Transport et infrastructures

En Paca, la construction d’un système ferroviaire performant va coûter 17 milliards d’euros

Mots clés :

Etat et collectivités locales

-

Transport ferroviaire

A cause de tergiversations et de blocages de tous ordres, la région Paca n’a jamais pu donner une suite à l’arrivée du TGV Méditerranée à Marseille en 2001. Aujourd’hui, le projet de «ligne nouvelle Provence-Côte d’Azur» combine grande vitesse et desserte renforcée des agglomérations. La «priorité 1» pourrait être à l’enquête publique en 2017.

Deux ans après le rapport Duron et les conclusions de la commission mobilité 21, suivies de décisions ministérielles en mai 2014 et avril 2015 sur la mise en œuvre par phases du projet de «ligne nouvelle Provence Côte d’Azur», le dossier s’apprête à passer en phase études de tracé pour la priorité 1. Ces études seront suivies d’une concertation au cours du premier semestre 2016. Cette «priorité 1» porte sur le traitement des nœuds ferroviaires marseillais et azuréen, les zones les plus saturées d’un système ferroviaire régional hors d’âge (les trois métropoles de la région, Marseille, Toulon, Nice, sont reliées par une seule ligne, un cas unique en France) avec des projets chiffrés respectivement à 2,5 milliards d’euros et 4,2 milliards d’euros.

En perspective de ce processus, une étape clé, la dernière avant de passer aux travaux: la remise du dossier d’enquête publique début 2017, suivie de l’enquête publique elle-même courant 2017 et de l’obtention de la DUP, fin 2018. Dans un scénario idéal, les travaux pourraient intervenir à partir de 2020 pour une livraison en 2028 pour la priorité 1.

 

6,7 milliards pour la «priorité 1»

 

Quels travaux sont prévus ? Une traversée en souterrain de Marseille sur 11 km, la création d’une nouvelle gare souterraine et d’une quatrième voie dans la vallée de l’Huveanne pour le nœud marseillais; 24 km de tunnel dans les Alpes-Maritimes avec de nouvelles gares à Sophia Antipolis et dans la plaine du Var à proximité de l’aéroport pour créer une nouvelle boucle ferroviaire dans la grande agglomération azuréenne.

«Ce projet de ligne nouvelle, et notamment la priorité 1, est aujourd’hui acté et nous travaillons dessus avec un calendrier extrêmement serré. Le phasage du projet dans sa globalité après 2050 peut rendre sceptique sur sa réalisation. Mais c’est une réponse aux contraintes financières qui pèsent aujourd’hui sur l’Etat et les collectivités» défend Jean-Michel Cherrier, directeur général adjoint de SNCF Réseau en Paca, en charge du projet de ligne nouvelle.

La question du financement -le projet est évalué à 17 milliards d’euros dans sa totalité mais avec une réalisation au-delà de 2050- est au cœur de ce chaînon ferroviaire manquant de l’arc méditerranéen Barcelone-Marseille-Gênes. Pour l’heure, elle n’a pas été envisagée entre l’Etat et les collectivités, tant que l’infrastructure n’a pas d’existence juridique définitive (DUP obtenue et validée). «Tout est ouvert sur ce plan, entre un financement partagé, Etat et collectivités, un recours au privé, la mise en place d’une fiscalité dédiée» analyse-t-on chez SNCF Réseau.

 

Des études confiées à Setec-Systra

 

Un signe encourageant: même si pour l’heure, on n’observe pas une volonté politique régionale farouche de voir ce projet se réaliser, le financement des études par l’Etat et les collectivités continue d’être assuré et qui plus est à des niveaux importants. Quelque 36 millions d’euros d’études ont déjà été engagés dans ce projet et un financement complémentaire de 24 millions d’euros est inscrit au contrat de plan 2015-2020. Pour les études de 2015, SNCF Réseau vient de passer un marché de 8 millions d’euros à un groupement Setec-Systra qui sera chargé de l’accompagner dans la mise au point du projet.

L’autre argument est qu’il n’y a pas véritablement d’alternative pour la région, menacée de thrombose routière et automobile, faute d’une offre de transport performante. Le coût humain de cette situation en Paca représente actuellement 600 000 personnes exposées à la pollution du fait de la circulation routière et 71% des jours de l’année sont au-dessus des seuils d’alerte dans les grandes agglomérations. Dans les bouchons de la métropole Aix-Marseille, un automobiliste perd environ 10 jours/an et dans la métropole niçoise, 6 jours/an. Des chiffres qui appellent des réponses pour créer un système ferroviaire performant.

 

Vous souhaitez réagir

Pour commenter l'article, vous devez être identifié ou vous inscrire
S'identifier

Pour accéder aux contenus et services en accès libre, identifiez-vous

Mot de passe oublié
S'inscrire

Vous souhaitez vous inscrire aux services proposés en accès libre.

Newsletter quotidienne et thématiques, alertes e-mail, commentaires sur les articles...

S'inscrire
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X