Industrie/Négoce

Eric Etchart (Manitowoc) : « En 2010 la bonne santé des pays émergents compensera partiellement la faiblesse des marchés occidentaux »

Le président de Manitowoc Cranes, constructeur mondial de grues, avec les marques Potain, Grove, National, et Manitowoc, commente les résultats 2009 de son groupe.

Votre chiffre d’affaires activité a baissé singulièrement en 2009. Toutes vos activités sont-elles touchées ?

Notre chiffre d’affaires a baissé de 40% pour s’établir à 2,3 milliards de dollars, contre 3,9 en 2008. La dégradation s’est accélérée au cours de l’année. Nous avions commencé 2009 avec des carnets de commandes très importants à satisfaire, même s’il y a eu des annulations. Les grues à tour avaient été touchées dès le printemps de 2008. Les grues mobiles se sont mieux tenues mais ont fléchi dans la deuxième partie de l’année. Les grosses machines ont mieux résisté que les autres.

Pour les grues à tour, en a-t-il été de même dans toutes les zones géographiques ?

Les marchés occidentaux se sont effondrés très tôt, aux Etats-Unis comme ailleurs, dans la mesure où ces machines sont fortement liées au bâtiment. Certains marchés, comme l’Australie – où Potain est très bien implanté – se sont bien tenus. L’Asie a fléchi, mais on va assister à un redémarrage, en Chine, en Inde où l’on constate une forte demande, à Singapour où les machines de plus de quinze ans n’ont plus le droit de travailler, ce qui stimule les renouvellements.

Pour quand envisagez-vous une reprise ?

Pour 2010, je prévois une contraction de l’activité mondiale, faute de reprise significative en Europe ou aux Etats-Unis. L’activité soutenue dans les pays émergents ne compensera pas tout à fait ce phénomène. Mais 2010 sera le point bas. Je prévois une légère reprise en 2011, mais pas de miracle.

Quelle est la part de vos activités provenant des pays émergents ?

Plus de 30% en 2009. Mais en 2010 on devrait atteindre 40%.

Vers quels pays ?

En Chine où nous fabriquons des grues à tour depuis longtemps – nous avons une capacité de 700 machines sur un marché de 14.000 unités- , mais aussi des camions grues. L’objectif de notre « joint-venture » est d’en produire 2000, pour un marché de 25.000 à 26.000 unités. Cette année nous avons commencé à construire des grues sur chenilles de 100 t. Nous avons la possibilité de les construire sans partenaire, d’abord dans notre usine de grues à tour, puis, à terme, dans une unité consacrée à cette activité. Nous visons 15 à 20% de ce marché de 600 unités – soit le premier marché au Monde. En revanche nous avons moins de chances de nous développer en grues tout-terrain, car les constructeurs locaux produisent maintenant l’essentiel des 200 machines du marché, ne laissant aux occidentaux, Liebherr, nous-mêmes, et Terex Demag qu’une quarantaine de machines. Nous pensons aussi au Brésil. Nous y établirons, sûrement en 2011, une unité de production de « boom trucks » et de grues à tour.

Pensez-vous à ajouter d’autres spécialités à votre offre ?

Nous sommes toujours à la recherche de matériels portuaires, mais nous serions aussi intéressés par les grues auxiliaires, les ascenseurs de chantier, et, pourquoi pas, les chariots à portée variable. Dans tous les cas il s’agirait de rachats. Cette année on a encore une dette suite à un rachat par l’autre branche de notre groupe. En 2011 nous serons plus à l’aise.

 

 

 

Votre avis ?
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X