Emploi / Formation

En Paca, les travaux publics se mobilisent pour l’apprentissage

Mots clés : Apprentissage - Etat et collectivités locales - Rénovation d'ouvrage - Travaux publics

Malgré la crise et la baisse des carnets de commandes, la profession veut doubler le nombre d’apprentis dans les trois ans. Elle investit avec l’Etat et les collectivités près de 14 millions d’euros dans l’extension de son centre de formation de Mallemort.

Les travaux publics répondent présent: face à l’objectif du nouvel exécutif régional d’atteindre 50 000 apprentis en fin de mandat (27 500 en 2015), la profession en Paca est prête à se mobiliser pour favoriser l’insertion des jeunes et réduire le chômage, malgré toutes les incertitudes qui pèsent sur l’avenir du secteur. Elle a fait de ce thème son cheval de bataille pour 2016 et l’a placé au centre de ses dernières assises, organisées le 14 avril à Aix-en-Provence, en présence de Bruno Cavagné, président national, de Christian Estrosi, président du conseil régional Paca, du préfet de région Stéphane Bouillon… et du philosophe Raphaël Enthoven qui a éclairé 250 entrepreneurs sur le sens, relatif, du mot changement. «Nous n’avons pas le choix et nous sommes obligés de préparer l’avenir, d’autant que nous avons besoin de compétences nouvelles et d’emplois à valeur ajoutée. Mais nous allons aussi nous battre pour que l’activité soit au rendez-vous. Les élus doivent comprendre que l’investissement ne peut pas être une variable d’ajustement dans les budgets des collectivités» analyse Laurent Amar, le président de la FRTP Paca.

 

Le nouveau CFA de Mallemort prêt en septembre

 

Pour donner ce nouvel élan à l’apprentissage dans les travaux publics et notamment en doubler les effectifs (de 300 à 600), la profession mise sur son campus de Mallemort qui réunit le seul CFA régional TP et le centre de formation de la profession Emile-Pico. Un pôle de formation qui est en train de se doter de nouveaux locaux pour accroître sa capacité d’accueil. Près de 14 millions d’euros dont 4 millions apportés par la profession sont engagés dans cette extension du CFA signée Corinne Vezzoni et ces nouveaux locaux ouvriront leurs portes le 9 septembre prochain. Avec de nouveaux espaces dédiés à la formation, le centre va pouvoir renforcer ses formations en Bac Pro TP, en BTS TP avec de nouvelles mentions comme monteur de réseaux qui vont venir s’ajouter aux diplômes déjà délivrés dont celle d’ingénieur TP par l’apprentissage, en partenariat avec l’Ensae. A terme, la profession souhaiterait même mettre sur pied une licence pro TP en alternance. Créé en 1999, le CFA de Mallemort enregistre de très bons résultats et joue son rôle d’ascenseur social: taux d’abandon de seulement 2%, 65% des élèves en CAP, Bac pro et BTS intégrés dans la branche dans les six mois et 11% en poursuite d’études. Pour les ingénieurs, le taux d’intégration atteint 90%…

 

Inquiétude sur l’activité future

 

Mais pour recruter et former, le secteur doit pouvoir s’appuyer sur un volume d’activité suffisant et des perspectives de commandes, notamment au niveau de la maîtrise d’ouvrage publique, son principal client. Et c’est que le bât blesse. En 2015, les travaux publics ont enregistré dans la région un nouveau recul de leur chiffre d’affaires de 3%, certes moins important que le national (-8%) mais avec un impact sur l’emploi. Depuis 2008, 3000 ont été perdus dans la région dans les TP. Pour 2016, une nouvelle dégradation est attendue mais il devrait s’agir d’un point bas avant un début de redémarrage de l’activité avec déjà des signes positifs sur l’intérim. «Nous attendons beaucoup de la mise en place de la métropole Aix-Marseille Provence dont l’accouchement a été si difficile. Mais contrairement au Grand Paris, le projet d’Aix Marseille Provence dans les transports, 7 milliards en 15 ans, n’est pour l’heure ni porté, ni financé» s’inquiète Laurent Amar. L’autre inquiétude touche au contrat de plan qui pour le moment est gelé. «Les négociations sont en cours avec l’Etat et les collectivités concernées. Nous espérons la signature d’un avenant d’ici fin juin» précise le président du conseil régional, Christian Estrosi. La région souhaiterait notamment y inscrire de nouvelles opérations, comme le contournement d’Arles, la voie Leo, la desserte de Fos Marseille, le tunnel de Tende, etc. «Nos discussions avancent, confirme le préfet de région Stéphane Bouillon. Nous allons enfin pouvoir lancer la rocade de Gap et des aménagements sur la RN 85. La commande publique en Paca peut également bénéficier du Fonds de soutien à l’investissement local, à hauteur de 53 millions d’euros avec un effet multiplicateur de 200 millions d’euros.»

 

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