Entreprises de BTP

Expérimentation : ça bouge dans l’anticollision pour grues à tour

Mots clés : Établissements sportifs couverts - Matériel - Equipement de chantier - Sport

Cette spécificité française, développée par de petites entreprises spécialisées, pourrait bien se mondialiser tout en étant intégrée dans l’offre des grands groupes.

Pour éviter que les câbles ou les charges de deux grues voisines ne se percutent, celles-ci sont supervisées par un système électronique commun, dit « anticollision », qui suit leurs mouvements et paralyse les machines avant l’accident.

Une circulaire ministérielle de 1987, suivie en 1991 d’une note technique, rend ces systèmes obligatoires en France, si bien qu’ils sont aujourd’hui connus des chantiers. Cette familiarité pourrait laisser sa place à l’inconnu avec l’arrivée de nouveaux acteurs, de nouvelles techniques et de nouvelles stratégies. Gros changements en perspectives. « C’est un marché qui est en phase de maturation avec une demande qui va augmenter de plus en plus », anticipe Jean-Louis Olivier, président de SMIE, pionnier dans le domaine.

Aujourd’hui, seuls deux pays au monde ont rendu l’anticollision obligatoire : la France et Singapour. D’autres, comme la Grande-Bretagne, ont pris l’habitude de l’utiliser. A l’échelle européenne, un pas a été franchi avec la norme EN 14 439 qui demande aux grues d’être prêtes à recevoir de tels systèmes sans pour autant faire de leur utilisation une obligation. « Ça ne va plus tarder », pressent Jean-Louis Olivier. Du coup, les quelques spécialistes, qui sont surtout des PME françaises, vont être confrontés à un élargissement exponentiel de leur marché. Auront-elles l’envergure nécessaire pour accompagner cette internationalisation ? « Nous sommes déjà organisés pour travailler à l’étranger puisque nous y suivons nos clients français comme Bouygues ou Vinci », répond SMIE.
Même confiance chez SK Group qui a déjà équipé plus de 1 000 grues à travers la péninsule arabique. Reste que la mondialisation fonctionne dans les deux sens : des concurrents étrangers vont apparaître avec très probablement des offres innovantes. Car les systèmes anticollision sont à l’aube d’une révolution technique.

 

Elle ne sait pas intégrer une grue mobile

 

Aujourd’hui l’anticollision sait coordonner des dizaines de grues, les fait communiquer entre elles par ondes radio, centralise tous les événements sur un serveur informatique et édite des compte-rendu journaliers. Mais elle ne sait toujours pas intégrer une grue mobile dans ce schéma d’ensemble.

Le Français AGS a fait un premier pas dans cette direction pour aider l’entreprise Léon Grosse à construire le stade Jean Bouin, à Paris. « Nous avons modélisé en trois dimensions les mouvements de la flèche d’une grue mobile, une Liebherr LR 1200, plus complexe que celle d’une grue à tour, d’autant qu’elle comporte une volée variable. Puis nous avons placé des capteurs mécaniques sur toutes les articulations pour suivre ses mouvements en temps réel. Enfin, nous avons installé des récepteurs GPS sur la machine pour tracer ses déplacements », détaille Jean-Marc Ravat, gérant d’AGS. Résultat : l’engin mobile est sûr de ne pas percuter les grues qui l’entourent, sans pour autant créer autour de lui une « zone interdite » qui paralyse le chantier.

Au même moment, non loin de là, à La Défense, c’est un mât de bétonnage qui a été intégré dans un schéma d’ensemble par SK Group. Même principe : modélisation en trois dimensions, capteurs de mouvements, pointage GPS et centralisation des données sur un serveur informatique. Le mât se déploie au milieu des grues qui ne sont stoppées qu’au dernier moment, en cas de danger imminent.

 

Expériences coûteuses et sur mesure

 

Reste que ces expériences coûteuses sont conçues sur mesure, pour des chantiers complexes aux configurations hors normes. Il est aujourd’hui inimaginable de développer de tels programmes pour la situation classique d’une pompe à béton ou d’une grue mobile intervenant ponctuellement sur le chantier. A moins que ces logiciels ne soient plus l’œuvre de petits spécialistes mais de grands constructeurs qui les uniformisent, les généralisent et les montent en standard dans leurs machines. Manitowoc y pense tout haut, Liebherr ne se prononce pas mais il y a fort à parier que quelques ingénieurs « maison » y travaillent déjà…

Focus

Philippe Cohet, executive vice-president de Manitowoc Cranes : « Un système intégré ? Ce n’est pas de la science-fiction »

 « Nous avons prolongé notre partenariat avec Ascorel autour du développement d’un système anticollision pour les grues à tour Potain. Parallèlement, nous avons signé un accord de partenariat avec Trimble, le spécialiste américain du GPS, pour réfléchir ensemble au géopositionnement. Peut-on imaginer la mise au point d’un système anticollision en trois dimensions, qui serait installé en première monte non seulement dans nos grues à tour mais aussi dans nos grues mobiles et nos grues sur chenilles ? Ce n’est pas de la science-fiction… Je milite pour une plus grande intégration de ces systèmes dans l’offre des constructeurs. Il est contre-productif d’avoir à les démonter et à les remonter à chaque chantier comme c’est aujourd’hui le cas. Je trouve qu’il y a une vraie logique à ce que le fournisseur de grue l’ajoute à son offre, d’autant que la réglementation pousse à la généralisation de ce système de sécurité partout dans le monde. »

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