Environnement

En Bretagne, on récupère la pluie pour mieux économiser l’eau

Mots clés : Eau

A Lorient comme dans le petit village de Chevaigné (Ille-et-Vilaine), des élus ont devancé la loi sur l’eau, en examen au Parlement, en favorisant la récupération de la pluie pour éviter de gaspiller de l’eau potable dans l’arrosoir ou les toilettes.

Environ 5.000 foyers lorientais sont équipés de cuves connectées à leurs gouttières et capables de stocker 500 litres d’eau de pluie pour arroser le potager, rincer le matériel de pêche ou laver la voiture.
Chacun a déboursé 30 euros tandis que 40% de l’équipement est subventionné par la communauté de communes (185.000 habitants). Un investissement public de 120.000 euros depuis le lancement en 1999.
« Notre facture a baissé de moitié avec cette cuve couplée notamment à un appareil pour réduire le débit de l’eau, soit un investissement total de 200 euros, et des gestes simples d’économie d’eau », se félicite René Lamezec, retraité.
Lorient s’est engagé il y a une vingtaine d’années dans une « politique de sensibilisation aux économies d’eau », bien avant « les arrêtés préfectoraux en limitant l’usage », explique Jean-Paul Aucher, adjoint au maire (Verts) chargé de l’Environnement.
Constatant aussi que les sécheresses ne sont « plus exceptionnelles » et que « l’augmentation du prix de l’eau semble continue », les députés ont récemment introduit un amendement à la loi sur l’eau qui, via un crédit d’impôt, incitent les particuliers à récupérer la pluie.

Pour entrer en vigueur, cette mesure, qui n’a pas reçu l’aval du gouvernement, doit être approuvée au Sénat. Le vote solennel de la loi est prévu le 30 mai à l’Assemblée.
A Chevaigné, une commune de l’agglomération de Rennes de 2.000 habitants, le maire Gilles Nicolas (SE) est allé plus loin que Lorient en introduisant l’eau de pluie dans la maison. « Ca me choquait de faire traiter de l’eau pour des WC », explique l’élu.
La commune a payé une pompe de 2.000 euros à 18 foyers d’un lotissement neuf qui souhaitait utiliser une cuve de 6.000 litres intégrée dans le prix du terrain. La connection de la cuve leur a en outre coûté environ 250 euros.
« Nous sommes très satisfaits », même si la pompe fait plus de bruit qu’un lave-linge quand on tire la chasse d’eau, affirme Fabrice Sabin, le premier à s’être lancé, il y a un an. « C’est rentable, mais parce que la commune a payé l’essentiel ». Les volumes potables consommés par ces particuliers ont baissé d’environ 20%.
Quant à la sécurité sanitaire, elle est assurée par l’indépendance des réseaux potable et pluvial.

Les députés, qui soulignent le retard de la France sur des pays comme l’Allemagne, pensent même à l’eau de pluie pour le lave-linge. Mais les directions sanitaires (DASS) déconseillent les usages dans la maison au delà des WC, mettant en garde contre les risques, notamment de légionelles.
« Il suffirait de trouver des filtres appropriés », estime un élu breton espérant que les investissements dans ce domaine « ne seront pas ralentis sous la pression des compagnies de distribution des eaux ».
Chloé Coupeau (AFP)

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