Energie

Energies vertes et agriculteurs, un mariage d’intérêt

Mots clés : Energie renouvelable - Établissements industriels, agricoles, ICPE - Gouvernement

Des cultivateurs plantant leurs asperges sous des serres photovoltaïques, des viticulteurs souhaitant installer une éolienne sur leurs terrains…Les énergies vertes semblent devenir économiquement indispensables au monde agricole. Vendredi 2 août, en Dordogne, François Hollande a souhaité saluer ce rapprochement.

Vendredi 2 août, accompagné de Philippe Martin, ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie et de Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, le président de la République, François Hollande, s’est rendu en Dordogne pour mettre en avant le rapprochement de l’agriculture et des énergies renouvelables. Il y a quelques mois, LeMoniteur était descendu en Languedoc-Roussillon pour observer comment et pourquoi les agriculteurs se tournent aujourd’hui vers les énergies vertes.

Maire d’Ortaffa, village de 1200 habitants situé à 10 kilomètres au sud de Perpignan, Raymond Pla n’est pas du genre à opposer le monde paysan aux développeurs de parcs photovoltaïques. Ancien agriculteur, il voit le déploiement des énergies renouvelables dans nos campagnes comme « une évidence ».
Invité à témoigner lors de la dernière conférence sur les énergies renouvelables organisée par le pôle de compétitivité Derbi à Perpignan,  Raymond Pla se dit ravi du projet de parc photovoltaïque de 25 MW que la société allemande Juwi implante sur sa commune. « Ils se sont engagés à faire passer le cheptel de brebis « Race rouge du Roussillon » de 200 à 600 têtes, à installer des ruches et à soutenir financièrement des viticulteurs pour la replantation de vignes », indique le maire du village.

Asperges sous serres photovoltaïques, tomates chauffées aux déchets

Les énergies vertes font également le bonheur des frères Vila. Producteurs de légumes, ils font pousser, à 2 kilomètres d’Ortaffa, leurs 5 hectares d’asperges sous des serres recouvertes, en partie, de panneaux photovoltaïques. Bénéficiant du tarif intégré au bâti, la revente de l’électricité produite leur permet de « compenser les coups durs comme « l’affaire du concombre » de l’été dernier – prudence des consommateurs vis-à-vis des légumes suite à une épidémie de diarrhée mortelle », explique Bruno Vila.
Pour leurs nouvelles plantations de tomates, cultures nécessitant un apport de chaleur important, ils sont en train de concrétiser un partenariat avec l’usine d’incinération de déchets de l’agglomération de Perpignan. La «chaleur fatale» générée par son activité, jusqu’à ce jour inutilisée, devrait, demain, alimenter les nouvelles plantations des frères Vila. Installées en aval de l’incinérateur, elles seront ainsi approvisionnées en calories pour un prix dérisoire. «Le coût de l’énergie représente plus de 30 % du prix d’une tomate. Ce n’est plus rentable de chauffer des serres au gaz, même avec de la cogénération. Désormais, nous essayons d’implanter nos cultures de tomates en bordure de sites industriels, afin de profiter d’une chaleur résiduelle peu chère», indique Franck Vila.

Raisins, éolien et biogaz

Les vignerons n’ont, quant à eux, ni besoin de serres, ni d’apport de chaleur pour faire murir leurs raisins . Au pays de la Tramontane, vent du nord sec et froid, c’est l’énergie éolienne qui pourrait leur être salutaire.
David Augeix, directeur de la Région Sud chez EDF énergies nouvelles supervise un projet d’implantation, au Nord-Ouest de Perpignan, de 35 éoliennes de plus de 2 MW. Selon lui, plus de 400 propriétaires ont manifesté leur intérêt et auraient été enchantés de voir s’élever sur leur terrain un mât de plus de 100 m. « Une éolienne chez soi, c’est la garantie pendant 20 ans d’un loyer annuel de 2 000 euros minimum», précise David Augeix. Alors, à la communauté d’agglomération, on a pris l’habitude de voir des viticulteurs venir se plaindre que leur terrain n’ait pas été retenu pour accueillir une machine aéromotrice.

Les déçus pourront toujours se consoler en produisant du biogaz, activité moins lucrative mais qui fera de leur exploitation  une application, à petite échelle, d’écologie industrielle. En effet, le Laboratoire de Biotechnologie de l’Environnement à Narbonne a vendu un brevet à un ancien ferronnier qui commercialise aujourd’hui, au près des viticulteurs de la région, un « digesteur » permettant d’obtenir du gaz à partir de la vinasse.

Focus

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« Notre objectif c’est de faire qu’il y ait plus d’emploi aussi dans l’agriculture. Il est faux de prétendre que l’agriculture devrait réduire sa part d’activité dans la production nationale, au contraire on doit hisser le niveau de la production », a déclaré le chef de l’Etat à Carsac-Aillac, première étape d’un déplacement décidé en dernière minute, dans la foulée du dernier Conseil des ministres avant les vacances d’été de son gouvernement. « C’était très important dans la bataille que nous avons engagée pour l’emploi de venir aussi ici en zone rurale », a insisté le président, accompagné des ministres de l’Agriculture Stéphane Le Foll, et de l’Ecologie Philippe Martin. « Le deuxième objectif que nous avons c’est le pouvoir d’achat des agriculteurs (…) et du consommateur. Et la troisième raison de ma venue, c’est l’environnement. Vous contribuez à améliorer notre environnement », a lancé François Hollande aux agriculteurs avec lesquels il s’est entretenu.

Source AFP

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