Entreprises de BTP

En Paca, les travaux publics demandent aux maîtres d’ouvrages publics de « faire mieux avec moins »

Mots clés : Maîtrise d'ouvrage - Travaux publics

Face aux contraintes budgétaires, la FRTP PACA demande aux maitres d’ouvrages d’améliorer la programmation et l’exécution des projets d’investissements. Et surtout de ne pas sacrifier l’investissement qui conditionne l’attractivité des territoires.

Confrontés depuis 2008 à une baisse continue de l’activité avec une chute historique de 13% en 2014, année électorale, les travaux publics de Paca sont inquiets. Pas de reprise en vue (les chefs d’entreprise anticipent une baisse d’activité au premier trimestre 2015) et, plus problématique, la commande publique (66% de l’activité du secteur) semble être entrée dans une phase de baisse structurelle, en liaison avec la raréfaction des ressources budgétaires des maîtres d’ouvrage publics.

« Dans nos métiers l’activité s’est repliée au point de revenir au niveau des années noires, la crise du milieu des années 90, explique Laurent Amar, le président de la FRTP Paca. Et plus inquiétant est le regard que porte désormais la collectivité sur les infrastructures : on souligne de plus en plus leurs coûts, leurs inconvénients supposés, sans reconnaître leurs effets positifs. Dans ce contexte, ce sont les voix des opposants qui trouvent un écho, avec en premier, des professionnels de l’agitation, les Zadistes. »

 

Le contrat de plan devrait être signé fin mai

 

Lors de leur dernière assemblée générale organisée à Aix-en-Provence, en présence de Bruno Cavagné, président de la FNTP, les professionnels des TP de la région ont martelé un message qu’ils délivrent depuis plusieurs années : renoncer aux infrastructures, c’est accepter le déclin, c’est hypothéquer l’avenir, c’est transmettre aux générations futures un patrimoine obsolète. Or, comment lutter contre le chômage, protéger les ressources naturelles, attirer les investisseurs sans infrastructures de qualité ? « L’investissement est une nécessité, il construit les conditions de la reprise économique et fonde l’attractivité d’un territoire » poursuit Laurent Amar.

Conscients des difficultés budgétaires des donneurs d’ordre public, les travaux publics leur demandent, sinon de relancer l’investissement, de mieux programmer les opérations pour éviter l’envol des coûts et des retards dans les projets et donner ainsi une meilleure visibilité sur l’activité à venir aux entreprises.

Une demande qui porte en premier sur le contrat de plan Etat-Région 2015-2020, toujours pas signé en PACA. « Il le sera à la fin du mois de mai et représente plus de 1,6 milliard d’euros de crédits Etat-Région avec une priorité donnée aux infrastructures : 400 millions pour les routes, 800 millions pour le ferroviaire, 280 millions d’euros pour le portuaire » souligne le préfet de région, Michel Cadot. Un bémol toutefois : si les Bouches-du-Rhône, avec une nouvelle majorité départementale ont assoupli leur position, les Alpes-Maritimes (conseil départemental et métropole) refusent ostensiblement de signer le document, jugeant les projets pris en compte notoirement insuffisants pour leur territoire. Une position qui pose question sur le financement des projets quand on sait l’importance de l’apport des collectivités autres que la région dans la réalisation du contrat de plan.

 

Inquiétude sur la mise en place de la Métropole Aix Marseille Provence

 

Pour le ferroviaire, Jacques Frossard, directeur régional de SNCF Réseau annonce « 477 millions d’investissements programmés en Paca d’ici à 2018 dont 226 millions toucheront directement les travaux publics ». La première moitié du contrat de plan pour SNCF Réseau devrait être consacrée aux travaux de maintenance et de régénération d’un réseau vieillissant pour ensuite passer à des travaux de modernisation. Face aux très forts besoins d’amélioration et de renforcement des transports collectifs, SNCF Réseau se retrouve aussi confronté au manque de moyens humains et techniques. Une situation qui a conduit l’opérateur ferroviaire à retarder de deux ans la modernisation de la ligne Cannes-Grasse mais aussi les projets de desserte du GPMM.

Au niveau de l’actuelle communauté urbaine marseillaise MPM, autre gros maître d’ouvrage régional, Eric Diard, premier vice-président en charge de la voirie, de l’espace public et des grandes infrastructures confirme que « 345 millions d’euros d’investissements sont prévus en 2015 avec des projets comme le BHNS Castellane-Luminy, la poursuite de la requalification du Vieux Port, l’entretien de la voirie communautaire pour 60 millions d’euros. » Au-delà, 3 milliards d’euros sont programmés avec des investissements lourds dans les transports à Marseille: prolongement du métro vers Saint Loup (500 millions d’euros), réalisation du tramway nord/sud (420 millions d’euros). « Il est certain que la Métropole Aix Marseille Provence va nous permettre d’avoir des ambitions plus importantes dans l’aménagement du territoire » juge Eric Diard.

Pour l’heure, l’apparition de cette nouvelle collectivité, dont l’accouchement politique est si difficile, suscite craintes et interrogations chez les professionnels des travaux publics. « Nous craignons d’être les victimes collatérales d’une réorganisation des services et de la gouvernance qui paralyserait pendant plusieurs mois le lancement des projets et retarderait les paiements, sans parler de la répartition des compétences » analyse Laurent Amar.

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