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EPR de Flamanville: un an déjà

3 décembre 2007 : les premiers bétons constituant le radier du réacteur EPR à Flamanville étaient coulés. Un an plus tard, le maître d’ouvrage EDF annonce que la facture de ce réacteur nucléaire de 3ème génération va enfler de plus de 20%. Au lieu des 3,3 milliards d’euros initialement prévus, la coût de sa réalisation approchera 4 milliards. Selon l’architecte ensemblier du projet, cet écart s’explique par l’addition de trois facteurs: le premier rend compte des évolutions techniques et réglementaires, ainsi que d’une provision pour les aléas de chantier (+300 millions). Le second est lié à l’actualisation des coûts liée à l’inflation depuis le chiffrage du projet en 2005 (+250 millions d’euros), et le dernier est dû à la hausse des indices, notamment ceux du coût des matières premières et de la main d’œuvre (+150 millions).

Planning maintenu
Si ces surcoûts sont significatifs (+21%), le planning du chantier lui, est maintenu par EDF, au bémol près que la fin des travaux, prévue initialement à juin 2012 (54 mois de travaux à compter du 3 décembre 2007), est maintenant annoncée « en 2012 » par EDF, sans plus de précision.
Sous le contrôle de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), les aléas de chantier rencontrés ont été identifiés rapidement et EDF affirme aujourd’hui les avoir maîtrisés. Il s’agissait principalement de:
– la non-conformité de certaines épingles de recouvrement de nappes d’armatures dans une partie du radier de l’îlot nucléaire. Cet aléa a entraîné un arrêt de bétonnage des bâtiments de sûreté de 23 jours au printemps 2008. Il été corrigé en ajoutant les épingles manquantes et en renforçant le contrôle de supervision des travaux.
– la méthode de pré-assemblage du liner métallique d’étanchéité, le taux de non-conformité des soudures étant en effet supérieur au taux de tolérance. La mise en œuvre d’une technique de soudage adaptée et le renforcement des contrôles ont permis de mettre en conformité l’ensemble des soudures.
– la technique de creusement à l’explosif de la galerie de rejet des eaux en mer. Le tracé initial comportait un puits vertical de 150 m de profondeur et de 5,5 m de diamètre suivi d’un tunnel horizontal de même diamètre passant sous une ancienne mine de fer et rejetant l’eau à plusieurs centaines de mètres du rivage. Mais la technique s’est révélée dangereuse (3 ouvriers avaient dû être secourus par les pompiers alors qu’ils travaillaient au fond du puits à terre, selon la Manche Libre du 5 juin 2008) et la roche rencontrée est plus dure que prévue. Un tunnelier a donc été commandé afin de combler le retard prévisible.

Tracé modifié
Sa livraison est prévue pour l’été 2009 et l’avenant de 40 à 45 millions d’euros au contrat de Solétanche-Bachy (Vinci Construction), en charge de cette partie, est un surcoût important pour EDF. Ce changement de technique, en accroissant la sécurité, a également induit une modification de la trajectoire. Ainsi, la galerie descendra verticalement à 30 m de profondeur (au lieu de 150 m) et contournera l’ancienne mine de fer au lieu de passer dessous. Le tracé étant modifié, il devra être validé par le biais d’une enquête publique. EDF œuvre pour que les conclusions de celles-ci soient rendues dans un délai masqué, compatible avec les délais de creusement de la nouvelle galerie.
L’EPR de Flamanville est le deuxième réacteur de ce type en construction dans le monde, le premier étant celui d’Olkiluoto, en Finlande, supervisé par Areva. Mais ce dernier, qui devait initialement entrer en service en 2009, a pris au moins trois ans de retard. Les deux EPR sont donc officiellement annoncés pour une livraison en 2012. La course pour savoir qui d’EDF ou d’Areva finira son EPR le premier a maintenant réellement commencé.

Olivier Baumann

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