Transport et infrastructures

Ergonomie et design pour le nouveau centre de transfert des ordures ménagères de l’agglomération de Tulle

Mots clés : Architecture - Architecture intérieure - Etat et collectivités locales - Gestion des déchets - Infrastructure de transports - Situation économique

Le travail d’architecture et d’insertion dans le site est aussi à l’œuvre dans les équipements publics peu valorisés. Exemple : le nouveau centre technique de Naves dans l’agglomération de Tulle. Une architecture épurée, implantée dans la pente, qui résout les problèmes de circulation, de fonctionnement, d’économie et de contrôle des nuisances. L’un des architectes Patrice Gobert (La Superstructure, Paris) nous livre ses secrets de fabrication.

Livré depuis quelques semaines, le centre technique et de transfert de Tulle agglomération, se démarque par son architecture, en contrebas de l’autoroute A89, la Transeuropéenne. Deux équipes d’architectes ont été sélectionnées par l’agglomération de Tulle : l’agence Tertio (Langeau Vignal Souffron) à Gare de Corrèze (19), associée à La Superstructure (Patrice Gobert Architectes & Associés) à Paris.

L’architecte Patrice Gobert dévoile son projet : «il s’agit d’un centre technique pour l’entretien et le garage pour les véhicules destinés à la collecte des ordures ménagères, et d’un centre de transfert des ordures ménagères, qui comporte une zone de stockage pour le recyclage de certains produits, emballage et verre notamment».

Un programme très exigeant en surface et en fonctionnement a conduit les architectes à une réflexion globale en termes fonctionnel, ergonomique, d’insertion dans le site tout en conservant des possibilités d’extension. «Nous avons analysé le fonctionnement du futur centre en s’interrogeant sur le programme de chaque zone tout en l’incluant dans un fonctionnement global : liaisons entre les différentes activités, positionnement dans le site pour apporter une réponse fonctionnelle et architecturale cohérente. D’où la vaste toiture ondulante englobant plusieurs fonctions, mais respectant les hauteurs nécessaires à l’intérieur de chacune (garage, circulation, stockage), et les grandes surfaces de matériau translucide apportant la lumière au cœur des équipements».

 

Optimiser les circulations et minimiser les nuisances

 

En pratique, la difficulté première du centre de Naves est de permettre le transfert gravitaire des ordures ménagères depuis les bennes à ordure «classiques» situées sur un quai haut, vers un porteur plus volumineux type semi-remorque situé sur un quai bas. Avantage certain : cette disposition en pente limite la circulation des bennes à ordures sur les routes. Le terrain d’assiette est en pente (5 m de différence entre le point haut et le point bas), ce qui a défini des plateaux d’assises pour les différentes fonctions : bureaux, garage, transfert quais haut et bas. Le centre comporte également une zone de stockage de matériaux destinés au recyclage (emballages et verre).

Le programme a donc été optimisé pour réduire les nuisances et faciliter les circulations : «la circulation à l’intérieur du site est séparée suivant le type de déplacement, bennes à ordures, semi-remorque, véhicules légers et piétons. Ceci permet d’éviter les conflits et de limiter les risques d’accident. Chaque niveau de plateau correspond à l’implantation d’une activité, ce qui en facilite grandement l’usage. Ces implantations répondent également aux liaisons indispensables entre les différentes fonctions connexes garage/atelier, garage/bureaux, bureaux/atelier, bureaux/accueil du public. Les nuisances sont contrôlées parce que l’ensemble des bâtiments est clos et couvert. Le transfert des ordures ménagères se fait à l’intérieur d’une trémie fermée sur trois côtés et couverte», précise Patrice Gobert.

 

Un paysage étagé en trois bandes

 

Mais l’aspect esthétique a également séduit l’agglomération, par une insertion dans le site. Une vaste toiture ondulante, en référence au terrain, véritable cinquième façade donne sa cohérence à l’ensemble. «C’est une toiture aluminium dont les bacs ont été «déroulés» sur place par bandes de la longueur totale de la toiture par une machine amenée d’Angleterre. Pour protéger des chocs, le soubassement et l’ossature verticale sont en béton. L’ossature horizontale est en bois lamellé-collé. La toiture des bureaux et locaux sociaux est végétalisée. L’ondulation de la toiture a permis de gérer les hauteurs nécessaires dans chaque hall et de reprendre l’ondulation horizontale du talus en arrière-plan», précise l’architecte.

En terme paysager, outre l’implantation en trois bandes, qui épousent les courbes de niveau sur un terrain d’environ 15 000 m2, des aménagements paysagers sont concentrés autour du bassin d’orage et sont principalement composés de plantes types Carex, Typha, Equysetum, bandes de lavandes. Bref, un de ces équipements techniques que l’architecture peu parfois valoriser autant qu’un équipement public, malgré un budget plus modeste.

 

Fiche technique

Les équipes du centre technique

Maître d’ouvrage : Tulle Agglo et Syttom 19

Architectes  : SCPA Langeau Vignal Souffron – Tertio & Patrice Gobert Architectes & Associés (Gare de Corrèze, 19 / Paris, 75)

BET structure : Arcs Ingénierie (Brive-la-Gaillarde, 19)

BET fluides et thermique : LAI (Tulle, 19)

BET environnement : Inddigo (Paris, 75)

Economiste : Jean-Paul Deloménie (Tulle, 19)

Adresse du projet : ZA de la Geneste 19460 Naves

Lauréat du concours : janvier 2012

Mission : Base + EXE

Surface bâtiment : 3 135 m²

Coût des travaux : 3 893 607,30 € HT, VRD compris

Focus

Deux agences partenaires ?

La Superstructure et Tertio ont joint leurs compétences et leur ancrage locale.

Patrice Gobert (La Superstructure, Paris) a déjà réalisé de nombreux bâtiments industriels dont plusieurs liés au domaine des déchets et dont un a été récompensé par le 1er Prix AMO (avec Olivier Drouin) pour le centre de tri et transfert de Gennevilliers. La Superstructure compte en moyenne six salariés.

Tertio (gare de Corrèze) est spécialisée dans le domaine de la santé (livraison d’un laboratoire d’analyses biologiques à Tulle en 2014, concours d’Ehpad et de Maison de Santé pluri-professionnelles) et du logement (plusieurs programmes de logements privés ou sociaux en références) et réalise actuellement une opération de 38 logements pour Brive Habitat. La structure compte quatre personnes dont trois architectes.

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