Entreprises de BTP

EPR de Flamanville : EDF démarrera bien le réacteur en 2012 !

En réponse au Canard enchaîné qui affirme que les travaux du réacteur nucléaire EPR de Flamanville (Manche) accusent « au moins neuf mois de retard », EDF a annoncé maintenir « à ce jour » l’objectif de démarrage « en 2012 ».

« En dépit des aléas d’un chantier de cette ampleur, EDF confirme qu’à ce jour l’objectif de démarrage de l’EPR en 2012 est maintenu », a indiqué le porte-parole, sans donner plus de précision.
Selon l’hebdomadaire paru ce mercredi, le retard du chantier, lancé en décembre 2007, aurait deux causes : la suspension pendant « près de deux mois » des opérations de coulage de béton et les difficultés rencontrées pour la « fabrication du liner, le revêtement en acier qui double le béton de la cloche de protection du réacteur ».
« Sur ce travail de soudure de grande précision, les ingénieurs et les techniciens de Bouygues (…) rencontrent de sérieuses difficultés », indique le Canard Enchaîné, qui précise qu’EDF « n’arrive même pas à obtenir un nouveau (calendrier) malgré une succession de réunions à haut niveau ».
Le journal cite en outre « un haut responsable » d’EDF selon lequel « par la faute de Bouygues, le planning n’est plus du tout stabilisé, mais, pour le moment, il est hors de question de le reconnaître publiquement ». Contacté par LeMoniteur-expert.com, Bouygues Construction n’a pas souhaité faire de commentaire.

Au sujet du retard pris sur les opérations de coulage réalisées par Bouygues sur l’îlot nucléaire du réacteur, rappelons qu’elles avaient été suspendues le 21 mai avant d’être à nouveau autorisées à partir du 19 juin, EDF s’étant engagée à renforcer ses contrôles.
L’Autorité de sûreté nucléaire avait suspendu le coulage suite à la détection de recouvrements de nappes d’armatures non conformes dans l’un des radiers, révélant des « dysfonctionnements inacceptables dans les protocoles de surveillance », selon l’ASN. Un nouveau plan d’actions avait été présenté par EDF et validé par l’ASN. Il prévoit un renforcement général des méthodes de surveillance, avec la mise en place d’un second contrôle technique par un organisme indépendant.

Deux ans de retard pour l’EPR finlandais
L’EPR de Flamanville est le deuxième réacteur à eau sous pression (European Pressurised Water Reactor) en construction dans le monde, après celui de Finlande.
Le premier chantier EPR, en Finlande, a subi d’importants retards et son exploitation ne devrait pas intervenir avant 2011, au lieu de 2009 comme prévu à l’origine.
Dernier avatar sur le chantier finlandais : un préavis de grève a été lancé pour le 10 septembre par le principal syndicat du BTP finlandais au motif que la société d’intérim travaillant pour Bouygues (qui assure le génie civil) n’était pas en règle vis-à-vis des autorités fiscales. Bouygues Travaux Publics a indiqué avoir été informé de cet avis de grève. Le groupe tient à rappeler « qu’il est en parfaite conformité avec la législation finlandaise relative à l’emploi de collaborateurs, de même que les entreprises d’intérim qui sont présentes sur le site ». « Ce point a déjà fait l’objet d’un contrôle en mai dernier par les autorités compétentes, lesquelles n’ont rien trouvé à redire » a déclaré le groupe de BTP.

Jean-Philippe Defawe

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