Aménagement

Etat d’urgence pour le paysage

Mots clés :

Démarche environnementale

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Etat et collectivités locales

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Gouvernement et fonction publique

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Sécurite civile

Lancé le 25 septembre, le « plan d’action pour la reconquête des paysages et la place de la nature en ville » répond à une urgence : dans son rapport remis le 8 septembre à Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie, le conseil général de l’Environnement et du développement durable appelle à la mobilisation pour « éviter une banalisation qui pourrait être irréversible ».

Les 10 mesures pour le paysage, présentées au conseil des ministres du 25 septembre, remettent au centre de la scène politique nationale un thème qui, au cours des dernières années, s’est peu à peu marginalisé : « Le Grenelle est resté muet sur le paysage. Il faut répondre à une forte attente », déclarait Ségolène Royal à Paysage Actualités, le 25 septembre après le vernissage de l’exposition « Mon paysage au quotidien ». Commentant le décor minéral d’une des photos lauréates prise par des lycéens de Seine-Saint-Denis, la ministre de l’Ecologie, qui avait porté la loi Paysage de janvier 1993 en qualité de ministre de l’Environnement, insiste sur le fil conducteur de son plan : agir sur le cadre de vie quotidien des Français.

 

Relancer la commande paysagère

 

Des mesures symboliques visent le grand public : Ségolène Royal annonce la plantation d’un arbre par citoyen dans les 10 prochaines années ; l’orchestration de la mobilisation nationale s’appuiera sur un événement annoncé pour mai 2015 sous le nom de « printemps du paysage et des jardins ». D’autres actions, en particulier les 10 projets laboratoire de restauration paysagère et de requalification de territoires périurbains dégradés, visent à relancer la commande publique paysagère. La publication imminente du décret de création du diplôme d’Etat de paysagiste, de même que le soutien affiché au projet de reconnaissance d’un statut légal des concepteurs, apportent des réponses positives à des revendications majeures de la Fédération française du paysage, soutenue par l’association interprofessionnelle Val’hor.

La satisfaction de cette dernière, exprimée dans un communiqué du 27 septembre, a confirmé les réactions informelles recueillies par Paysage Actualités après la présentation du rapport qui a inspiré le plan : de Catherine Muller, présidente de l’union nationale des entreprises du paysage, à Catherine Soula, présidente de l’association des paysagistes conseil de l’Etat, en passant par Jacqueline Osty, lauréate du Grand prix national du paysage en 2005, tous les acteurs se réjouissent du nouvel élan politique, et répondent présent aux sollicitations de la ministre pour enrichir le plan.

 

Combler un déficit culturel

 

Après deux ans de travail, les auteurs du rapport – intitulé « Paysage et aménagement : propositions pour un plan national d’actions » – identifient le comblement d’un déficit culturel comme l’objectif clé. « Le paysage doit cesser d’apparaître comme un volet séparé et cosmétique, avec pour seule ambition l’ajout d’un peu de vert dans les projets. Comme en Suisse ou en Allemagne, il doit s’imposer dès la phase de conception, et apparaître comme indispensable à la compréhension d’un contexte et à la mise en œuvre d’un processus de transformation. Mal appréhendée par les décideurs publics, la culture du paysage doit intégrer aussi bien les réalités topographiques et objectives que la dimension sensible, vécue par les habitants », estime l’ingénieur général des Ponts, des eaux et forêts Denis Clément, co-auteur du rapport aux côtés de Jean-Luc Cabrit et Marie-Pierre Doizelet, chargés de mission au CGEDD. Deux chiffres donnent la mesure du déficit à combler : la France compte 2000 concepteurs paysagistes, l’Allemagne 8000.

 

 

Focus

Les dix leviers du plan national

– Lancement, en mai 2015, du « printemps des paysages et des jardins », en partenariat avec les collectivités locales 

– Soutien à 10 chantiers laboratoires de restauration paysagère et requalification de territoires périurbains dégradés

– Intégration du paysage au troisième plan national Santé-Environnement

– Recentrage du Grand prix national du paysage sur les  thèmes de la transition énergétique et de la croissance verte

– Pérennisation de l’inscription du patrimoine naturel dans les journées annuelles du patrimoine

– Reconnaissance du métier de paysagiste à travers un diplôme d’Etat

– Constitution d’un réseau de territoires d’exception éligibles au label Grand site de France et au patrimoine mondial

– Renforcement de l’emploi lié aux paysages

 

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