification des équipements, la difficulté est d’arriver à trouver un langage informatique commun entre le logiciel de GMAO et la maquette numérique. Il s’agit d’une part d’enrichir la GMAO de données techniques présentes dans la maquette et de faciliter la mise à jour de la GMAO quand des modifications sont apportées dans la maquette.

 

Réalité augmentée pour la maintenance

La convergence des données vers un seul système d’exploitation du site est finalement un phénomène quasiment naturel. D’une part parce que les données n’ont de valeur qu’à condition que la réalité soit en adéquation avec la maquette numérique du site. D’autre part, parce que la Foncière des régions, propriétaire du site, en a fait une obligation pour Vinci Facilities dans le cadre de la charte quadripartite signée également avec Thales et Vinci Construction France. L’étape ultime sera d’arriver à faire converger la GTB du site. Une transition qui s’avère délicate, tant les systèmes de GTB sont traditionnellement « fermés ».

En attendant, Thales continue à imaginer le facility management de demain avec déjà une expérience de réalité augmentée : l’opérateur est guidé vers le lieu d’intervention grâce à une tablette tactile qui lui permet de visualiser tous les systèmes dissimulés dans les faux plafonds des circulations. D’ici là, Thales capitalise déjà sur l’expérience acquise à Vélizy pour ses futurs locaux. La maquette numérique des bureaux en cours de construction à Bordeaux tiendra compte de ces premiers enseignements.

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