Logement

En Paca, la relance du logement bute sur la cherté de l’immobilier

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Gestion et opérations immobilières - Gouvernement

Lors de son Tour de France de la Construction, la ministre du Logement, Sylvia Pinel a présenté à Marseille ses mesures de relance de la construction. Bien reçues par les professionnels, seront-elles suffisantes pour rendre les prix des logements plus abordables dans la Région ?

Comment relancer durablement la construction de logements en Provence-Alpes-Côte d’Azur frappée par la rareté du foncier constructible, la progression de l’étalement urbain, des prix élevés dans l’immobilier et un manque important de logements sociaux ? Venue présenter il y a quelques jours à Marseille ses mesures de relance pour construire plus de logements et simplifier la réglementation de la construction -des mesures favorablement accueillies par les professionnels et qui vont dans le sens de leur demande-, la ministre du Logement, Sylvia Pinel a ouvert le débat avec les acteurs locaux.

Les chiffres tout d’abord: on construit moins de 20 000 logements par an dans la région alors qu’il en faudrait entre 31 000 et 36 000 par an dans les prochaines années pour répondre aux besoins démographiques (étude de l’Insee en partenariat avec le Conseil Régional Paca et la Dreal Paca), au vieillissement de la population, à la baisse du nombre de personnes par ménages, etc. Des chiffres qui grimpent à 40 000 logements par an tout type confondu pour rattraper le retard et dans le seul logement social, les objectifs de production à atteindre pour la région, au titre de la loi SRU, sont de près de 48 000 logements sociaux d’ici 2016… Un objectif quasi-impossible à atteindre quand on sait que la région finance environ 8000 logements sociaux par an et que près de 90 communes, un chiffre considérable, ont été déclarées carencées. «Nous allons autoriser les préfets à délivrer les permis de construire dans les communes n’ayant pas atteint le seuil de construction de logements sociaux» a déclaré Sylvia Pinel.

 

Coûts de construction: +50% en 15 ans

 

«Dans la région, les prix de l’immobilier ne baissent pas ou peu parce que l’offre est structurellement insuffisante» souligne de son côté Jean-Marie Ebel, président de l’Observatoire immobilier d’habitat Côte d’Azur. Et si manque d’offre adaptée à la solvabilité des ménages il y a, c’est à cause d’un foncier rare et cher dont le prix est très faiblement élastique et de coûts de construction qui ont progressé de 50% en 15 ans. Les causes de cette dérive sont multiples, souligne la Fédération régionale du bâtiment Paca: le coût de la main-d’œuvre et la revalorisation des salaires, l’inflation normative et législative qui explique à elle seule un tiers de la hausse globale. «Sur les 50 mesures de simplification de la réglementation de la construction qui ont été annoncées en décembre dernier, 37 sont déjà en place» annonce la ministre Sylvia Pinel. La profession attend beaucoup de ces mesures et estime qu’une réduction de 10% des coûts de construction pourrait ainsi être obtenue. «Mais, note Serge Ramonda, président de la FFB Paca, il faut aller encore plus vite car les entreprises souffrent et ne peuvent plus attendre.»

 

Une charte pour la mobilisation du foncier signée

 

Pour Luc Bouvet, directeur d’Eiffage Construction Provence, la profession doit aussi se réformer. «Nos modes de construction n’ont pas changé depuis 25 ans. Il y a là des gisements d’économie et d’optimisation considérables» note-t-il. Les pistes ne manquent pas: préfabrication, industrialisation, meilleure intégration de la chaîne de fabrication d’un logement, recours aux outils numériques comme le BIM, travail sur les marges des promoteurs, etc. Il faut aussi réussir à faire évoluer les mentalités des acquéreurs. «Faire par exemple accepter un droit au stationnement dans la vente d’un logement plutôt qu’un stationnement en pleine propriété est encore très difficile» ajoute Luc Bouvet.

A la construction chère s’ajoute dans la région, le poids des contentieux d’urbanisme qui bloque énormément d’opérations. «La région Paca détient le record national du nombre de recours sur les permis de construire et les PLU» souligne Claude Bertolino, directrice de l’Etablissement public foncier Paca. «A Marseille, c’est près d’un an de production de logements qui est entravée par des recours» ajoute Luc Bouvet.

La solution en Paca pour construire plus dans la durée pourrait venir de la «Charte régionale d’engagement pour la mobilisation du foncier» signée par l’ensemble des partenaires (l’Etat, la Région, les HLM, la Caisse des Dépôts, l’EPF Paca, etc.) ainsi que par les organisations professionnelles de la construction. «Nous travaillons actuellement avec la préfecture sur une déclinaison de cette charte pour la traduire en actes auprès des élus et des collectivités qui ont un rôle déterminant à jouer pour construire plus de logements dans les territoires» souligne la FFB Paca.

 

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