Etat et collectivités

En Ile-de-France, la gestion de l’eau restera privée

Les élus du Syndicat des eaux d’Ile-de-France (Sedif) ont voté jeudi en faveur du maintien au groupe Veolia de la gestion du plus gros service d’eau potable en Europe.

Ce vote, effectué à bulletins secrets (88 voix contre 54), entérine la poursuite de la délégation de service public (DSP) confiée depuis 1923 au groupe privé Veolia (alors Générale des Eaux), et rejette de fait la constitution d’une régie publique qui avait notamment les faveurs d’élus de gauche. Le débat a été vif, notamment depuis la décision fin novembre de la ville de Paris de remunicipaliser la distribution de l’eau dans la capitale.

Signé en 1962 pour un montant de 317 millions d’euros, le dernier contrat confié à Veolia expire fin 2010 et se trouve au centre de critiques d’associations et d’élus de gauche qui dénoncent régulièrement « une surfacturation » de l’eau francilienne, UFC-Que Choisir l’ayant évaluée à 90 millions d’euros par an.
Une étude commandée par le Sedif lui-même montre pour sa part que des économies de 35 à 42,5 millions d’euros par an pourraient être réalisées en rénovant le mode de gestion actuel.

A l’issue du vote, le président (Nouveau Centre) du Sedif, André Santini, s’est montré très « optimiste » concernant une future baisse des prix, invoquant « la concurrence acharnée » qui s’est manifestée sur ce marché. « Veolia, c’est son plus beau contrat (…), ils sont très menacés, et Suez (Environnement, concurrent de Veolia, ndlr) a fait savoir, en montrant les dents, qu’il voulait être candidat. Je suis très optimiste », a résumé M. Santini.

Le Sedif – qui fournit en eau potable quatre millions d’habitants répartis sur 144 communes et sept départements – doit à présent élaborer un cahier des charges détaillant les modalités de la nouvelle délégation de service public avant le lancement d’un appel d’offres international à la mi-2009. M. Santini s’est notamment engagé à « étudier » la possibilité de diviser le marché en plusieurs lots et à instaurer « une tarification sociale » de l’eau pour les ménages modestes.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X