Marchés privés

Europe : quel bilan pour le VIIème Forum de la BEI?

Le cadre géopolitique qui s’est dessiné après les attentats du 11 septembre dernier donnait un relief particulier au VIIème Forum de la BEI (Banque Européenne d’Investissement), qui s’est tenu à Sorrente (Italie) les 25 et 26 octobre derniers, sur le thème de la coopération euro-Méditerranée.

Comme l’a souligné le président de la BEI, Philippe Maystadt : « ce colloque coïncide avec une période de très grande tension. Le fait qu’il ait néanmoins lieu est à interpréter par tous comme un signal que l’Union Européenne et la BEI n’admettent pas qu’une stratégie de rapprochement et de partenariat, riche de promesses, puisse être enrayée par le terrorisme et la violence ». Et de rappeler que les engagements de la BEI « atteignent un milliard d’euros par an en faveur des pays méditerranéens » (au lieu de 80 M euros dans les années 1970). A quoi s’ajoutent un autre milliard d’euros de subvention de la part de l’Union Européenne ainsi que les aides passées par les membres dans le cadre d’accord bilatéraux.

Tous les participants ont souligné l’importance cruciale du partenariat euro-Méditerranéen dont l’acte de naissance est le « processus de Barcelone » de 1995. Celui-ci vise à instaurer d’ici à 2010, le libre-échange, un marché commun et la démocratie. Toutefois, pour certains intervenants de la rive sud de la Méditerranée, comme Fethi Merdassi, ministre de la coopération internationale et de l’investissement extérieur de la Tunisie, le bilan des six années du processus de Barcelone est plus que mitigé.
En clair, les espoirs nés à Barcelone ont été déçus et les pays du Maghreb se sentent délaissés; les efforts de l’Union portant bien plus sur l’élargissement vers l’Europe de L’Est que sur le développement au Sud.

 » Le PIB de l’Union Européenne, a souligné Fethi Merdassi, est douze fois supérieur à celui des pays de la rive Sud de la Méditerranée, lesquels restent fortement dépendant du secteur agricole (15% du PIB) et de l’énergie ou des activités de transformation des ressources naturelles. Ils restent en marge des activités à forte composante technologique et, n’étant pas un espace homogène (comme l’Alena, le Mercosur ou l’Asean) les pays de la zone n’attirent que 5% des flux d’investissement dirigés vers les pays émergents!

Un autre point donne la mesure du fossé qui se creuse : le commerce intra-européen représente 70% du commerce extérieur de l’Union tandis que le commerce intra-régional des pays du Sud ne dépasse pas 8% de leur commerce extérieur et ces pays n’attirent que 3% du tourisme mondial. Enfin, leur situation financière est marquée par d’importants déséquilibres alimentés par un déficit structurel des balances commerciales et par des transferts nets négatifs de capitaux. Ainsi, le représentant tunisien demande-t-il aux membres de l’Union, non seulement des aides accrues et plus de partenariat économique mais aussi dans certains cas, l’annulation des intérêts – voire de la totalité – de la dette.

Les représentants du Nord ont insisté, pour leur part, sur la nécessité de leurs voisins du Sud créer un cadre juridique stable pour les investissements.

Ainsi, Laurent Fabius a rappelé que le programme européen de coopération vers les pays méditerranées Medea est doté de 13 Mds € sur la période 2000-2006. Quant à la France « son exposition sur la zone est de 32 Mds € et, en flux publics nets, de 1 Md € par an ».

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X