Entreprises de BTP

Exclusif – Salaires 2013 : le BTP joue la prudence

Mots clés : Entreprise du BTP - Travail

Le contexte économique incite les entreprises du BTP à l’attentisme en matière d’augmentation salariale. Pour compenser, les DRH misent sur les éléments de rémunération variable et les avantages sociaux.

«Prudence », entonnent en chœur les DRH du secteur au sujet de leur politique salariale pour 2013. Le contexte économique ne se prête en effet guère aux largesses : prévisions de croissance à la baisse, point d’interrogation sur le financement des collectivités locales, incertitudes sur les investissements privés… « Bouygues Construction a réalisé une bonne année 2012 et peut s’appuyer sur un carnet de commandes solide pour 2013 », se félicite Amélie Quidor, directrice développement RH. Il n’empêche : les entreprises doivent faire face à des conditions de passation des marchés plus difficiles, et les délais et les marges sont plus serrés. Autre paramètre relevé par Philippe Tournier, DRH de Colas : « Les entreprises évoluent dans un environnement juridique social et fiscal trop instable. »

 

Des prévisions modérées

 

L’envolée du forfait social – brutalement passé de 8 % à 20 % le 1 er août dernier – renforce l’attentisme de certains employeurs. Les salaires devraient ainsi évoluer dans de moindres proportions cette année, 1,6 % en moyenne selon notre enquête.

Des revalorisations majoritairement individuelles. « Nous ciblerons nos meilleurs talents avec des augmentations de 5 à 10 % », illustre Sébastien Botin, vice-président pour les ressources humaines de SNC-Lavalin. Si, comme le souligne Claire Broussart, DRH de l’entreprise UTB, « la précaution s’impose en prévision de l’orage annoncé », un gel des salaires apparaît à ses yeux d’autant moins opportun avec la fin du régime de faveur Tepa sur les heures supplémentaires. « Les salaires mensuels de nos compagnons ont déjà subi un manque à gagner net de 30 à 60 euros suite à la suppression des exonérations de charges sociales », détaille Stéphanie Madinier, DRH du groupe Balas.

Suivront, dans un second temps, les effets de la refiscalisation des heures supplémentaires. Dans ce contexte de modération salariale, Frédéric Perin, DRH du groupe Egis, mise sur un recours plus important aux éléments de rémunération variable.

A commencer par les primes, qui permettent de « valoriser les performances individuelles sans menacer l’avenir ». Céline Pomathiod, son homologue chez Floriot, le rejoint. Non sans vigilance, toutefois, sur les risques du saupoudrage. « Nous conduisons actuellement une réflexion sur ces primes. Il s’agit de fixer un montant en deçà duquel leur octroi ne produit plus les effets escomptés – motivation et sentiment d’être reconnu -, mais inverses ! » Un exercice d’équilibriste entre motivation des salariés et réalités économiques. « Nous souhaitons en outre redonner du sens à la prime, qui rétribue le fait d’aller au-delà de ses fonctions, et diffère en cela de l’augmentation de salaire. » Une définition qui avait eu tendance à s’effacer des esprits avec les années fastes.

 

Sur le registre des instruments de rémunération variable, Frédéric Perin entend, en outre, maintenir une politique dynamique en matière d’intéressement. « Si la majoration du coût liée au forfait social en diminue l’attractivité, il nous permet de conserver une variable appropriée au contexte économique. » Mais peu nombreuses seront, à l’évidence, les entreprises qui absorberont les coûts supplémentaires sans en répercuter à moyen terme une partie de la charge sur les salariés. La hausse du forfait social a d’ailleurs soulevé l’ire des DRH. « Le gouvernement tue l’épargne salariale ! » s’alarme un employeur du secteur. « Cela ne donne pas un bon signal, surtout en prévision d’une année difficile », abonde le responsable d’un autre groupe de BTP. Le risque, selon lui : décourager les initiatives en termes de développement de l’intéressement et de la participation.

 

Valoriser les avantages sociaux

 

Le groupe Ingerop avait, pour sa part, pris les devants il y a trois ans. « Nous avons signé début 2010 un accord d’intéressement avec la CGT couvrant la période 2010-2012 et intégrant la moitié du forfait social dans le plafond global d’épargne salariale à distribuer aux salariés », explique Jacques Morvan, DRH. Mais les entreprises ont d’autres cartes en main pour compenser une éventuelle frilosité en matière d’augmentations.

Comme de développer les éléments périphériques du salaire. Le groupe Balas envisage ainsi la mise en place d’un plan d’épargne pour la retraite collectif (Perco) cette année, tandis qu’UTB s’interroge sur l’opportunité d’améliorer la protection sociale, de proposer un système de chèques-vacances ou encore de revaloriser le montant des titres-restaurants. « Nos cadres attachent de l’importance à ces avantages sociaux, avance Stéphanie Madinier. Mais, pour une majorité de compagnons, la rémunération immédiate reste prioritaire. »

 

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